Régionales : Thierry Mariani, de « simple militant » à candidat « tenace »

Il est l’adversaire, à plus d’un titre, du président sortant, Renaud Muselier. Natif du Vaucluse, maire durant 16 ans de Valréas, dans ce même département, celui qui a aussi représenté les Français de l’étranger, revient sur ses terres pour un scrutin observé plus que jamais de France et de Navarre. Avec des sujets de prédilection : la sécurité, l’emploi et la préférence locale. Des thèmes que la tête de liste du Rassemblement National défend urbi et orbi.

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(Crédits : MAXIM ZMEYEV)

Il est ce que l'on appelle un enfant du pays. Né dans le Vaucluse, Thierry Mariani n'est donc pas un énième parachuté depuis la Capitale. En Provence Alpes Côte d'Azur on n'aime pas vraiment que Paris envoie des candidats qui ne connaissant rien au local. Thierry Mariani est précisément né à Orange - on rappellera au passage que la ville est dirigée depuis 1995 par un ex-Front National, Jacques Bompard - et maire durant seize ans de la ville de Valréas, commune d'un peu plus de 9.000 habitants, connue pour avoir été le premier centre français de l'industrie du cartonnage et où il a grandi. Ses études - entre l'école supérieure catholique puis le lycée militaire, à Aix-en-Provence - ne le destinent pas vraiment à la chose politique. D'ailleurs, dit-il lui-même, « je n'ai pas décidé de me lancer en politique ». S'il y met, tout de même, un premier pied c'est pour, dit-il encore, « des personnalités que j'aimais bien ». Charles Pasqua, Philippe Seguin notamment. Et pour coller des affiches. « J'ai commencé par les travaux manuels. Si on m'avait dit, lorsque j'ai pris ma carte, que la politique serait mon activité quotidienne, j'aurais souri ».

De colleur d'affiches, Thierry Mariani va vite en délaisser les pots de colle et le terrain pour enchaîner les mandats. Maire, conseiller général, ministre, député français, député européen... C'est Charles Pasqua qui lui met le pied à l'étrier et le fait intégrer les jeunes du RPR. Où il retrouve Nicolas Sarkozy, Eric Raoult, Roger Karouchi ou encore un certain... Renaud Muselier.

Envie de concret

Aujourd'hui député européen, passé du côté du RN en 2019, qu'elle est donc la raison qui pousse Thierry Mariani à revenir sur ses terres natales ? « Je n'y avais pas pensé », avoue-t-il, lorsqu'on lui demande pourquoi ce choix d'un scrutin régional mais il s'est laissé convaincre par Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, par Stéphane Ravier, conseiller municipal de Marseille et par David Rachline, un autre local de l'étape, maire de Fréjus, dans le Var. « Je veux montrer que l'on peut diriger une région comme on dirige une ville ». Et puis, le mandat européen « ne permet pas vraiment de peser sur les décisions du quotidien. Je n'ai pas l'impression de faire quelque chose de concret », alors que celle de président de Région... « C'est un retour aux sources », commente-t-il. Comprendre un retour aux responsabilités plus concrètes.

Favoriser la préférence locale

Le mandat régional n'est pas chose totalement nouvelle puisqu'il a déjà connu sous l'ère Gaudin puis Vauzelle, durant onze ans en tant que conseiller. C'est sûr que président, ça change la donne. Sa vision de Provence Alpes Côte d'Azur ? « Une région qui a des atouts immenses ». Mais dont il estime - sans dévoiler grand-chose de son programme - qu'il faut « booster un peu plus le tourisme, mieux accompagner les entreprises. Je rappelle que sur ce point, le budget d'aides directes aux PME n'est que de 40 millions d'euros, soit 1% du budget total. Et Provence Alpes Côte d'Azur est également une région qui s'enfonce dans les problèmes de délinquance ». Et de faire savoir les 78% d'augmentation entre 2018 et 2019 d'atteintes aux personnes dans les gares et TER.

La sécurité, un sujet central pour le RN et sur lequel Thierry Mariani enchaîne. Promet, s'il est élu, d'embaucher « de vrais agents de sécurité, non armés, dans les lycées » et d'investir un euro pour tout euro dépensé par les communes pour tout équipement dédié.

L'économie, qui est tout de même la compétence centrale de la Région ? Il en rajoute sur les entreprises, indique vouloir favoriser les circuits courts et l'agriculture, s'appuyer sur le Canal du Midi. Répète ce que l'on sait déjà, que le tissu entreprenarial est avant tout constitué de TPE et PME. Mais promet une « politique de priorisation ». Un small business act, comme ont dit, où critères sociaux et environnementaux, recours à l'apprentissage et aux entreprises du territoire seront autant de clauses insérées dans la commande publique... pour favoriser une préférence locale.

Et ne pas compter sur lui pour poursuivre le changement de nom de Provence Alpes Côte d'Azur en région Sud. « Ceci est une erreur totale, un gadget. On est le Sud de quoi ? Tout le monde connaît Provence, Alpes et Côte d'Azur qui sont trois marques fortes. Pourquoi vouloir en créer une quatrième ? Ça, c'est la maladie des élus : dès qu'ils arrivent en fonction, il faut changer le logo et le slogan ».

La politique, un sport de combat

Moins éco mais pas moins un sujet qui a du sens à quelques semaines du scrutin, comment réconcilier les jeunes et la politique ? Il commente le concours d'anecdotes du Président de la République avec les youtubeurs McFly et Carlito « d'abaissement de la fonction », encourage à « parler aux jeunes comme à de jeunes adultes qui vont aussi connaître les difficultés de la vie. Il faut leur tenir un discours responsable et ne pas faire le guignol ».

S'il se dit tenace, travailleur, trop perfectionniste, Thierry Mariani, ancien joueur de rugby estime que « la politique est un sport d'endurance, où parfois tous les joueurs ne jouent pas avec les mêmes moyens ». Et les élections régionales 2021, surtout dans le Sud, c'est à la fois le sprint et la course de fond...

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Commentaires 2
à écrit le 30/05/2021 à 9:45
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tout cela est indigérable lorsqu' on vit en région PACA

à écrit le 25/05/2021 à 20:24
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l'exemple de la transformation idéologique, pour le coup cela donne une idée de ce qui se passe dans le pays ! Reste plus qu'a considérer que la pensée identitaire est a présent sur l'ensemble de l'échiquier ! la manifestation de la police fut in...

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