Ce que Black-Line apporte à la pratique du snowboard

 |  | 838 mots
Lecture 4 min.
(Crédits : DR)
Les articulations des snowborders lui diront sans doute merci : la startup basée à La Cadière d’Azur a su se remettre en question pour concevoir la deuxième version d’un système rotatif, à intégrer sur la planche en question. Son plus : il évite la torsion du genou à l’arrêt et facilite la poussée en phase plate.

Cette discipline a ses amateurs, et ils sont nombreux sur le sol français : près de 600 000 snowborders tricolores foulent ainsi la montagne enneigée chaque hiver... Une expérience de glisse particulière, mais qui s'accompagne aussi de désagréments. La position du genou en torsion notamment, pendant les phases d'arrêts, principalement le temps des remontées, ou encore la difficulté à pousser en phase plate avec un pied positionné de biais sur la planche peuvent dissuader certains pratiquants à persévérer dans la voie du snowboard. A moins que l'on y apporte une solution innovante en termes de fixation...

C'est pas mécanique

C'est justement la volonté de Black-line, startup créée en 2017 par Rémi et Sylvain Garnerone. "Nous sommes tous les deux pratiquants de glisse depuis la petite enfance. L'idée a émergé il y a deux ans dans l'esprit de mon frère Rémi, alors qu'il initiait sa femme au snowboard. Elle se plaignait de douleurs du fait de cette fameuse torsion au genou", conte Sylvain Garnerone. Le concept, qui revendique aucune équivalence jusqu'ici ? Elle consiste en une fixation rotative, permettant à l'arrêt ou à la poussée sur terrain plat de replacer un pied en parallèle, mais aussi de retrouver sur la planche la position indiquée pour les descentes. Son grand atout, c'est qu'elle peut s'intégrer sur toutes les fixations du marché... Mais le produit, qui aurait dû sortir pour la saison de ski 2017/2018, a fait depuis l'objet d'une optimisation. "La première version de notre fixation était mécanique, il fallait la verrouiller et la déverrouiller manuellement, en se baissant, via un système à boutons. Nous avons présenté cette dernière lors d'un événement à nombre de professionnels de la montagne, de marques d'équipement de glisse, mais leurs retours nous ont poussés à stopper cette version mécanique. Selon eux, la mise en application du produit en manuel générait trop d'éléments négatifs". Le binôme se remet donc en question, une seconde version, celle-ci électronique est conçue... A présent, il s'agit de télécommander la rotation à distance, via un boitier situé au poignet. "Nous en sommes encore au stade du prototype", avance Sylvain Garnerone.

Optimiser le produit pour multiplier les marchés

Un prototypage réalisé en grande partie à l'aide de l'impression 3D, via un partenariat avec la marseillaise 3Découverte. Pour l'heure, le système fonctionne, mais il faut encore optimiser ce qui permettra d'aboutir au produit fini. "Il y a tout d'abord les contraintes de normes, l'achat de moules, la recherche de partenariats au niveau de l'électronique..." Il faudra notamment réaliser un travail supplémentaire sur les batteries, ce qui permettra à Black-Line d'atteindre en termes de cibles, outre les revendeurs spécialisés, la sphère des loueurs de matériel de glisse, qui ne représentent pas moins de 65 % du marché. "Pour l'heure, l'autonomie de nos batteries est de deux jours, nous rajouterions une contrainte de manipulation aux loueurs, puisqu'ils devraient les recharger à fréquence très régulière. Or ceux-ci cherchent la praticité..." En attendant donc l'optimisation des batteries, l'offensive commerciale de Black-Line se portera donc sur les revendeurs, mais aussi la vente directe auprès du particulier déjà propriétaire d'un snowboard.

A fonds

Pour poursuivre dans la voie de la R&D, les fondateurs de Black-Line se mettent en quête de fonds, ils ont contacté bpifrance, participent à de nombreux concours... c'est dans le cadre de cette levée qu'ils ont également frappé à la porte du réseau Entreprendre. "Idéalement, nous ambitionnons de conclure un partenariat avec un grand acteur de l'équipement de sport de glisse. Si nous y parvenons, notre business model changera sensiblement, nous suivrons leurs directives et bénéficierons de leur force de frappe. Mais si nous développons notre produit nous-mêmes, ce sera plus long, plus compliqué. Notre objectif, c'est de lever  300 000 euros, en plus des 100 000 que nous avons déjà réunis". Des sommes qui permettront de finaliser la V2 du prototype et d'être prêt commercialement pour le début de la saison d'hiver 2018, dès septembre ou octobre prochain. "Avec ces 300 000 €, nous allons nous mettre en quête d'un local, embaucher des collaborateurs au montage, au calibrage. Nous tablons sur une production annuelle de 3 000 quantités pour le premier exercice". Et sur une multiplication du chiffre d'affaires par deux chaque année. Ce qui ne paraît pas utopique : on compte à l'échelle de la planète près de 13 millions de pratiquants et Black-Line compte rapidement aller à l'export, dans un premier temps vers l'Europe, notamment l'Allemagne et la Suisse, puis ensuite vers les Etats-Unis, le Canada et la Chine. Reste à évangéliser davantage encore le marché, ce que les deux fondateurs s'appliquent à faire dès aujourd'hui de façon stratégique, en réunissant avec plusieurs ostéopathes toute une documentation propre à démontrer l'impact positif de cette innovation sur les articulations.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :