Pourquoi l'agro-alimentaire doit réussir sa modernisation industrielle

Une dizaine de sociétés du secteur de l'agro-alimentaire bénéficie du programme Parcours Sud Industrie 4.0 pour accélérer leur transformation. Un enjeu majeur pour des structures qui doivent se développer avant de consolider leur position sur un marché et à terme alimenter le territoire en ramenant des nouvelles activités.

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(Crédits : ITK)

Secteur essentiel de l'économie en Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'industrie fait l'objet d'un plan national depuis un an pour pérenniser l'activité et la moderniser. La Région décline cette ambition via différents programmes dont le Parcours Sud Industrie 4.0 dont l'objectif est d'accompagner la transformation des entreprises "vers l'industrie du futur".

Parmi les 90 sociétés qui bénéficient de ce programme sur sa première année, dix sont issues du secteur agro-alimentaire. Elles sont accompagnées par l'association régionale des industries alimentaires (Aria), une structure qui œuvre depuis 1989 à la défense de la compétitivité dans ce secteur ainsi qu'au soutien des entreprises dans leurs projets. "Le Parcours Sud Industrie 4.0 nous permet d'aller beaucoup plus vite dans notre démarche et la contribution financière de la Région, ainsi que celle de l'Etat, permet aux sociétés d'investir ailleurs", note Jean-Michel Salon, directeur général de l'Aria Sud.

Pas des entreprises en difficultés

"C'est très important notamment pour les petites entreprises qui ont besoin de rapidement se moderniser", précise-t-il. Sans cela, le risque est de voir des structures incapables de poursuivre leur croissance dans un futur plus ou moins proche. "Nous ne sélectionnons pas des sociétés en difficultés, mais celles qui, pour développer leur marché, ont besoin de le faire rapidement", explique Jean-Michel Salon.

Concrètement, cela est le cas d'un producteur de pâtes fraîches qui doit se déployer sur le bio afin de répondre à une tendance du marché. Un autre doit améliorer la traçabilité de ses produits pour in fine être capable de donne cette information au consommateur. "Il ne s'agit pas de faire faillite, mais de rester sur un chiffre d'affaires qui ne bougerait pas", insiste Jean-Michel Salon. Pour le directeur général de l'Aria Sud, les enjeux de cette modernisation sont "le développement ou repositionnement sur un marché, l'amélioration des conditions de travail et la sécurisation de sa qualité".

Retard et relocalisation

Dans certains cas, il faut aussi rattraper des lacunes. "Des TPE ont un certain retard pour l'ERP (ndlr : Entreprise Resources Planning - des logiciels permettant d'homogénéiser la gestion de différentes fonctions), toutes ne sont pas équipées", reconnaît Jean-Michel Salon. "Pour certaines, c'est la première étape essentielle pour pouvoir franchir les autres marches. La modernisation ce n'est pas forcement la robotisation, c'est aussi la numérisation et la bonne exploitation des données".

A terme, l'enjeu est aussi la relocalisation même s'il s'agit d'une conséquence indirecte. Une société modernisée peut consolider sa position sur un marché. "Le fait de monter en compétence, est extrêmement important pour attirer de nouveaux investissements. Avec cet accompagnement des entreprises industrielles nous les amenons à rapatrier ou à arrêter de sous-traiter certaines activités. Pérenniser et développer des sociétés alimente le territoire", explique Jean-François Royer, directeur général de l'agence économique de la Région RisingSUD. "L'agroalimentaire est un secteur particulier avec une demande locale forte, embraye Jean-Michel Salon. Une société pérennisée favorise la production sur le territoire en s'approvisionnant ici".

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