Spécialiste du décalaminage à l’hydrogène, Flex Fuel Energy Devlopment s’affirme (aussi) dans le naval

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(Crédits : DR)
Son expertise, c’est l’optimisation des performances et des consommations des moteurs, tant particuliers qu’industriels. Après s’être adressée principalement au secteur automobile, la PME basée à Sophia-Antipolis et Paris vogue vers une autre filière, tout aussi prometteuse que demandeuse, le maritime. Une diversification accélérée par un partenariat industriel, mais qui représente un axe de croissance déjà identifié.

Initialement, le secteur de prédilection de Flex Fuel Energy, Devlopment c'est l'automobile. C'est, dès création, la filière que celle qui est alors une jeune entreprise, va adresser via deux activités parallèles, le nettoyage moteurs des particuliers et industriels et la mise au point de boîtiers de conversion Superéthanol E85 pour véhicule essence.

Favoriser la transition énergétique automobile

Sur le sujet des boîtiers de conversion, l'histoire a donné raison à la PME. La transition écologique, les envies et besoins de solution de mobilité les moins polluantes possibles ont poussé la solution développée par Flex Fuel Energy Devlopment. Ce boîtier, capable de s'adapter à tout carburant pour le convertir au Superéthanol E 85, grâce à son interface technologique, promet une réduction de 40 % du budget carburant. Un boîtier distribué dans les réseaux de garages d'envergure nationale - tels Speedy, Point S, Norauto... - ou indépendants. Mais face à la demande exponentielle et les ventes multipliées par 3 en 2019, l'entreprise que dirige Sébastien Le Pollès a initié une plateforme de vente en ligne, baptisée Roulezmoinscher.com, lancée en septembre dernier et qui a pour mission notamment de répondre de façon plus vaste aux demandes entrantes et de capter une clientèle de particuliers.

Mais l'expertise de Flex Fuel Energy Devlopement réside dans le décalaminage à l'hydrogène. C'est-à-dire le nettoyage des moteurs à partir d'un procédé appelé Hy-Calamine. Le décalaminage c'est le nettoyage de la calamine, c'est-à-dire une suie qui obstrue les pièces motrices. Le procédé consiste à injecter de l'hydrogène et repose sur l'enrichissement de mélange air/carburant dans le moteur. Ce qui rend ce procédé également différenciant c'est le non ajout de matières chimiques et la capacité à la calamine de se dissoudre dans le moteur en s'évacuant par les gaz d'échappement, le tout étant récupéré par le filtre prévu à cet effet.

Créer un nouveau marché

Évidemment le décalaminage moteur s'adresse assez bien au moteur automobile, tant côté industriel que particulier. Mais Flex Fuel Energy Devlopment n'en ignore pas moins une autre filière, celle du maritime. Une filière qu'elle a déjà adressé à ses débuts, parce que justement identifiée comme vecteur de développement pour la société. Finalement, c'est l'automobile qui concentrera les efforts de la PME. Pour autant, le naval est resté en filigrane dans le business plan, ainsi que l'explique Sébastien Le Pollès. « Nous avions des demandes pour des bateaux professionnels. Puis notre chemin a croisé celui d'Efinor ». Efinor Méditerranée précisément, spécialiste de la maintenance navale avec lequel l'entreprise a noué un partenariat et qui recommandera le process de Flex Fuel Energy Devlopment aux bateaux qui s'en montreraient intéressés, FFED ayant la charge de réaliser le décalaminage.

Le naval représente un marché vaste, intéressant et prometteur. Mais comme le souligne Sébastien Le Pollès, c'est un marché où l'évangélisation est encore de mise. « Le secteur est en retard sur les systèmes de baisse de la pollution, sur un marché régulé. Pour que le client passe à l'acte, il faut qu'il y trouve un intérêt ». D'où la nécessaire évangélisation.

Le développement du décalaminage crée de nouveaux process et un nouveau marché. Pour l'heure, c'est avec Efinor Méditerranée que les premiers pas se font. C'est aussi dans le Sud que la force commerciale de FFED est concentrée, donc à même d'aller prêcher la bonne parole dans cette partie de l'Hexagone. Mais rien n'empêche, à terme, la PME d'aller prospecter dans d'autres ports, vers la Bretagne, la partie Atlantique, notamment et pourquoi pas même du côté de la proche Italie. Flex Fuel Energy Devlopment reste attentive à trouver d'autres partenaires en France. Concrètement, pour se déplacer de port en port, la PME a besoin de systèmes mobiles, plus ou moins importants selon la taille du bateau à traiter. Pour les 10/15 mètres, une camionnette adaptée permet de se déplacer dans les différents ports. Pour les bateaux de taille plus importante, c'est un camion, équipé du système de décalaminage et d'une remorque qui est nécessaire. Ce qui mobile par ailleurs 1 M€ d'investissement. Clairement, « le rapprochement avec Efinor nous a permis d'aller plus vite dans le développement de cette solution pour le secteur naval », avoue Sébastien Le Pollès. Rappelons que Flex Fuel Energy Devlopment a travaillé avec la DGA, basée à Toulon, pour l'application à la flotte militaire du procédé de décalaminage via des tests qui se sont achevés en septembre dernier. Par ailleurs, la PME - qui a intégré le FT 120 - continue de recruter, notamment des profils commerciaux. Le chiffre d'affaires, de l'ordre de 19 M€ en 2019, devrait être stable pour l'exercice en cours.

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