HalioDx et Imchecks : une collaboration qui renforce le territoire et l’immuno-oncologie

A Marseille, ces deux biotechs ont noué un partenariat autour d’un essai clinique. Toutes deux voisines au sein de la technopôle de Luminy, elles ont déjà collaboré ensemble, soucieuses de contribuer à l’écosystème local. Un écosystème dynamique qui apporte beaucoup au territoire, mais qui mériterait encore davantage de lumière… et d’investissements.

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(Crédits : DR)

Contre le cancer, l'immuno-oncologie nourrit de grands espoirs. Plutôt que de détruire les cellules cancéreuses comme le font la chimiothérapie et la radiothérapie, elle s'attelle à activer ou renforcer les défenses immunitaires du patient pour l'aider à combattre par lui-même la maladie. Étudiée par une petite poignée de scientifiques au siècle dernier, l'immuno-oncologie suscite depuis cinq ans un intérêt majeur, devenant un fleuron de la recherche mondiale. Et parmi les terres où cette recherche prospère : Marseille, où des synergies se mettent en place pour avancer sur ce front.

Une synergie qu'incarne le récent partenariat entre ImCheck, une startup qui développe de nouveaux anticorps ciblant les cellules cancéreuses, et HalioDX, une biotech voisine qui développe des tests diagnostics permettant de mesurer la réponse immunitaire contre le cancer.

Comprendre et prédire

Cette collaboration s'inscrit dans le cadre de l'essai clinique EVICTION lancé par ImCheck en mars dernier. Il s'agit en fait de tester la toxicité et l'activité d'un anticorps censé activer des cellules appelées « lymphocytes T gamma delta », elles-mêmes capables de détruire les cellules cancéreuses. Un essai qui, comme cela est de rigueur, s'organise en plusieurs phases. La première consiste à évaluer la toxicité et l'activité du traitement. Une activité qu'HalioDX sera chargée d'analyser à l'aide de son immunoscore. "Des biopsies seront réalisées sur les patients avant, pendant et après le traitement. HalioDX étudiera les tissus prélevés pour analyser la présence et l'activité des cellules gamma delta", explique Pierre d'Epenoux, PDG d'ImCheck. Il sera ainsi possible de savoir "si l'anticorps trouve et active sa cible".

Si les premiers pas de l'essai sont concluants, il pourrait entrer dans une seconde phase dite d'expansion, une phase qui consiste à sélectionner plus précisément les indications de traitement. HalioDX pourrait alors aider à sélectionner au mieux les patients et les tumeurs sur lesquels l'anticorps agit. "Les immunothérapies sont coûteuses et peuvent avoir des effets toxiques, d'où l'intérêt de notre test pour bien décider", explique Vincent Fert, PDG d'HalioDX, une entreprise coutumière de ce type de collaborations. "Nous avons beaucoup de partenariats avec des biotechs qui, comme ImCheck, ont des produits originaux et avancent très vite. Nous travaillons également avec des grosses boites pharma".

Un écosystème dynamique qui a besoin de plus d'investissements

Si la complémentarité des deux biotechs les a naturellement conduites à travailler ensemble sur cet essai clinique, ce partenariat tient aussi au fait qu'elles se connaissent bien. "Vincert Fert et moi [Pierre d'Epenoux, ndlr] sommes tous deux administrateurs d'Eurobiomed et membres de Marseille Immunopole", ce pôle réunissant les acteurs publics et privés de l'immunologie à Marseille. "Nous avons déjà travaillé ensemble sur le projet Pioneer par exemple", complète Vincent Fert. "Il s'agit d'un projet de recherche contre le cancer du poumon financé par l'Agence nationale de la recherche. Il réunit l'AP-HM, ImCheck, HalioDX, Innate Pharma (également membre de Marseille Immunopole, ndlr), ainsi que de grosses entreprises pharmaceutiques et une dizaine de centres en France. L'objectif est de mieux comprendre les mécanismes de résistance et de tester des médicaments pour éviter cette résistance ".

"Cet écosystème nous apporte une expertise", observe Pierre d'Epenoux. "Nos chercheurs viennent tous du CNRS, de l'Institut Paoli Calmettes, de Luminy, de la science qui émerge de tout cela. Ils ont été formés par les grands professeurs marseillais de l'immunologie. Nous collaborons régulièrement avec tous ces acteurs. Cela nous permet d'avancer mieux et plus vite, ce qui est critique pour une biotech". Une force d'action qui mériterait selon lui davantage d'investissements. "C'est un travail de longue haleine. Nous avons fait un gros coup l'an dernier en levant 48 millions d'euros", un tour de table auquel ont participé BpiFrance mais aussi Pfizer Ventures. Preuve, selon l'entrepreneur, que "l'on n'a rien à envier à Boston ou San Diego en matière d'expertise sur l'immuno-oncologie. Mais il faut que les projecteurs se posent un peu plus sur nous".

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