Régionales : ce que Renaud Muselier promet à la gauche unie (mais pas que)

Il l’avait promis : il leur ferait une place et celle-ci prend donc la forme d’un comité représentatif avec droit de participation « active ». Mais il n’y a pas qu’aux candidats de la liste menée par Jean-Laurent Felizia que le président sortant fait des promesses. Il y a aussi aux jeunes et au Ceser.

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(Crédits : Franck Pennant)

Chose promise, chose due. Et chose faite. Renaud Muselier a dévoilé la « place » faite à la liste de l'union de la gauche et celle-ci est donc la constitution d'un comité représentatif. Mais attention, pas un machin supplémentaire. L'initiative avait déjà été tentée en 2015 - pour les mêmes raisons, celles de laisser une place aux candidats de la lsite menée alors par Christophe Castaner pour la gauche - mais las, cela c'était révélé être « une machine à gaz » du propre aveu de Renaud Muselier. En 2021, on ne recommence pas les mêmes travers. « On fait du sérieux, de l'efficace », clame le candidat LR.

Dans le concret, ce comité rassemblera une vingtaine de membres, pourra se réunir à l'Hôtel de Région avant chaque plénière, pourra aussi proposer deux délibérations, un vœu ou une motion. Bon, cela devra être fait aux élus de la majorité car seul un élu régional peut, juridiquement parlant, déposer motion, délibération et autres vœux. Ce qui signifie donc les élus de la majorité régionale devront jouer le jeu. A voir ce que cela donnera dans la durée... de six ans.

Possibilité leur est aussi offerte de prendre la parole une fois par an pour un discours de politique générale tandis que les échanges pourront aussi se tenir par le biais de rendez-vous avec le président ou l'exécutif, le tout dans un esprit de « dialogue républicain permanent ».

Inventer la participation citoyenne de demain

Mais il y a un autre point qui chagrine Renaud Muselier, c'est celui de l'abstention. Assez forte chez les jeunes. Notamment les 18-23 ans qui se sont désintéressés du scrutin régional à 90%. Sur ce sujet, c'est le parlement régional de la jeunesse qui va être appelé à plancher. Et à trouver des solutions innovantes au sens premier du terme. « Vrai laboratoire démocratique », « inventif », « en phase avec les nouvelles technologies »... ce parlement va donc être investi d'une mission, celle d'inventer une nouvelle formule de participation citoyenne. Et il est question d'expliquer à quoi sert une Région - cela a cruellement manqué et pas que auprès des plus jeunes - et surtout de construire un lien sans interruption avec ceux qui veulent s'engager et qui auront même la possibilité de labelliser des projets. Et sur ce point, Renaud Muselier promet même de mobiliser « tous les moyens de la collectivité » qu'il faut.

Au chapitre des promesses, il y a aussi la création de cette assemblée régionale des intercommunalités. Une autre façon de garder le lien avec les différents territoires de Provence Alpes Côte d'Azur. Dans la corbeille de la mariée : deux réunions annuelles. Voilà qui vient s'ajouter à la convention annuelle des maires. Attention toutefois au millefeuille trop copieux...

Pas le syndrome de la tour d'ivoire

Autre enseignement - non pas de la campagne - mais de la crise des Gilets Jaunes, le manque de dialogue avec les corps intermédiaires interpelle suffisamment Renaud Muselier pour décider, en cas de réélection, de renforcer le lien avec le Conseil économique, social et environnemental. Ce CESER que préside Marc Pouzet et qui a pour mission - parce que fort d'être constitué de membres de la société civile - d'apporter un éclairage de terrain, devrait donc être davantage écouté, plus souvent... « On ne peut pas travailler seul. Gouverner, c'est écouter, consulter et trancher bien sûr », dit Renaud Muselier. Qui veut ainsi tenir ses promesses mais aussi proposer d'une certaine façon une sorte de calumet de la paix. Car les élections se jouent évidemment sur le terrain. Et ceux qu'il faut convaincre ce sont les électeurs. En faisant preuve d'une certaine ouverture au dialogue quelques soient les orientations politiques, le président sortant ne dit finalement pas autre chose que ce qu'il répète depuis le début : qu'il est prêt à travailler avec ceux qui partagent une vision. Même si, ici, elle est sans doute différente et divergente. Et qui dit dialogue ne dit pas forcément accord parfait, mais écoute constructive.

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Commentaires 2
à écrit le 28/06/2021 à 13:05
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pourquoi il n'a pas fait une liste commune( iste) avec eux des le debut? c'est pathetique ces gens qui n'ont pour seul programme que ' tout sauf lepen, donc votez pour moi'; le jour ou les gens comprennent, le vent tourne, et c'est violent.........ti...

à écrit le 25/06/2021 à 3:26
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Pour sortir de ce marasme électoral, il n'y a qu'une solution, sortir de ces scrutins à deux tours qui n'ont aucuns sens démocratique. Adopter non pas la proportionnelle, mais le scrutin anglais que est le plus démocratique du monde. Avec notre scrut...

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