Dans le Sud, industrie, tourisme et transports, ces filières au centre du jeu

Chef de file de l’économie, les régions sont celles qui impulsent les stratégies de positionnement. Et dans le Sud, l’enjeu se situe sur des segments extrêmement précis. L’industrie parce qu’elle a besoin de reconnaissance en dehors du périmètre local, le tourisme car il est le principal pilier, capable de créer un déséquilibre s’il est mis à mal. Et les transports car c’est incontestablement le bât qui blesse dans le Sud. Un triptyque qui est, malgré lui, au centre du scrutin. Car prépondérant pour l’économie et l’attractivité de Provence Alpes Côte d’Azur.

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(Crédits : Franck Guiziou / Hemis.fr)

Le tourisme qui s'enrhume et c'est toute une région qui tousse. L'année écoulée a clairement montré que le pilier habituellement inébranlable qu'est l'industrie touristique est bel et bien la cause d'un déséquilibre économique dès lors qu'il est fragilisé.

Ce n'est pas pour rien que les acteurs économiques montent au créneau pour abonder le tourisme, pour renforcer les liens avec les acteurs et les professionnels. Durant la crise, les plans de relance et les initiatives pour accompagner la reprise en sont l'illustration. Comme le Chèque réouverture, destiné à aider au financement des commerces fermés pour cause administrative. Soit une aide comprise entre 2.000 et 5.000 euros qui peut aider aussi à la remise en état. Car nombres d'outils industriels ont souffert de l'arrêt d'activité et de leur bon fonctionnement dépend la réelle reprise d'activité des TPE PME.

Réinventer le tourisme mais pas sans les fondamentaux

Les campagnes d'affichage et de publicité - « On a tous besoin du Sud » notamment - ont le rôle de montrer le territoire régional sous un aspect « redécouverte » en quelques sortes. Il faut dire que la crise a accéléré les envies de tourisme durable. Si ce n'est pas un paradigme tout à fait nouveau, c'est tout de même un axe de communication différent qui demande aux acteurs chargés de la promotion du territoire, de faire savoir que Provence Alpes Côte d'Azur est aussi un terrain de jeu, de loisirs verts, durable. Le défi est bien moins anodin que ce qu'il y paraît. Parce que le tourisme représente 141.000 emplois directs et 13% du PIB, se réinvente aussi là où on avait plutôt l'habitude de le percevoir sous le prisme d'un tourisme de masse. Les 148 millions d'euros inscrits au Contrat d'avenir Etat-Région pour la période 2021-2027 représentent une ressource financière qu'il faudra ventiler intelligemment et stratégiquement, peut-être pour faire changer aussi le regard que le touriste pose sur le territoire, un regard qui doit intégrer les dimensions plus durables. Mais attention sera portée aussi à conserver les spécificités qui ont fait, depuis de longues décennies, l'attrait du Sud.

Poursuivre la valorisation de l'industrie

Autre sujet sur la table - et non des moindres - celui de l'industrie. L'industrie, longtemps considérée comme une sorte de parent pauvre - méconnu pour le moins - est pourtant l'autre pilier qui soutient l'économie. Diversifiée, plurielle - parfums, aéronautique, alimentaire... - innovante, elle représente 166.000 emplois directs en Provence Alpes Côte d'Azur et un salarié sur trois évolue dans l'industrie. C'est dire le poids. Pas négligeable. La volonté de mieux valoriser l'industrie est assez récente et elle a été l'un des axes prioritaires définis par Christian Estrosi, quand l'ancien ministre de l'Industrie était aux commandes de la Région. Mission poursuivie par Renaud Muselier qui est très entouré d'industriels dont le président de la commission Economie, Industrie, Innovation, Nouvelles technologies et Numérique, Bernard Kleynhoff. Il y a aussi les OIR, les Opérations d'intérêt régional, dont l'une, parmi les huit OIR organisées concerne bien l'industrie du futur. Des OIR qui s'appuient sur un modèle conjuguant élu et chef d'entreprise, ce « mix » entre le politique au sens décisionnel du terme et le professionnel du terrain étant plutôt bien vu, évitant que les besoins du second ne soient entendus qu'a posteriori par le premier quand on imagine que l'intérêt du duo est de faire en sorte que tout aille plus vite et soit plus fin dans l'approche. Des OIR lancées et opérationnelles dont on n'est pas certain que l'arrêt - en cas de non reconduction de Renaud Muselier à la présidence du conseil régional par exemple - serait un bon signal envoyé non seulement aux entreprises qui s'y sont investies tout autant qu'aux partenaires embarqués dans l'aventure.

Le rail, l'atout à mieux organiser

Mais s'il y a bien un sujet qui fait parler, c'est incontestablement celui des transports. On se souvient du bras de fer entamé par Christian Estrosi avec Guillaume Pépy, alors n°1 à la SNCF, au début de son mandat de président de région. Bras de fer poursuivi par Renaud Muselier qui sur la politique du transport a fait de Provence Alpes Côte d'Azur la première région à s'ouvrir à la concurrence. Une volonté d'être en pôle position qui n'est pas sans rien à voir avec le bras de fer cité plus haut mais qui a le mérite d'avoir mis en lumière l'importance du déplacement par le fer dans une région déjà hyper-saturée en termes de mobilité routière. La récente remise en circulation du train des Merveilles, dans la vallée de la Roya en mai dernier, après les intempéries causées par la tempête Alex est un exemple concret et criant du rôle du ferroviaire dans une région aux contours enclavés. Dans la Roya, c'est bien le train qui permet les déplacements entre le littoral et la montagne. Sur le littoral justement, l'arrivée encore trop loin dans le temps du point de vue des acteurs économiques, de la ligne à grande vitesse (LGV) est un perpétuel point de crispation. Car le transport dans le Sud est la bête noire, le talon d'Achille, le frein qui embête le recrutement des talents, qui fait reculer aussi certaines  décisions d'investissements, notamment dans les Alpes-Maritimes, éloignée de Paris, trop éloignée. A Aix-Marseille, la mobilité est un défi qui a besoin d'être relevé, et vite. Clairement, la mobilité est le sujet qui mêle plusieurs aspects, celui de l'emploi, de l'attractivité urbi et orbi, du tourisme, de la qualité de vie... Industrie, tourisme, transport, un triptyque qui peut être gagnant... ou perdant.

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Commentaire 1
à écrit le 09/06/2021 à 9:34
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Pourtant votre région bénéficie d'énormément d'argent du fait que les plus riches français et autres ont tous voulu s'acheter leur place au soleil enrichissant massivement les propriétaires locaux, du cash il devrait y en avoir à ne plus savoir qu'en...

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