Carros face aux défis de la croissance 2/2

Elle est sans doute la ville la plus industrielle de la Métropole Nice Côte d’Azur, lieu d’implantations de grands groupes tels le spécialiste vétérinaire Virbac, le torréfacteur éthique Malongo ou le pionnier des compléments alimentaires Arkopharma. Mais Carros c’est plus que ça. Premier Territoire d’industrie à être passé à l’action, il est celui qui va tester grandeur nature une navette autonome mise à disposition des industriels. Cependant, les enjeux sont aussi ailleurs, dans le centre-ville, qui doit revoir sa copie, ou dans le soutien à une agriculture historique.

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(Crédits : DR)

Carros, c'est un peu une ville à deux visages. D'un côté une zone industrielle, qui lui vaut sa notoriété, ne serait-ce que pour les entreprises majeures du secteur qui y sont implantées - Arkopharma, Virbac, Malongo ou Scheinder Electric - et l'écosystème qui s'y est créé. De l'autre, un village et une ville, perchés, un passé agricole, via la production de fraises.

Depuis juillet dernier, c'est Yannick Bernard qui occupe le siège de premier Magistrat. Un nouvel élu qui arrive avec une vision stratégique et des projets à la fois urbains, d'envergure économique et sociale, d'attractivité... et pas que pour la ZI.

Yannick Bernard maire de Carros

Si la zone industrielle se porte très bien, les sujets de réaménagements urbains se situent un peu plus haut, au cœur de la ville. Un centre-ville qui héberge notamment, dans l'un de des bâtiments appartenant à la commune, la cuisine centrale. Un équipement construit pour répondre aux besoins d'alors. Sauf que les besoins depuis ont fortement augmenté, à 1 600 repas/jour. « Nous ouvrons notre onzième école bientôt. A ce rythme-là, dans 5 ans je vous annonce que l'on sous-traite ». Et Yannick Bernard est plutôt adepte du gouverner c'est prévoir. D'où le projet de créer une cuisine centrale dans la zone de La Grave, un peu plus bas, un « outil doté d'une capacité d'évolution en fonction du besoin des repas des enfants. L'idée est de proposer aux autres maires de la vallée (du Var NDLR) de créer ensemble un syndicat autonome, qui réunirait aussi tous ceux qui sont en amont, comme, par exemple, les circuits courts ». Le croquis est déjà prêt. Quant à l'investissement nécessaire, Yannick Bernard estime que c'est trop tôt pour le mesurer précisément. « Je ne connais pas le périmètre d'investissement, à quelle hauteur les autres communes qui prendraient part au projet pourrait participer financièrement ». Le sujet du terrain joue aussi. « Carros dispose de terrains, mais ce projet peut être à Gattières, à Saint-Martin ou à La Gaude (autres villes voisines NDLR), sachant que La Gaude va voir le MIN s'installer à proximité », note Yannick Bernard, faisant sous-entendre une logique en termes d'alimentation en circuit-court. Le montant nécessaire pour démolir le bâtiment communal qui héberge actuellement la cuisine centrale est, en revanche, connu et se monte à 300 000 euros.

Créer une centralité

Car ce bâtiment libéré permettra de repenser le centre-ville. « Il nous faut créer un point de centralité. Carros c'est 13 000 habitants, il manque ce centre. Et le centre de la commune, c'est la ville nouvelle. Il faut un point de centralité qui irrigue les commerces ». Des commerces qui sont presque, dit Yannick Bernard, des commerces « obligés ». Et ça, « ce n'est pas suffisant ». Ne serait-ce que parce que le bassin de vie augmente. « Plus de 1 000 logements vont se faire sous mon mandat », rappelle le premier magistrat. Qui verrait et qui compte bien voir s'installer une deuxième boulangerie, une brasserie, un autre restaurant, une laverie automatique, des commerces alimentaires dont une poissonnerie, des commerces de vêtements, un syndic, un courtier... Des places de parking vont également être créées, car on ne vient dans le centre- ville sans être véhiculé.

C'est donc une stratégie de requalification qui doit « ouvrir », végétaliser aussi et qui sera « finie avant la fin de mon mandat », promet Yannick Bernard.

Carros village

La fraise de Carros au tamis de la rentabilité éco

Mais Carros, connue pour son industrie, l'est également pour ses... fraises. Sauf que développer la filière est compliquée. « L'activité agricole se trouve confrontée à la même problématique que les industriels : le foncier », résume finalement assez simplement le maire de la ville. « Les Plans de Carros (la partie de la ville où sont installées les exploitations NDLR) c'est une zone urbaine et quelques enclaves sont des terres agricoles. Le potentiel se situe plutôt vers le bas de Saint-Jeannet ou Gattières, là où il y a de la vraie terre agricole ». Et le coût d'achat du foncier est aussi dissuasif. 250 000 euros pour 500 m2. « Je ne suis pas utopiste. Je passe le sujet au tamis de la rentabilité économique. Oui, je suis favorable à l'agriculture urbaine mais je ne peux pas me draper et exiger de la fraise de Carros. Pour cela, il aurait fallu pérenniser l'activité il y a 25 ans. En revanche, bien sûr, il faut maintenir ce qui existe, le sanctuariser ».

Pour structurer ces projets, notamment, Yannick Bernard - qui avant d'être maire, évoluait dans le secteur de la formation - a renforcé sa garde rapprochée, en recrutant au poste de Directrice générale des services (DGS), Marie-Blanche Alphand, passée par Val d'Europe. « J'avais besoin d'un profil pour m'accompagner dans les montages complexes ». dit-il. La stratégie municipale, a contrario, paraît limpide...

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