Emilie Royère : "Eurobiomed est reconnu comme le point de contact des sciences du vivant dans le Grand Sud"

Bonne santé des biotech, capacité à accélérer les jeunes pousses, besoin de financer la recherche fondamentale… le pôle de compétitivité dédié à la santé, basé à Marseille, connaît ses défis mais aussi ses atouts, explique sa directrice générale.
Emilie Royère, directrice générale du pôle de compétitivité Eurobiomed, basé à Marseille et qui couvre les régions PACA et Languedoc-Roussillon.
Emilie Royère, directrice générale du pôle de compétitivité Eurobiomed, basé à Marseille et qui couvre les régions PACA et Languedoc-Roussillon. (Crédits : DR)

Quelle est la stratégie à venir du pôle, notamment après la réunion organisée avec le ministre de l'Economie ?

Le message délivré par le ministre est positif. Une nouvelle politique des pôles sera dévoilée en juin. Des interrogations se posent néanmoins sur l'articulation entre la politique des pôles de compétitivité et celle de la loi NoTRE. Nous avons su démontrer notre capacité à travailler sur des politiques industrielles nationales mais avec des impacts forts en région. Et ce, notamment grâce aux PIA et aux FUI.

Eurobiomed a un réseau conséquent fait de 250 adhérents et 200 entreprises. Nous avons enregistré 65 nouvelles arrivées en 2015. Les adhérents viennent chercher du service. Notre défi est de gérer la croissance plus que de vouloir encore grossir. Eurobiomed est vraiment reconnu comme le point de contact des sciences du vivant dans le Grand Sud.

Quels types de services sont délivrés ?

73 % des adhérents ont utilisé un service d'Eurobiomed l'an dernier. Nous avons fait de l'accompagnement au changement réglementaire du secteur médical. Nous nous sommes positionnés sur un créneau d'offres de service pour remplir un manque, un accompagnement qui n'est distillé par ailleurs. Nous avons également tissé des relations de qualité avec les fonds d'investissement, notamment en procédant à du sourcing pour leur compte.

Nous devons aider les entreprises à atteindre le marché plus vite et poursuivre notre accompagnement à l'accélération.

Comment analysez-vous le bon comportement des biotechs ?

C'est un secteur qui est vraiment mis en avant. De plus en plus d'investisseurs se montrent intéressés, d'autant qu'ils sont rassurés par les réussites. A noter que le secteur des pharma arrive...

La fusion du Languedoc-Roussillon - région qu'Eurobiomed couvre - avec Midi-Pyrénées pose de fait la question de votre périmètre d'intervention.

Aujourd'hui, aucune décision n'a été prise, ni par l'Etat, ni par la Région. Donc rien ne change pour le moment. L'élargissement automatique du périmètre d'intervention d'Eurobiomed est toujours en discussion. Néanmoins, nous menons des actions de collaboration en bonne intelligence avec Cancer-Bio-Santé, le pôle de compétitivité "biotech-santé" basé à Toulouse, comme cela a été le cas avec les deux séances de networking organisées les 21 et 22 mars à Marseille et Montpellier avec le laboratoire Pierre Fabre. Ce type de collaboration rajoute par exemple des opportunités de rapprocher Pierre Fabre de Marseille. Mais à terme, sans doute que les Régions nous demanderons de rationnaliser. Cependant, vouloir fusionner certains pôles entre eux peut donner à ces derniers des territoires trop larges.

Quels sont actuellement les "trous dans la raquette" ?

C'est la capacité à attirer des talents. Nous avons besoin de réussir à faire venir des managers de haut niveau. Or on ne déplace jamais une personne toute seule, mais une famille. Il faut aussi du financement pour la recherche fondamentale. C'est le pipe-line d'innovation qui émergera dans dix ou vingt ans.

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