Comment MesDocteurs anticipe l’évolution des usages

 |  | 865 mots
Lecture 5 min.
(Crédits : DR)
Portée par la crise sanitaire, la télémédecine n’est certes plus un territoire vierge, mais reste un marché naissant où la jeune pousse provençale, pionnière en la matière et leader de la téléconsultation non programmée, pousse à une (r)évolution des usages. Information, déploiement de nouvelles fonctionnalités, IoT : l’opérateur multiplie les fronts.

Encadrée depuis 2009, entrée dans le droit commun en 2018, la télémédecine vit son plein essor depuis le confinement. Le contexte sanitaire constitue en effet un puissant levier de croissance pour ce marché tout juste naissant. Chiffres à la clé. 5,5 millions de téléconsultations dans le parcours soin ont ainsi été enregistrées entre mars et avril 2020, et 56 000 médecins l'ont pratiquée à fin avril. Ils étaient 3000 fin 2019.

"Un cap a été incontestablement franchi. On ne reviendra plus en arrière", estime Marie-Laure Saillard, CEO de l'opérateur de télémédecine MesDocteurs, basé à Aubagne. "Toutefois, relève-t-elle, la question des usages reste entière. Le schéma qui a émergé dans ce contexte de crise est celui du médecin traitant-patient pour des raisons d'évitement du temps d'attente dans la salle d'attente. C'est très bien, mais les bénéfices de la télémédecine à terme sont ailleurs : accès aux médecins spécialistes dont les délais de prise de rendez-vous sont parfois dramatiques, aide au maintien à domicile, suivi post-hospitalisation ou encore suivi des malades chroniques." Un ensemble d'usages dont la mise en œuvre se fait encore attendre mais que la start-up anticipe, elle qui s'est fixée comme objectif de contribuer "à la structuration du parcours de soin." Et ce, en cherchant à démocratiser la télémédecine et à optimiser la répartition du temps médical, "pas à la hauteur des besoins et surtout inégalement réparti sur le territoire".

150 000 téléconsultations en 2020

Fondée en 2015, l'opérateur de télémédecine MesDocteurs figure parmi les pionniers sur ce marché émergent où tout ou presque est à construire. Ce qui suppose d'investir. "Beaucoup", souligne la dirigeante. A cet égard, l'entrée au capital de la start-up du groupe VYV en 2017, aujourd'hui actionnaire unique, apparaît comme un atout. D'autant que le groupe mutualiste (MGEN, Harmonie Mutuelle, Harmonie Fonction Publique) dispose de plus de 2000 établissements de santé, permettant "de déployer des synergies opérationnelles très intéressantes". Car l'entreprise entend bien couvrir tout le spectre de la télémédecine : de la téléconsultation bien sûr à la télésurveillance médicale, aujourd'hui au stade expérimental, jusqu'au télésoin, dispositif permettant à un infirmier, un pharmacien, une sage-femme d'exercer un soin à distance. Lequel fait actuellement, pour certaines professions, l'objet de négociations conventionnelles. "Mais cela prend du temps". Celui notamment de créer des actes, un parcours, un modèle économique aussi.

En attendant, MesDocteurs avance. La jeune pousse, qui revendique des taux de croissance depuis trois ans compris entre 105 et 120% et un effectif passé en un an de 20 à 40 collaborateurs, a ainsi comptabilisé en 2020 près de 150 000 téléconsultations à travers ses deux modèles : la téléconsultation programmée où elle apporte la technologie mais pas la ressource médicale, et la téléconsultation non programmée, en 24/7, où l'apport concerne cette fois la technologie comme la ressource médicale via près de 300 médecins partenaires. "C'est notre marché historique. Nous sommes leaders avec deux français sur trois qui y ont accès grâce à leur complémentaire santé", affirme-t-elle.

Lever les freins

Toutefois, reprend-elle, "un travail important est à mener en matière d'information, d'éducation et de formation, aussi bien envers les patients que les professionnels de santé, parce que tout le monde est tombé dedans par nécessité sans véritablement comprendre à quoi cela sert. Or la téléconsultation ne sert pas à tout". Aussi, l'opérateur s'est-il engagé dans un processus d'évangélisation. Outre les actions communes déployées avec les pouvoirs publics, MesDocteurs a lancé l'automne dernier une campagne de communication grand public mettant en avant les différents cas d'usage.

Autre angle d'attaque, la technologie en elle-même, qu'il s'agit de rendre plus attractive et fonctionnelle pour les médecins. La jeune pousse vient donc d'élargir les fonctionnalités de son outil de téléconsultation. Proposé en mode SaaS, il permet désormais la prise de rendez-vous, l'assistance dans la prescription médicamenteuse grâce à un module d'intelligence artificielle ou encore l'organisation du transport sanitaire. Surtout, "nous avons mis en place la possibilité d'intégrer d'autres professionnels de santé, hors médecin, pour s'engager dès maintenant dans le télésuivi et le télésoin infirmier." De même, un service de téléconsultation assistée par un pharmacien ou un infirmier est en cours de déploiement afin de combattre l'illectronisme qui touche selon l'INSEE 17% de la population française.

Enfin, MesDocteurs investit fortement dans les connecteurs pour objets connectés. A cet égard, "nous n'avons pas de religion, notre sujet c'est de pouvoir répondre à tous les usages". L'entreprise a donc "fait le choix d'être interopérable avec le plus de solutions possibles, de l'objet léger à la cabine, pour être en capacité d'équiper aussi bien la pharmacie d'un espace de téléconsultation et de confidentialité que l'infirmière dans sa tournée." L'idée étant finalement "de faire circuler la donnée plutôt que le patient". Un objectif on ne peut plus d'actualité.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :