Cédric Boissier : « Notre spécificité en IA projette Enedis comme un acteur des sujets d’avenir »

L’innovation est l’un des leviers pour l’entreprise publique qui, en Provence, joue sa spécificité en étant embarquée avec Aix-Marseille Université et l’Université d’Avignon dans un programme de R&D axé sur l’intelligence artificielle, déployé au sein de la Cité des savoirs et de l’innovation, à Marseille. Mais l’innovation est plus globalement un fil rouge pour ajouter de l’efficacité à la gestion quotidienne. D’où ne sont absents ni l’open data, ni les smart grids.
(Crédits : DR)

La consommation énergétique est un sujet vaste et elle est le facteur de beaucoup de changements, tant du côté du consommateur - la prise de conscience est belle et bien réelle - que des acteurs qui servent cette énergie en modifiant leur business modèle.

L'innovation n'étant plus désormais réservée aux seules startups, elle est indispensable pour répondre aux besoins, tant industriels que des particuliers.

Les smart grids sont le premier thème qui a fait parler d'Enedis, notamment via le programme Flexgrid mais désormais, l'open data, l'IoT ou encore l'IA font partie intégrante du vocabulaire du distributeur d'électricité. Avec un déploiement par verticale. Du très concret au très R&D, tout est utilisé pour accompagner les changements de mentalité et de besoins.

Intégration réelle

C'est ce qui sous-tend d'ailleurs la feuille de route de la nouvelle présidente, Marianne Laigneau, qui veut faire d'Enedis le service public du 21ème siècle. Ambitieux. Mais dans les territoires, on y travaille. « Au-delà de la formule, cela signifie beaucoup de choses », estime Cédric Boissier, directeur régional Provence Alpes du Sud. Le panorama a changé au cours des dernières années et par exemple, « aujourd'hui, les clients sont aussi producteurs et l'électricité va dans les deux sens ». Sans oublier la mobilité électrique... Bref « nous devons être capable d'intégrer les nouveaux usages ».

L'innovation est source d'amélioration d'abord sur la gestion du réseau. « Demain, grâce aux capteurs nous sommes capables d'identifier la panne avant même que le client ne s'en rend compte. C'est déjà le cas, mais nous allons le déployer de façon massive », explique Cédric Boissier.

Mais l'innovation c'est aussi être en avance de phase. Précisément Enedis à Marseille a choisi d'investir sur l'intelligence artificielle, d'autant plus que « l'écosystème de la région est favorable ». C'est donc au CISAM, qu'Enedis, avec Aix-Marseille Université et l'Université d'Avignon, a pris place pour faire ce que l'on appelle du brain storming et de l'open innovation. « Nous apportons des compétences internes, nous avons une équipe smart grids avec une compétence spécifique en intelligence artificielle », souligne Cédric Boissier. Une convention lie les partenaires et évidemment cette approche différenciante « nous permet d'aller sur des sujets de préparation de l'avenir ».

L'IA oui, l'open data aussi

L'IA qui permet par exemple, de façon très concrète, par l'analyse du langage, de décrypter les réclamations - une charge importante pour le groupe qui revendique 2 millions de clients - et de rediriger les demandeurs vers le bon interlocuteur. « L'IA est apprenante, elle va donc s'améliorer avec encore davantage de fiabilité », estime Cédric Boissier.

Autre champ d'application, les demandes d'intervention qui doivent se transformer en actions concrètes sur le terrain. « Nous développons un outil d'IA qui est capable de détecter ce qui ne fonctionnera pas, sur place, pour éviter de réaliser une intervention qui n'est pas... réalisable ».

L'open data est une autre façon de lier technologies et efficacité. « Nous sommes bénéficiaires de données en nombre. Combinées avec d'autres données en libre-service, elles permettent à Enedis de développer des services. En interne, nous développons des services au bénéfice des collectivités, du petit service ponctuel aux sujets plus ambitieux », précise Cédric Boissier.

Contribuer à l'aménagement du territoire

Lesquelles collectivités sont demandeuses de services leur permettant d'être plus efficientes. « Notre outil Linky analyse les consommations même en période de vacances et renseignent les collectivités sur leurs dépenses énergétiques ». Un sujet loin d'être neutre... « Nous travaillons sur des services qui permettent aux collectivités d'adapter leurs propres services en fonction des saisonnalités. Nous pouvons les aider à identifier la fréquentation réelle dans les villes. Cela est une vraie plus-value pour les territoires ».

C'est en ce sens que Cédric Boissier défend l'idée d'Enedis tiers de confiance. « Nous avons un rapport avec les collectivités sans doute différent d'avec les autres interlocuteurs ».

Autre sujet qui jouxte l'aménagement du territoire, le projet aVEnir vise à développer la mobilité électrique via le déploiement de bornes de recharge. Un projet qui embarque les acteurs majeurs de la filière - 11 partenaires au total - dont les constructeurs mais aussi Aix-Marseille Université et cela pour un déploiement en ultra-urbain et en semi-rural. « Il s'agit de tester en conditions réelles les différentes possibilités de pilotage de bornes de recharge et leur interaction avec le réseau public de distribution et d'évaluer ce que le véhicule électrique peut apporter en termes de gestion des flexibilités » résume Cédric Boissier. Tout un champ d'exploitation... pas si lointain que ça...

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