Azuvia crée la serre filtrante par les plantes

Basée à Avignon, la jeune pousse propose des solutions de traitement des eaux innovantes inspirées de la nature. Premier marché visé, le monde de la piscine sur lequel elle entend se positionner avec une technologie combinant trois procédés biologiques avant de s’attaquer à la problématique de la dépollution industrielle.

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(Crédits : DR)

Née à Paris en 2019, installée à Avignon depuis février 2020, Azuvia veut prendre position sur le terrain de la filtration naturelle des eaux. A la manœuvre, quatre ingénieurs en biotechnologie, issus de Sup Biotech Paris, qui ont imaginé une serre filtrante permettant de traiter les eaux de façon biologique. "Notre solution repose sur la combinaison de trois procédés : la culture hors-sol (l'hydroponie), la captation de la matière par les plantes (phytoremédiation) et la dégradation de la matière organique (minéralisation)", explique Olivier Lucas, directeur commercial et co-fondateur avec Tristan Bauduin, Paul-Etienne Fontaine et Jean-Rémi Loup de la startup. Une technologie brevetée, finaliste du dernier concours i-Lab, que l'entreprise entend déployer sur le marché de la piscine traditionnelle.

Standardisée et connectée

"Il existe déjà des solutions de filtration naturelle par les plantes mais elles sont très coûteuses et nécessitent beaucoup de surface", reprend le co-dirigeant. Pour faire la différence, Azuvia revendique un système standardisé, connecté, dont l'emprise au sol, réduite, n'excède pas ou peu celle d'un local technique grâce à la superposition des lignes de plantes. Lesquelles sont choisies pour leur caractère endémique : naturellement présentes dans les lacs et rivières de la région, elles disposent "de pouvoirs dépolluants plus forts que les plantes nourricières". Autrement dit, "ce sont des super-accumulatrices qui en captant les minéraux endiguent par un phénomène de compétition le développement des algues".

Co-développée avec l'école des métiers de la piscine de Rignac (Aveyron) et un partenaire paysagiste, la serre-filtrante entre désormais en phase commerciale. Un premier exemplaire a trouvé preneur cet été auprès d'un particulier, cible-clientèle privilégiée qui devrait toutefois être rapidement suivie par celle des établissements de tourisme et de bien-être (hôtels, camping, spa). Un réseau de partenaires distributeurs piscinistes et paysagistes est en cours de constitution. L'objectif ? Vendre 90 serres d'ici à la fin 2022 et engendrer ainsi un chiffre d'affaires proche du million d'euros.

Elargir le spectre

En attendant, il s'agit de levée des fonds. Azuvia, déjà bénéficiaire de la Bourse French Tech et lauréate 2019 de l'appel à projets Perfecto de l'Ademe en faveur de l'écoconception, cherche en effet un financement complémentaire de 200 000 euros afin de soutenir son déploiement commercial et préparer la phase 2 de son développement. A savoir : "transposer notre technologie de filtration naturelle de l'eau sur un spectre plus large afin d'adresser à moyen terme le marché de la dépollution industrielle". Et ainsi s'attaquer aux eaux polluées par les matières organiques, les métaux lourds, les perturbateurs endocriniens ou encore les hydrocarbures. A cet égard, la jeune pousse vient d'embaucher un spécialiste, PhD en génie des procédés et innovations écologiques pour l'aider à dimensionner son produit afin de répondre aux contraintes des industriels, et ce en termes de normes, d'exigence d'efficacité et de volume d'effluent.

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