Les maxi ambitions de Mini Green Power

La startup basée à Hyères impose peu à peu son modèle : le développement de mini-centrales exploitant les déchets verts et produisant énergie, électricité, froid ou chaleur. Les projets en cours lui permettraient d’adresser tout à la fois le marché intérieur et celui des pays du Sud.

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(Crédits : DR)

Mini Green Power aborde un nouveau cap dans son développement et pour ce faire, elle a identifié des leviers potentiels de croissance. En effet la spécialiste de la mini-centrale zéro carbone n'en est pas à un projet près. Leur concrétisation passera déjà par une levée de fonds de 4 M€, actuellement en cours. Elle servira notamment à recruter des forces de vente et à investir dans des outils marketing, puisque l'entreprise, parvenant à des résultats pertinents sur ses premiers travaux de R&D, se lance aujourd'hui dans une phase de développement commercial.

Autre axe

Mais ce n'est pas le seul objet de cette levée de fonds. "Nous devons poursuivre dans la recherche et le développement. L'idée est d'adapter nos centrales au bois de classe B, caractérisant notamment les panneaux ou le bois d'ameublement", explique Gonzague de Borde, chargé du développement. Pour mémoire, les mini-centrales de Mini Green Power fonctionnent à l'origine en exploitant les déchets verts issus généralement de l'élagage. Or, ce bois de classe B représente 10 millions de tonnes envoyés à l'étranger chaque année pour valorisation. "En France, la loi oblige les producteurs de meuble à s'acquitter d'une écotaxe et à s'assurer en aval qu'il existe une filière de valorisation de ces déchets. Mais dans l'Hexagone, nous ne sommes pas encore équipés pour cela". L'exploitation du bois de classe B constituerait donc un véritable axe de développement, le tout étant d'adapter la technologie  de Mini Green Power afin qu'elle puisse traiter notamment les polluants contenus dans la matière.

Une même technologie, mais du sur-mesure

L'autre marché important en perspective, c'est celui représenté par les pays du Sud. L'idée étant là encore d'adapter l'offre. Mini Green Power s'y voit un boulevard : dans les pays tropicaux, les déchets verts, notamment agricoles, sont légion et par ailleurs, le coût prohibitif de l'énergie  offre à la jeune entreprise une belle marge de manœuvre pour faire valoir ses solutions. En témoigne par exemple le projet d'une centrale intégrant un sécheur, permettant d'enlever toute trace d'humidité à ces résidus verts afin de les transformer en agro-pellets de bois, ces derniers destinés ensuite à la revente. "En Afrique de l'Ouest, nous travaillons également avec un producteur d'huile vierge de noix de coco". La centrale valoriserait dans ce cas les coques et les fibres de noix de coco, elles alimenteraient cette dernière, afin qu'elle produise non seulement de l'électricité, mais aussi la chaleur propice à sécher la chair du fruit avant de la transformer en huile. La solution de la startup s'intègrerait alors pleinement dans la chaîne de production de l'huile de coco... "Il s'agit toujours de la même technologie, nous faisons ensuite du sur-mesure".

Projet financé par le Feder

Mais Mini Green Power dispose enfin d'une dernière botte secrète en termes de levier de croissance. Elle mise beaucoup en effet sur un démonstrateur produisant de l'électricité et du froid en site isolé, associant le photovoltaïque et la biomasse. Un projet d'un an et demi et d'un montant de 450 000 euros, actuellement en développement, pour lequel elle vient d'obtenir 200 000 euros de fonds FEDER. Un type de centrale destiné là encore aux pays du Sud et à même des séduire des industriels implantés en marge des villes. Elle devrait intégrer le panel d'offres de Mini Green Power d'ici un an... Des projets prometteurs qui permettraient à la startup varoise de tenir les objectifs fixés par Jean Riondel, son président : "d'ici 2021, nous visons 35 M€ de chiffre d'affaires, un résultat net de 5 M€ et une cinquantaine de salariés". Ils sont 20 collaborateurs aujourd'hui et les prévisions en termes de chiffres d'affaires pour 2018 sont évaluées à 1,7 M€. Mais la commercialisation de ces nouvelles mini-centrales vertes pourraient rapidement faire office d'accélérateur en la matière dans les années à venir.

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