Luxe, art de vivre et développement durable : le triptyque de Lavandière de Provence

Installée à Marseille, cette entreprise cosmétique a été conçue pour l’export. Pour s’imposer, elle fait le pari d’un positionnement haut-de-gamme, met en avant de l’art de vivre à la provençale et tient à minimiser son empreinte environnementale, visant à terme "l’impact positif".
(Crédits : DR)

C'est une entreprise façonnée pour l'export. D'abord parce que le marché français des cosmétiques est restreint et très concurrentiel. Ensuite parce qu'elle a été fondée par un binôme franco-sudédois, en faisant une entreprise française à ADN international.

Le binôme, c'est Cyril Gombert, biologiste marseillais spécialiste du développement durable, et Jeanette Borgström, ancienne avocate d'affaires à Stockholm. Passionnée par l'art de vivre provençal, elle sait précisément ce qu'attendent les Scandinaves des produits français. Les parfums, l'authenticité provençales font recette, certes. Mais il ne faut pas négliger la forme. Ils aiment les flacons rappelant le luxe parisien. C'est pour cette raison que l'entreprise se fournit auprès d'un fabricant milanais et a opté pour un design moderne à la suédoise. Un design qui reprend les codes du luxe, la marque voulant se positionner sur ce segment.

D'où le choix d'une distribution sélective. Lavandière de Provence est disponible dans de grands magasins comme les Galeries Lafayette ou Printemps mais aussi dans des points de vente plus confidentiels tels que des magasins à concept ou encore un domaine viticole des Bouches du Rhône. Elle est aussi présente sur internet. "Sur des market place telles que Feelunique qui approvisionne le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France, sur la plateforme d'une marque anglaise qui vend dans le monde entier des produits du même niveau de gamme, mais pas sur Amazon", précise Cyril Gombert.

Exporter l'art de vivre provençal

L'entreprise réalise 70 % de son chiffre d'affaire à l'export qu'elle a attaqué assez naturellement par la Scandinavie, puis par la France et le Royaume-Uni. En 2020, elle visait de nouveaux marchés, mais la crise a tout remis à plat. "Nous avons donc fonctionné par opportunité ". C'est ce qui l'a conduite vers l'Amérique du Nord. "Tous les salons cosmétiques ont été annulés mais les acheteurs n'ont pas cessé de chercher des nouveautés". L'entreprise, très active sur internet, a ainsi pu être repérée. Elle a aussi débarqué en Allemagne grâce à un partenariat avec "un client qui a plus de 1100 parfumeurs dans le pays". Et c'est avec appétit qu'elle lorgne du côté de l'Europe de l'Est et de la Russie.

Pour s'imposer à l'international, elle ne se contente pas de mettre en avant ses produits. Ce qu'elle vend, c'est aussi l'image de la Provence, l'art d'y vivre. Une démarche qui l'a récemment conduite à concevoir un magazine en ligne mettant en avant la vie en Provence. "Les Italiens ont la dolce vita, nous on a la joie de vivre. Il s'agit de plaisirs simples au quotidien". Des plaisirs en lien avec la nature, au rythme des saisons, comme "celui de faire une tarte avec des abricots ramassés la veille. Ce n'est par exemple pas possible en Suède".

Objectif : un impact environnemental positif d'ici 2030

Le respect nature, c'est aussi un axe fort de l'entreprise en matière de production. "Tout est en circuit court. Nous travaillons au cœur d'un écosystème de partenaires régionaux situés à moins de 150 km". Les étiquettes viennent ainsi de La Ciotat, le savon liquide de Marseille, les bougies d'Aigues-Mortes... Sauf les flacons provenant de Milan faute de fabricants locaux. Dans cet écosystème, elle veut pouvoir se mouvoir avec agilité, d'où le choix de ne pas disposer de sa propre usine. "On voulait renforcer le tissu économique local plutôt que de créer des concurrents ».

Lavandière de Provence tente ainsi de minimiser son impact environnemental. Mais d'ici 2025, elle souhaite le rendre neutre et même mieux. "On assiste à une forte érosion de la biodiversité. La seconde cause de ce phénomène est l'invasion d'espèces exotiques". Parmi elles, les griffes de sorcières, certains cactus qui ornementent les jardins et finissent souvent par essaimer au-delà, remplaçant les espèces autochtones. "Nous aimerions récupérer ces plantes et en extraire les principes actifs pour faire des crèmes. Ce serait un moyen de donner une valeur marchande à un problème de la nature". D'autant que l'arrachage de ces espèces est coûteux pour les collectivités. Une démarche qui pourrait être mise en œuvre localement mais aussi dans d'autres régions du monde. "En Afrique, les jacinthes d'eau étouffent les lacs et avec eux toute la biodiversité et l'activité économique puisque les pirogues ne peuvent plus traverser".

Ce qui nécessitera quelques années de recherche et développement, pour un impact environnemental positif à l'horizon 2030.

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