Biocéanor s'ancre à l’international

Des bureaux en Norvège et aux Etats-Unis, des relais commerciaux au Chili, en Indonésie, au Vietnam : la bluetech basée à Sophia-Antipolis, spécialiste des stations sous-marines connectées capables d’analyser et de prédire la qualité de l’eau passe par l'export pour prendre position sur le marché des fermes aquacoles et enclencher celui de la surveillance environnementale. Une accélération dans laquelle la crise sanitaire n’est pas étrangère...
(Crédits : DR)

En mars dernier, alors que l'idée d'un confinement commençait à s'installer dans les esprits, la bluetech originaire de Sophia-Antipolis signait une levée de fonds de 1,5 million d'euros auprès du fonds régional Région Sud Investissement, du fonds impact belge Inventures Investment Partners et du club deal d'investisseurs coordonné par Blue Oceans Partners, dédié aux innovations favorisant la restauration de la santé des océans. L'objectif premier de ce tour de table ? Prendre position à l'international, deux ans seulement après sa création, en 2018. C'est aujourd'hui chose faite : en Norvège d'abord, où la jeune pousse vient de s'implanter à Bergen au sein d'un incubateur spécialisé dans la tech et l'aquaculture, et aux Etats-Unis, où l'attaque s'organise sur le flanc ouest, à San Francisco. Un début de maillage mené tambour battant, Covid-19 oblige. "La crise sanitaire nous a en effet poussés à accélérer nos implantations pour être mieux armés et mieux résister à un contexte difficile pour le commerce international freiné par les déplacements contraints et les annulations ou reports de salons BtoB", explique Samuel Dupont, son président.

Deux marchés stratégiques

Spécialisée dans les systèmes de mesure de la qualité de l'eau en temps réel et par prédiction, Biocéanor développe des stations sous-marines connectées afin de surveiller l'environnement marin, notamment dans le cadre de l'aquaculture. D'où le choix de la Norvège. "C'est le berceau de l'aquaculture en Europe, notamment pour la production de saumons. On y compte près de 1000 fermes et un chiffre d'affaires proche des 10 milliards d'euros, soit la moitié de ce que génère le marché européen dans son ensemble", détaille le dirigeant. Lequel s'appuie sur un VIE et deux business développeurs locaux pour attaquer, au travers "de démarchage et offres spécifiques", ce marché à fort volume.

Les Etats-Unis s'avèrent être eux aussi un marché éminemment stratégique pour la jeune pousse. Surtout depuis que Donald Trump a mis en place une politique d'ouverture de concessions aquacoles. Contrairement à la Norvège, "il y a tout à faire là-bas, la pratique est en pleine expansion avec de nombreux projets, notamment liés à la production ostréicole". Autres intérêts d'une présence à San Francisco avancés par Samuel Dupont : la proximité avec le Canada et celle des grands lacs pour développer la partie surveillance environnementale.

Surveillance environnementale

Car si les principaux clients de Biocéanor sont aujourd'hui les producteurs de poissons, de coquillages et de produits dérivés de l'aquaculture, la jeune pousse n'en oublie pas pour autant ce pour quoi elle a vu le jour : la surveillance des plages, des rivières, des embouchures et des baies avec des applications de surveillance des rejets industriels et de pollution de l'eau. A cet égard, "une offre dédiée aux plages est en cours de mise au point en collaboration notamment avec CLS pour la partie satellitaire et déploiement réseaux". Signé en début d'année 2020, le partenariat entre la startup et la filiale du CNES, d'Ardian et d'Ifremer se concrétise donc techniquement. "Commercialement, poursuit le dirigeant, des choses commencent aussi à tomber, en Asie particulièrement" où Biocéanor dispose grâce à CLS de relais au Japon, au Viêtnam, en Indonésie ainsi qu'au Chili.

Nouveau business model

Toutefois, la bluetech reste prudente sur ses prévisions. Après avoir réalisé un chiffre d'affaires de 200 000 euros en 2019, elle revoit à la baisse ses ambitions pour 2020. "D'abord en raison de la Covid-19 et de la crise économique qui s'en suit, des ventes importantes ont été reportées à 2021. Nous adressons un marché, l'aquaculture, qui fournit des poissons aux restaurants, lesquels ont subi et continuent à subir de lourdes pertes quand ils n'ont pas fermé et qui logiquement achètent moins de poissons. C'est un cercle vicieux". Que Biocéanor tente de détourner en basculant vers un business model tout service, via un abonnement à la plateforme incluant le matériel. "Il s'agit de s'adapter au contexte à travers une approche commerciale moins impactante sur le bilan comptable de nos utilisateurs afin que notre technologie soit adoptée par le plus grand nombre". A ce jour, 70 stations sont en activité. L'entreprise, qui entend passer de 16 à 20 personnes d'ici la fin de l'année, vise un chiffre d'affaires de 2 à 2,5 millions d'euros en 2021.

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