François Codet – Cecaz : "Nous accompagnons les filières porteuses du territoire, génératrices d'emploi"

Le contexte économique actuel se révèle un challenge pour les entreprises, face notamment au remboursement des PGE, alors que le sujet des capacités d'investissement demeure une autre préoccupation majeure. Pour les établissements bancaires, ce moment particulier doit aussi montrer leur capacité à soutenir vraiment le tissu local, les TPE-PME, les secteurs qui performent et ceux qui sont prometteurs. C'est tout le discours du président du directoire de la Caisse d'Epargne Côte d'Azur, qui annonce, notamment, poursuivre la stratégie d'accompagnement des secteurs forts du territoire via des offres dédiés. Et ça concerne, par exemple, le sport ou la santé.
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La Tribune - L'un des sujets du moment est quid du remboursement des PGE contractés par les entreprises. Le pourront-elles ? Quelles conséquences sur leur capacité d'investissement à moyen terme ?

François Codet - Nous savons que certaines entreprises ne pourront pas rembourser le PGE contracté. D'autres le pourront mais avec un fort impact sur leur cash flow, avec pour conséquence de faire baisser leur capacité d'investissement. Les PGE ont perms de maintenir l'économie en survie. La question qui demeure est comment l'économie va-t-elle repartir ? Même si la reprise se fait normalement, le point d'interrogation porte sur la capacité d'investissement des entreprises. Compenser des pertes se fait par de l'injection de fonds propres. Ce sujet concerne beaucoup les TPE, les restaurateurs, les commerçants... Le recours aux prêts participatifs peut leur permettre de tenir, à condition que le business soit sain. Mais je vois cela comme sujet plutôt pour 2021. Nous attendons également, pour le secteur touristique, les PGE de saison, mais nous ne sommes pas certains d'assister à une ruée...

Quelle est votre stratégie d'accompagnement du tissu local dans ce contexte ?

Nous devons jouer notre rôle d'accompagnement, coopératif et régional. Nous nous appuyons sur les outils réglementaires mis en place par l'Etat. Nous devons notamment accompagner les entreprises en rebond, préparer la reprise. Il y aura aussi des opportunités. Le côté anxiogène de la crise et du confinement ont favorisé l'épargne mais il y a également eu une épargne "forcée", en quelque sorte, par le simple fait de l'impossibilité de dépenser le moindre euro. Notre métier est d'essayer de comprendre ce qu'il se passe. Je partage le constat, avec les autres banques françaises, que nous sommes solides. Ce qui signifie que l'on peut prendre des risques. C'est un élément de confiance fondamental dans l'accompagnement de la reprise. Le sujet des banques est plus de l'attention que de l'inquiétude. Nous allons aider autant que nous pourrons.

L'une des particularités de votre business-modèle est d'adresser des filières avec des offres structurées spécifiquement. Cette stratégie - que vous avez initiée dans l'immobilier de luxe, la viticulture ou le nautisme - va-t-elle se poursuivre ?

Notre conviction est de dire que la meilleure façon de nous adresser à nos clients, les entreprises, est de traiter finement leurs besoins, qu'elles aient des interlocuteurs connaissant bien leurs métiers, leurs filières, leur jargon. Notre approche est régionale, mais aussi par branches, au moins sur les grands secteurs. Nous avons en effet commencé par l'immobilier de luxe avec Luxury Properties, poursuivi avec la viticulture avec Vitibanque, le nautisme avec Nautibanque. Nous adressons aussi la parfumerie. Nous réfléchissons à une offre spécifiquement dédiée au sport - en rebond avec les JO2024 dont le groupe BPCE est partenaire officiel - ou encore à la santé. Compte tenu des résultats déjà obtenus, nous comptons continuer sur ce modèle. Il est de notre rôle de soutenir les filières fortes, génératrices d'emploi et non délocalisables. Nous allons également soutenir les pans de l'économie dont on pense qu'ils sont des filières d'avenir.

Vous avez - avec la Caisse d'Epargne CEPAC et Erilia - créé une foncière de logement intermédiaire.

Nous nous sommes engagés à acquérir à court terme 2 000 logements neufs intermédiaires. 400 M€ seront investis sur 4 ans. Cela afin de soutenir la filière BTP mais aussi de créer du logement dans la région Sud. C'est là où la puissance financière est importante.

Où en est Mon Génie, l'assistant personnel qui a été lancé en 2018 ? De même, où en est Vitibanque ?

Mon Génie fonctionne et fait des petits. Concernant Vitibanque, qui concerne la filière viticulture ou Nautibanque, d'autres caisses s'y intéressent. Si on veut coller au territoire, c'est cette approche qui donne du sens. Nous sommes ravis que d'autres caisses s'inspirent de ce qui est fait ici.

Nautibanque, justement, était lancée il y a un an lors du Cannes Yachting Festival. Quel est le bilan, douze mois plus tard ?

Comme expliqué, NautiBanque se déploie dans d'autres régions. Nous complétons notre offre, qui s'adressait jusqu'alors aux plaisanciers, en adressant désormais aussi le particulier. Il y a une attente. Et le nautisme est une filière durable du territoire, avec des enjeux de business.

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