Comment Nehari Créations réinvente la maroquinerie

Des matières premières qui interpellent, des concepts innovants et brevetés : les articles de maroquinerie de Nouria Nehari, conçus dans son propre atelier de fabrication à Marseille, se démarquent sur un marché pour le moins concurrentiel.
(Crédits : DR)

Gaufré, à pastille ou écossais : pas de doute, le cuir des sacs estampillés Nehari Créations n'est pas ce que l'on peut taxer de conventionnel. Un sourcing pointu qui donne aux articles de Nouria Nehari une couleur atypique... un peu à l'image du parcours de cette dernière. Car la jeune femme, qui a installé depuis 2007 sa boutique à Marseille, ne vient pas initialement du monde de la mode. Après un passé professionnel  dans le social, Nouria Nehari entame en effet une formation dans le domaine de la reliure. Un métier qui la passionne, mais... elle n'en vit pas. "J'étais frustrée de devoir me séparer de mes outils. Puis j'ai eu l'idée de réaliser un premier sac. Devant l'engouement suscité, j'ai réalisé une étude de marché. Puis je me suis lancée..." Cela en se différenciant dans un milieu qui voit émerger, année après année, des bataillons de créateurs de cabas et autres besaces. Nouria Nehari, elle, brevète ses articles de maroquinerie : elle fait rimer en effet confection avec innovation.

"J'ai mis au point un sac sans couture, en m'inspirant des techniques utilisées dans le monde de la reliure. En fait, j'ai transféré mes compétences d'un domaine à l'autre... Puis j'ai aussi conçu un modèle de sac à géométrie variable, dont les côtés peuvent se plier un peu à la façon d'un accordéon, pour jouer sur la modularité. Il se porte ainsi de trois manières différentes et m'a valu une médaille d'argent au concours Lépine. Aujourd'hui, je vais exploiter pleinement ce concept en l'adaptant à différentes formes de sacs".

Création et sous-traitance

D'autant qu'elle maîtrise aujourd'hui sa production, puisqu'elle a créé depuis fin 2015, dans les locaux de l'école de la Deuxième chance, son propre atelier de fabrication. "Je voulais d'abord asseoir ma marque. Mais je n'ai pas oublié ma vocation première, liée au social. Mon projet en ouvrant cette unité de production était d'embaucher des personnes éloignées de l'emploi et de les former via contrat d'insertion. Je compte aujourd'hui trois salariés". Si l'atelier confectionne à 45 % les articles de maroquinerie sous l'estampille Nehari Créations, il se consacre également, à 55 %, à la sous-traitance pour des grandes marques marseillaises. A l'instar de Kaporal qui lui a confié la réalisation d'un porte-clés en cuir pour ses clients... "Nous réalisons également de la sellerie nautique. L'atelier se structure peu à peu et travaille à son rythme. Tout est à construire", avance Nouria Nehari... qui confie tout de même voir depuis quelques temps son carnet de rendez-vous se remplir. "Il s'agit de créateurs, qui veulent faire appel à mon unité de production". Une demande sans doute synonyme de croissance, qui devrait lui permettre de concrétiser un projet à court terme : embaucher un quatrième collaborateur. Car c'est ce qui constitue la plus grande satisfaction de celle qui intervient auprès des élèves de l'école de la Deuxième Chance, prenant ces derniers en stage au sein de sa structure : "j'ai le sentiment d'avoir accompli un vieux rêve. Je suis fière d'avoir créé de l'emploi".

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