Les PME et la crise : pourquoi Région Sud Investissement remet la main à la poche

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(Crédits : DR)
C’est via une nouvelle enveloppe de 10 millions d'euros que le bras armé de la Région Sud en termes de financement des entreprises en rajoute une couche financière pour aider les PME chamboulées par la crise à passer ce que l’on appelle poliment ce cap difficile. Et c’est Smalt Capital, la société de capital-investissement basée à Marseille et Nice, qui est à la manouvre pratique de ce RSI Covid. Objectif : aider 80 entreprises en un an. De son côté, InvesTour, consacre 4 millions d'euros au tourisme, un secteur plus que sacrément impacté.

On le sait, la crise a forcément secoué, mis à mal, retardé moult projets de développement. En dehors des Prêts Garantis par l'Etat (PGE), il y a des leviers de financement qui font du bien aussi aux entreprises engagées dans des actions de croissance, empêchées parce que le contexte sanitaire et/ou économique les en a empêchées.

C'est à cela précisément qu'est dédié RSI Covid. Une enveloppe de 10 millions d'euros, mise en place en novembre dernier, qui doit permettre aux PME dont la pérennité n'est pas remise en cause, de pouvoir rendre possible leurs projets de développement.

Financer les projets de croissance

Une enveloppe supplémentaire qui vient s'ajouter à celle de 38,8 millions d'euros du dispositif Prêt Participatif, né en nombre 2019, soit bien avant la crise et dont le but est le soutien aux entreprises créatrices de richesses et d'emplois sur le territoire régional. Les confinements et le ralentissement global de l'économie ont évidemment porté un coup aux petites et moyennes entreprises volontaires pour se développer et la relance étant de tous les esprits, un coup de pouce pensé exprès est loin d'être anodin. C'est aussi ce qu'explique Christine Cerrato, directrice du pôle des dispositifs régionaux au sein de Smalt Capital, la société de capital-investissement étant en charge du conseil et de la gestion administrative qui, pour rappel, à aussi lancé le fonds Sud Horizon, dédié aux PME ébranlées par la crise fin 2020 . « L'idée est de fiancer des entreprises qui ont subi des impacts importants au niveau de leurs projets de développement, mais pour lesquelles, les perspectives positives sont toujours présentes. Cela peut concerner le déploiement sur des marchés nouveaux, si l'entreprise a été gênée en termes de production, si une levée de fonds a été décalée... »

Financé en partie par l'Europe via le fonds FEDER, Covid RSI a l'avantage aussi de ne pas obliger - contrairement à d'habitude et selon les règles européennes - à aller chercher du financement privé.

Pour l'heure, RSI Prêt participatif a dit oui à 86 dossiers, 58 d'entre eux ayant reçu les fonds alloués. Concernant RSI Covid, 17 dossiers ont été financés. Et les tickets oscillent de 15 000 euros à 200 000 euros. Avec une intervention majoritairement en prêts participatifs, « c'est-à-dire en quasi fonds propres », précise Christine Cerrato. « Nous pouvons également intervenir en obligations convertibles en actions mais ce n'est pas ce qui est le plus demandé, sauf dans certains cas comme avec des entreprises de technologies ou pour des entreprises dont une levée de fonds est en préparation ».

Sujet sensible - on en parle beaucoup pour ce qui est des PGE - le remboursement du capital n'est pas « demandé immédiatement », mais dans un délai de 1 à 2 ans pour RSI Prêt et 18 mois pour RSI Covid.

InvesTour : 4 millions d'euros rien que pour le tourisme

Des filières particulières sont-elles plus en demandes ? Non, dit Christine Cerrato qui précise tout de même que c'est mieux si les entreprises aidées s'inscrivent dans les Opérations d'intérêt régional - au nombre de 8 - chacune représentant une filière identifiée comme stratégique pour le territoire. Majoritairement, à 30 %, ce sont des entreprises de l'édition de logiciels et des telecoms qui sont demandeuses, celles de l'énergie, de l'environnement, de la santé, de l'agro-alimentaire aussi.

Pour ce qui est du secteur extrêmement impacté qu'est le tourisme, Région Sud Investissement a instauré un InvesTour, effectif depuis novembre 2020, doté de 4 millions d'euros, en prêt participatif - avec un ticket moyen de 100 000 euros - afin de renforcer les fonds propres des entreprises du secteur, celles qui ont des projets de consolidation de leur croissance ou de projets post-crise. On rappellera que le tourisme en Provence Alpes Côte d'Azur génère 13 % du PIB régional. Le tourisme qui est moins un sujet adressé par Région Sud Investissement mais qui ici, contribue à soutenir un écosystème, notamment dans les territoires alpins. « Les premiers dossiers sont instruits ce mois de février et ils concernent beaucoup les Alpes de Haute-Provence et les Hautes-Alpes », détaille Pierre Joubert, le directeur régional de Région Sud Investissement. « Nous ne sommes pas là pour jouer les pompiers, mais pour aider les chefs d'entreprise qui ont des projets de développement. Beaucoup de chefs d'entreprises qui avaient des projets dans un coin de leur tête, sont prêts à s'engager dans la transition écologique ou numérique ». Un effet collatéral finalement positif de l'effet crise, où certains patrons sont prêts à accélérer aussi leurs mentalités...

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