Pourquoi le fonds d’investissement Sud Horizon est un levier de résistance à la crise

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(Crédits : DR)
Initié par Smalt Capital, basée à Marseille et Nice, ce nouveau véhicule régional vise à accompagner les entreprises aux fondamentaux solides mais nécessitant le coup de pouce financier capable d’aider au passage du cap difficile qu’est le contexte économique actuel. Mais ce nouvel outil présente aussi des particularités aussi originales qu’intéressantes : outre le soutien des banques régionales du groupe BPCE, il embarque avec lui les CCI de Nice Côte d’Azur et Aix-Marseille Provence, tout autant que la Métropole Nice Côte d’Azur.

C'est une bonne nouvelle qui vient rassurer le monde économique et c'est peu dire qu'il en a besoin. Alors que l'on sait que les prochains mois seront difficiles pour les entreprises et les acteurs économiques dans leur grand ensemble, l'annonce par Smalt Capital de la création d'un FCPI dédié à l'accompagnement des PME constitue un peu un phare bienveillant dans la tempête.

La question des fonds propres

Sud Horizon s'adresse donc particulièrement aux PME non cotées, générant un chiffre d'affaires minimum de 5 M€, des entreprises solides, chahutées par la crise, qui trouveraient dans ce soutien financier, un outil pour passer cette étape délicate, sans remise en question de leur pérennité. « Ce FPCI est un fonds traditionnel de private equity, qui n'est pas dédié à faire des opérations comme du retournement, mais davantage du capital développement ou de la transmission », précise Arnaud Chiocca, le directeur général de Smalt Capital. « L'idée est d'intervenir pour des opérations de fonds propres ou quasi fonds propres auprès d'entreprises qui entrent dans nos critères, des entreprises un peu abîmées par la crise mais dont l'existence n'est pas remise en question ». Des entreprises de tout secteur, autant « de la petite industrie qu'issue du tourisme ».

Maintenir la vivacité économique

Doté de 21,5 M€, Sud Horizon interviendra via des tickets de 1 M€ à 3 M€.

Un fonds qui, outre sa mise à disposition dans ce contexte particulier de tensions économiques, présente plusieurs particularités et pas des moindres. Si, assez logiquement, des établissements bancaires y contribuent, la différence, voire l'originalité, réside davantage dans la participation active de collectivités peu habituées à l'exercice. En effet, la Chambre de commerce et d'industrie Nice Côte d'Azur, la Chambre de commerce et d'industrie Aix-Marseille Provence ainsi que la Métropole Nice Côte d'Azur font partie des investisseurs, aux côtés de la Banque Populaire Méditerranée, de la Caisse d'Epargne-Cepac et de la Caisse d'Epargne Côte d'Azur.

Et c'est peut-être ce qui rajoute de l'intérêt à l'enjeu. Un enjeu qui est clairement de maintenir la vitalité du tissu économique. Et de le maintenir dans un temps long. « Il y a eu des fonds d'urgence, les PGE... les mesures qui sont intervenues dans l'immédiateté ont été bonnes, celles dans le court terme sont bonnes également. Mais il faut penser le long terme », explique Arnaud Chiocca.

La stratégie du comité... stratégique

Et l'intérêt d'avoir constitué un comité stratégique incluant des acteurs en lien direct avec les entreprises est évident : il s'agit de mises en relation facilitées, de capacité à intervenir plus rapidement auprès des PME qui ont besoin de soutien, d'identifier celles qui pourraient passer sous les radars. Mais pas que... « Le partenariat n'est pas que financier. Il y a aussi la dimension conseil et accompagnement. Nous voulons aider au-delà du financier », acquiesce Arnaud Chiocca. L'accompagnement étant une dimension - d'autant plus dans la période considérée - à ne pas décorréler du soutien en monnaie sonnante et trébuchante. « Nous posons sur l'entreprise un regard moins affectif que son dirigeant, à qui nous voulons apporter calme et sérénité », poursuit Arnaud Chiocca.

Smalt Capital a, d'autant plus son installation via un bureau à Nice il y a quelques mois, acquis une vraie dimension régionale, venant apporter à l'est de la région une présence en capital investissement qui manquait. Sud Horizon pourrait, à terme, atteindre une dotation de 30 M€, la collecte pouvant légalement se poursuivre pendant encore une année. D'autres acteurs « originaux » mais pas moins légitimes rejoindront-ils l'aventure ? Ou quand le terme écosystème prend un vrai sens...

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