Quelle stratégie de déploiement pour le Fonds Tourisme Côte d’Azur ?

Lancé en mars dernier par la société de gestion M-Capital, le fonds dédié aux projets touristiques dans les Alpes-Maritimes et le Var a opéré en 2021 quatre premiers investissements dans les domaines de l’hôtellerie, de la restauration et du sport-loisirs. Il envisage désormais d’accélérer fortement son activité en quadruplant sa mise dès 2022, et en s’ouvrant à de nouveaux investisseurs ainsi qu’à des segments de marché complémentaires, caractéristiques des territoires couverts.

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(Crédits : DR)

Neuf mois après son lancement, le Fonds Tourisme Côte d'Azur signe un démarrage prometteur. Quatre premiers investissements ont été finalisés pour un montant total de près de 4,5 millions d'euros. En 2022, l'objectif est d'en conclure une quinzaine d'autres, pour un montant global de 18 à 20 millions d'euros, afin d'accompagner le dynamisme et la capacité de résilience d'une industrie fortement chahutée par la crise, à travers le co-financement de projets différenciants. Le but étant de démultiplier l'attractivité de la Côte d'Azur et de développer les nouveaux usages touristiques. Le tout, évidemment, dans un contexte plus responsable socialement, plus respectueux de l'environnement.

Des porteurs de projets exogènes au territoire

Un contrat rempli par les premiers projets lauréats du fonds opéré par la société de gestion M-Capital et dont le développement est orchestré par Laetitia Estrosi-Schramm. "Ce sont des projets porteurs pour le territoire des Alpes-Maritimes et du Var, liés pour partie à l'écotourisme et intégrant les normes ESG", à savoir les critères Environnementaux, Sociaux et de bonne Gouvernance qui président au financement dit responsable. Autre point commun, tous sont portés par des groupes exogènes au territoire, signe que "la Côte d'Azur et ses actifs demeurent fortement attractifs".

Parmi eux, les groupes Origyn, Koawa Vacances et Loulou. Le premier, leader de l'hôtellerie-restauration sur l'Île de la Réunion sous la marque Exsel Authentic Hotel, réalise sa première incursion hôtelière sur le territoire métropolitain avec l'acquisition de l'hôtel affilié Relais et Château, Le Saint-Paul, à Saint-Paul de Vence, qu'il s'agira de rénover et de repositionner en termes de restauration. Un projet de 5,5 millions d'euros, financé par le Fonds Tourisme Côte d'Azur à hauteur de 1,7 million d'euros, qui devrait en appeler d'autres puisque le groupe "ambitionne de constituer un petit portefeuille hôtelier sur notre zone". Le deuxième est spécialisé dans l'hôtellerie de plein air, un "segment solide et porteur qui a su se renouveler et tirer son épingle du jeu de la crise", analyse la directrice du fonds. Qui l'accompagne donc à hauteur de 1,1 million d'euros dans le rachat et la montée en gamme du camping Lou Cantaire, situé à Fayence dans le Var. Le troisième, lui, se positionne dans le secteur de la restauration, avec des établissements à Paris (au sein du Musée des Arts Décoratifs), à Ramatuelle et à Val-d'Isère. Le fonds lui a accordé une enveloppe de près d'1 million d'euros pour son projet de restaurant les pieds dans l'eau à Roquebrune-Cap-Martin. Quant au quatrième projet, baptisé Allin, il est porté par deux anciens champions de tennis, Jo-Wilfried Tsonga et Thierry Ascione, et s'inscrit dans le domaine du sport-loisirs avec l'implantation, à Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes, d'une académie de tennis de haut niveau. La dernière phase de travaux financée par le Fonds Tourisme Côte d'Azur représente 700 000 euros sur un total de 4 millions d'euros d'investissement.

Elargir le secteur à l'œnotourisme et à la parfumerie

Il ne faut pas cependant voir dans l'exogénéité des projets financés par le Fonds Tourisme Côte d'Azur à ce jour le signe d'une faiblesse des projets locaux. Au contraire, assure Laetitia Estrosi-Schramm. "Beaucoup sont dans les tuyaux et on espère en accompagner certains très prochainement". Dans le lot, pêle-mêle, on retrouve en toute logique de l'hôtellerie, caractéristique forte du territoire, que des dossiers cherchent à diversifier avec des offres économiques où l'auberge de jeunesse lifestyle tient bonne place. "Nous étudions également deux très beaux projets, orientés événementiel, à Hyères et à Grasse, ainsi qu'une école de formation aux métiers du tourisme et de l'hôtellerie, à Saint-Raphaël". Toutefois, précise la directrice, "l'essence de ce fonds est de prendre en compte des sous-secteurs touristiques relativement larges, caractéristiques de notre zone, que sont la parfumerie, le nautisme, l'œnotourisme ou encore l'économie de la montagne".

A cet égard, en matière d'œnotourisme, "on note un vrai dynamisme dans les projets, du fait notamment du retard pris par notre territoire sur ce sujet par rapport à d'autres régions comme l'Aquitaine et la Bourgogne, du fait également de la prise de conscience des propriétaires indépendants du potentiel à développer dans un contexte d'acquisition des domaines par des grands groupes ou family offices". A l'opposé, reprend la directrice du développement, le segment de la parfumerie s'avère "plus difficile" à pénétrer. "Quand on parle tourisme et parfum, on a tout de suite à l'esprit les trois grands noms que sont Molinard, Fragonard et Galimard. Or, nous souhaitons élargir nos investissements au secteur de la parfumerie en général, c'est-à-dire aux sous-traitants et petits producteurs, puisque c'est l'ensemble de la filière qui fait que Grasse rayonne et devient un passage presque incontournable quand on est un touriste sur la Côte d'Azur."

Montée en puissance

Enfin, le Fonds Tourisme Côte d'Azur a aussi vocation à financer des projets publics et parapublics portés par des collectivités, syndicats mixtes ou sociétés d'économies. "Il s'agit d'apporter de la flexibilité avec des instruments financiers qui manquent aujourd'hui aux collectivités, lesquelles reçoivent de moins en moins de dotations et doivent donc chercher des financements alternatifs", explique-elle. Des projets plus longs à mettre en place, mais structurants, que le Fonds doté de 45 millions d'euros espère inaugurer dès cette année. En attendant, il organise sa montée en puissance puisqu'un second closing est prévu en juin 2022, avec l'objectif d'atteindre une taille de 55 millions d'euros. Les nouveaux investisseurs rejoindront ceux de la première heure que sont la Caisse d'Epargne Côte d'Azur, la Banque Européenne d'Investissement, la Métropole Nice Côte d'Azur et la CCI Nice Côte d'Azur.

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