Membre du FT120, FlexFuel Energy Development veut lever 15 millions d’euros pour sa spin-off, Gen-Hy

Spécialiste de la dépollution moteur par décalaminage à l’hydrogène, conceptrice et commercialisatrice d’un boîtier de conversion au super-éthanol, la PME basée à Paris et Sophia-Antipolis vient de finaliser une phase de R&D avec la DGA qui lui a permis de mettre au point une technologie de dépollution à l’hydrogène qui concerne les moteurs de grande puissance. Une phase qui lui a surtout permis de breveter sa propre membrane AEM. Ce qui en fait la seule entreprise française à posséder sa propre technologie. Laquelle est désormais développée au sein d’une spin-off dédiée, engagée dans un tour de table qui doit lui permettre de passer à la phase d’industrialisation.

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(Crédits : DR)

C'est la phase de recherche et développement qui peut tout changer pour FlexFuel Energy Development. C'est déjà celle qui lui permet d'entrer de plain pied dans le domaine du militaire naval que l'on sait très discret et très normé. C'est en effet avec la direction générale de l'armement (DGA) qui l'a financé à hauteur de 70% que la PME a mené son programme de R&D baptisé Hy Motor. Un programme structurant, d'une durée de quatre ans, à plus d'un égard. D'abord parce que la technologie qui en est issue ouvre à FlexFuel Energy Development le champ du naval civil et militaire. Si elle adressait déjà le nettoyage des moteurs pour particuliers et industriels, c'est désormais un segment ultra prometteur et stratégique qu'elle adresse. Ne serait-ce que parce qu'elle répond à la problématique des navires et ports propres.

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Mais c'est le brevet déposé pour sa membrane AEM, membrane nécessaire pour la production d'hydrogène par électrolyse, qui représente le véritable potentiel de croissance. Alors en pleine phase de R&D, la PME teste les différentes membranes existantes sur le marché. « Notre idée n'étant pas de réinventer la roue, nous nous sommes penchés sur les solutions existantes », explique Sébastien Le Pollès, le PDG de la PME française. Sauf que, soit les rendements de production étaient bons mais nécessitaient beaucoup de temps, soit les rendements étaient rapides mais bas. « Nous avons fait appel à des chimistes afin de développer notre propre système. Nous avons recruté le savoir-faire », poursuit Sébastien Le Pollès. Initialement prévu pour atteindre 700.000 euros le programme de R&D a finalement nécessité 2,5 millions d'euros d'investissements. Que le dirigeant ne regrette, évidemment, pas.

Le contre-pied des giga-factory

Car en développant sa propre membrane AEM, FlexFuel Energy Development devient la seule entreprise française capable de cette performance. Ce qui vaut bien la création d'une spin-off, une société dédiée, baptisée Gen-Hy. Une jeune société aux ambitions claires et affirmées. « Tout le monde veut faire de la giga factory. Je vais à l'encontre de cela », précise Sébastien Le Pollès qui cible « les utilisateurs du quotidien » et qui adresse toute la chaîne, de l'étape production à l'étape consommation parce que « cela divise le coût de l'hydrogène par 3 » l'amenant à un prix compris entre 4 à 7 euros du kilogramme. « Nous voulons robotiser les lignes pour optimiser le coût de rendement ». L'industrialisation est donc l'étape majeure désormais. Si une première usine prend place à Orly dès le mois d'août, c'est bien dans le Sud, là où est installé le siège social de FlexFuel Energy Development que son PDG aimerait implanter les 14.000 m2 nécessaires. D'où le tour de table engagé, pour un montant de 15 millions d'euros. « Nous bénéficions déjà du soutien d'un industriel d'envergure internationale », précise Sébastien Le Pollès et « la Banque des Territoires est prête à nous suivre ». Reste à savoir si c'est dans le Sud ou ailleurs que Gen-Hy se posera définitivement.

Flex Fuel Energy Development naval

Gen-Hy, l'exemple d'une souveraineté française possible

Et l'enjeu posé par Gen-Hy  est majeur. Considérée par son fondateur comme « une mini MacPhy », la spin-off répond à la si importante problématique de souveraineté industrielle. « Tout est fabriqué en France », rappelle Sébastien Le Pollès, « nous souhaitons conserver la technologie, nous avons une réelle volonté sur ce point ».

La souveraineté industrielle qui a été au centre des préoccupations au moment de la crise et qu'il ne faudrait pas balayer d'un revers de main, la reprise désormais engagée.

D'autant que le potentiel est réel. A horizon 2023-2024, Gen-Hy devrait générer un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros et 140 emplois. Si le secteur du maritime - « il existe une vraie demande pour les yachts » - et de l'automobile sont des marchés adressés, ceux des poids lourds et des transports publics sont également dans le viseur.

Pour se déployer fortement, la jeune entreprise est désespérément à la recherche de profils commerciaux. Une recherche active qui concerne aussi les activités de FFED dans la commercialisation du boîtier de conversion éthanol pour le secteur de l'automobile. Une activité qui a trouvé son relais naturel avec le site BtoC Roulezpascher.com. « Nous vendons 1.500 boîtiers par mois, ce qui nous fait retrouver l'activité de 2019 », souligne Sébastien Le Pollès. Ravi par ailleurs de l'opération un boîtier à 1 euro mené par la Région Grand-Est dernièrement. « Nous espérons que d'autres régions suivront la même démarche ». FlexFuel Energy Development s'appuie par ailleurs sur un réseau qui maille le territoire et qui réunit 3.400 garages.

A l'international, la PME poursuit ses projets de développement. Les filiales italienne et espagnole se portent bien et sont rentables, l'anglaise subit les contrecoups de la crise sanitaire. « Nous avons toujours l'objectif d'ouvrir l'Allemagne et le Portugal », ajoute Sébastien Le Pollès qui entend faire grimper le chiffre d'affaires des filiales au même niveau que la structure française, soit 13 millions d'euros, « afin de stabiliser le groupe » et d'attaquer un marché majeur, celui des Etats-Unis, à horizon 2024-2025.

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