Régionales : ce que veulent les patrons de Provence Alpes Côte d’Azur

Avec une Région chef de file de l’économie, les dirigeants sont évidemment encore plus attentifs aux orientations qui seront données par le futur occupant du conseil régional. Et alors que la relance, la vraie, vit ses premières heures, le Medef Sud et son président, Yvon Grosso posent des jalons précis, où il est question de stratégie, de co-pilotage, d’un écosystème axé pro-entreprise et d’une capacité à faire émerger les filières d’avenir. Question de compétitivité.

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(Crédits : DR)

Six ans, c'est la durée du mandat du président du conseil régional. Et six ans, ça peut être rapide ou long, selon que la politique économique engagée soit favorable aux entreprises, ou pas. Désormais - depuis la loi NOTRe - chef de file de l'économie, la Région suscite évidemment tout l'intérêt des patrons, qui - relance oblige - ont besoin plus que jamais, d'un environnement propice, aidant, sans bâtons dans les roues et avec sinon un coup de pouce tout au moins une bienveillance qui permettent de démontrer que business n'est pas un gros mot mais un sujet majeur dans l'attractivité et donc la compétitivité d'une région riche de six départements avec des spécificités qui leur sont propres.

Que demandent donc les patrons des 524.084 entreprises de Provence Alpes Côte d'Azur ? Sans surprise, de l'écoute, et de conserver voire renforcer ce qui est né de la crise. Comme une décentralisation positive, ce que les Régions et celle du Sud en particulier ont démonté durant la dernière année.

Une mutualisation intelligente

Ce qu'il faut aux entreprises, c'est donc une collectivité qui soit un partenaire. La loi NOTre a modifié les compétences allouées aux Régions, on attend aussi beaucoup de la loi 4D (pour déconcentration, décentralisation, différenciation, décomplexification). Ce qui signifie que la politique économique régionale doit être réellement proche des réalités du territoire et pas concoctée dans les arcanes administratifs. Le Medef Sud en profite d'ailleurs pour rappeler le rôle, méconnu, de la Conférence territoriale de l'action publique qui comme son nom le laisse imaginer a pour mission de créer une concertation et une coordination, comme par exemple sur les financements entre la Région, les Départements, les EPCI, les communes... Bref éviter les croisements qui seraient contre-productifs... Même motif, même condition pour le Ceser, le conseil économique social et environnemental, dont le Medef Sud aimerait que le rôle soit renforcé et que l'on n'oublie pas le lien fait avec la société civile.

Tout est dans l'écosystème

Evidemment, pour qu'une entreprise s'épanouisse, il faut l'écosytème qui va bien. Et une entreprise qui s'épanouit est une entreprise qui ne connaît pas de freins à la mobilité, qui dispose de foncier pour grandir... Deux réelles pierres d'achoppement qui aménent le Medef Sud à demander la création de nouvelles lignes express régionales et la modernisation de celles de TER, une meilleure desserte des zones d'activité - ce qui est un vrai sujet. La suggestion de créer une société d'aménagement régionale qui pourraient proposer une cartographie des terrains commerciaux et industriels, qui coordonneraient les zones d'activité économiques, voire qui serait capable d'empêcher la hausse des prix de l'immobilier pour les salariés est une vraie proposition qui fait sens dans une région inégale d'un point de vue foncier notamment.

Indispensable, le numérique est clairement et plus que jamais au cœur des sujets de l'après-crise mais surtout de la compétitivité des TPE PME. Si bien sûr, le Medef Sud suggère accompagnement et formation pour les dirigeants et salariés encore peu à l'aide avec le sujet, on retiendra l'idée de créer un « big data régional », soit la mise en place d'une plateforme qui rassemble les données ouvertes de l'Etat, des établissements publics et des collectivités, accessible en open source.

L'industrie 4.0, l'enjeu confirmé

Et où on en vient au sujet de l'industrie. Du futur notamment. Une industrie qui coche toutes les cases, à la fois celle du numérique mais aussi de la transition énergétique et qui surtout peut tout à fait être un tremplin pour mettre en avant les spécificités du territoire. Comme l'industrie, vrai vecteur de croissance économique, que le programme Territoires d'industrie voulu par l'Etat mais piloté par la Région contribue à renforcer. La création d'un label dédié, Territoires d'industrie innovantes renforcerait la visibilité de ce pan de l'économie régional. Même motif, même conclusion pour l'agro-alimentaire, qui verrait d'un bon œil un label indiquant ce qui est transformé en Provence Alpes Côte d'Azur.

L'industrie comme fer de lance de la relance, Yvon Grosso, le président du Medef Sud y croit. Parce que dit-il, « les premiers signaux sont positifs. 1,5 milliards d'euros a déjà été engagé par France Relance et que 100 millions d'euros ont été consacrés aux projets de souveraineté industrielle et technologique ». La relocalisation, appelée de tous les vœux des acteurs économiques, est l'un des éléments capables de redonner de la vigueur à Provence Alpes Côte d'Azur. « 26 projets qui représentent 40 millions d'euros ont été identifiés concernant des projets de relocalisation », pointe Yvon Grosso. Qui rappelle aussi le rôle de la commande publique, levier à ne surtout pas hésiter d'activer.

Un second plan de relance ?

Le marché du travail et sa mutation sont également des sujets majeurs dans le contexte de la relance. Et Yvon Grosso d'appeler de ses vœux que les demandeurs d'emploi n'aient pas peur de s'orienter vers de nouveaux métiers. « Il faut que les demandeurs d'emploi acceptent de transformer leurs compétences ».

Certains l'évoquent, d'autres suggèrent de d'abord correctement utiliser le premier : faut-il un second plan de relance ? Oui dit Yvon Grosso et pour lui il doit être « tourné vers la transition énergétique », qui comme le numérique, est un sujet loin d'être neutre pour les entreprises. Si le premier plan « est un plan de transformation du tourisme, du commerce... » un autre plan « est nécessaire afin d'atteindre les objectifs de neutralité carbone à horizon 2050 et c'est un plan qui doit être inscrit sur le long terme, à dix ans. Les entreprises en ont besoin », plaide de patron des patrons de Provence Alpes Côte d'Azur.

Et puis il ne faudrait pas oublier l'international, l'Afrique, les Eurorégions... de la Catalogne au Piémont. Autant de pistes croissance pour les uns (les TPE PLE). De réflexion pour les autres (les candidats)...

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