Digit'Alpes, l'association qui "évangélise" le numérique dans les Alpes

L'association réunit les différentes entreprises du web des départements alpins de la région afin de promouvoir la nécessité pour les sociétés locales de se lancer sur Internet. Selon son président, le territoire souffre d'un retard en la matière qui risque de les empêcher de conserver leur compétitivité.

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(Crédits : DR)

Dans de nombreux secteurs, la crise du Covid-19 a accéléré des évolutions déjà en cours mais qui n'étaient souvent qu'à leurs prémices. Pour ce qui est du déploiement du numérique dans les usages des entreprises, le constat est peut-être encore plus vrai. Le télétravail est en bien sûr l'exemple le plus frappant. Mais l'initiation et le développement d'outils en ligne pour améliorer sa compétitivité sont tout aussi importants. De l'agroalimentaire 2.0 à l'industrie 4.0, chaque activité est concernée à son niveau.

Sauf que tous les acteurs économiques ne sont pas logés à la même enseigne. Dans les Hautes-Alpes, l'association Digit'Alpes essaie depuis 2017 de promouvoir auprès des entreprises du territoire l'intérêt du numérique pour leur développement économique. "Nous évangélisons Internet auprès des sociétés qui ont beaucoup de retard en la matière", résume Pascal Serres, dirigeant de l'agence Piment rouge qui est à l'origine de la création de l'association. Un lancement qui s'est réalisé avec plusieurs autres acteurs numériques du territoire : Websenso, Meilleurartisan, ACI informatique et la Chambre de commerce et d'industrie (CCI).

Des entreprises "qui ne savent pas se lancer"

L'idée est d'abord de fédérer toutes ces entreprises de l'internet local pour leur donner de la visibilité. "Nous avons par exemple mis au point une charte de qualité dans laquelle nous nous engageons à proposer des prix justes et des technologies pérennes", illustre Pascal Serres. Un moyen de convaincre les sociétés du territoire à privilégier la proximité lorsqu'elles souhaitent développer leurs activités numériques. Cela permet également aux 35 adhérents de se rencontrer pour par exemple répondre à des appels d'offres groupés. Mais aussi d'organiser des formations auprès de grands acteurs nationaux afin de monter en compétences.

Au-delà de cet aspect collaboratif, l'associations se positionne également sur le déploiement du numérique dans le département. Cela signifie alerter les entreprises locales de la nécessité de maîtriser leur communication en ligne, que cela soit sur les réseaux sociaux ou avec un site internet. Un b.a.-ba pourtant encore mal pris en compte selon Pascal Serres. "Beaucoup de vieilles entreprises n'ont pas ce réflexe et demeurent sur des méthodes plus anciennes. Souvent elles ne savent pas comment se lancer sur internet", explique-t-il. Des rencontres sont ainsi organisées grâce au réseau de la CCI et de l'Union pour les entreprises.

Un relai avec les différentes aides financières

Certaines sociétés ont déjà franchi le pas. Le distributeur de produits de second œuvre du bâtiment Andrety a refait son site internet. Il permet pour les professionnels de disposer d'un compte et donc de préparer des commandes à distance. "Les visites ont été multipliées par deux, au-delà de l'aspect pratique de l'offre cela montre la visibilité supplémentaire que cela permet", appuie Pascal Serres. L'entreprise emploie une personne pour gérer sa communication web. Plus avancé car sur le terrain numérique depuis une dizaine d'année, le distributeur d'accessoires et pièces détachés pour moto Dafy compte plusieurs développeurs dans ses équipes. Toutefois, de la simple gestion de son site à l'internalisation de ses activités numérique, le gap à franchir reste important. Plus que de créer de nouveaux métiers ou booster une filière, pour toutes ces entreprises l'enjeu est d'abord de ne pas être déroché sur leur propre marché.

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La question de l'investissement financier est souvent au cœur de la réflexion des entreprises. Bien souvent, elles ne connaissent pas les aides mises à leur disposition. "Il y a une vraie méconnaissance, nous sommes un peu les oubliés de la Région dont les informations n'arriveraient pas sans relais entre la collectivité et les chefs d'entreprises", souligne Pascal Serres. La CCI 05, principal financeur de l'association, délègue une personne qui, une fois par semaine, se charge d'effectuer une veille des différentes aides existantes.

La chambre consulaire a également pris à sa charge le maintient d'une formation multimédia internet webmaster (MIW) dont la licence avait été supprimée par l'académie. "C'est important car nous voulons garder ici les jeunes originaires du territoire", note Pascal Serres, conscient qu'attirer les talents extérieurs est plus difficile. "Nous allons vraiment pousser cet axe là pour créer un cercle vertueux avec des entreprises qui se lancent dans le numérique et embauchent", ajoute-t-il. Parmi les autres projets de l'association, celui de renforcer ses activités dans le département voisin des Alpes-de-Haute-Provence qu'elle couvre depuis un an. Un territoire avec des problématiques similaires.

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