Cannes On Air : un développement pluriel qui structure une filière (2/2)

Imaginé à l’aube des années 2010, le projet territorial de la Cité des Festivals, qui entend capitaliser sur son image de temple du cinéma pour devenir le pôle d’attraction de l’économie créative et audiovisuelle, poursuit sa feuille de route. Après l’entrée en piste du groupe Novelty-Magnum-Dushow, zoom sur l’offre de formation qui s’étoffe, le projet de studios post-prod qui se décoince, quant au futur Musée international du Cinéma et du Festival de Cannes, il se rêve en pendant européen de l’Academy Museum of Motion Pictures de Los Angeles.
(Crédits : CACPL)

Le programme Cannes on Air vise à bâtir, maillon après maillon, une chaîne de valeur qui se veut unique en Europe autour de l'économie créative et audiovisuelle. Caressé de longue date par la Cité des Festivals, le projet s'est affiné au fil des ans pour devenir une démarche globale où la formation, la diffusion et la production forment un tout de plus en plus concret.

Le segment le plus avancé, celui de la formation, est opérationnel depuis un an et l'inauguration du campus universitaire Georges Méliès qui a demandé une enveloppe globale de 81 millions d'euros. Un millier d'étudiants y ont planché l'an passé, dont 800 sur les thèmes de l'économie créative. Laquelle représente, à ce jour, un catalogue de 35 formations, dont 10 sur les écritures créatives, 8 sur la création de contenus, 6 sur le management de projets audiovisuels... De nouveaux DU (diplôme universitaire) vont progressivement étoffer l'offre lors des rentrées 2022, 2023 et 2024. Ils seront dédiés à la maitrise financière de la production audiovisuelle, au développement de formats audiovisuels ou encore aux archives audiovisuelles. « Nous poursuivons également le développement de chaires autour des écritures. C'est en effet l'attente principale du secteur. Il existe un besoin énorme en la matière, surtout depuis l'accélération des plateformes », relève Thierry Migoule, directeur du cabinet du maire de Cannes, David Lisnard. Par ailleurs, la résidence universitaire de 172 logements est livrée depuis ce mois de septembre, à proximité du multiplexe cinématographique. Quant aux entreprises hébergées au sein du bâtiment mutualisé, dans le but de faciliter la fertilisation croisée, elles sont aujourd'hui une quinzaine, pour 60 salariés. Parmi elles, la société de production cinématographique AdAstra ou encore Pitchoun Médias qui réalise des émissions pour enfants.

Studios post-prod

Le volet production, lui, se précise. Outre l'implantation de Novelty-Magnum-Dushow et ses studios et plateaux de tournage sur 2.000 et 4.000 m² à La Bocca, le projet qui vise à installer en centre-ville des studios post-prod au sein de l'ancien site du Comptoir provençal du verre revient sur la table. Le contentieux en cours, portant sur la propriété du lieu, devrait se régler prochainement selon la Ville. « Les expertises nous sont favorables, il ne nous manque plus que la validation par le tribunal », précise le directeur qui indique que « des grands groupes implantés régionalement se positionnent pour y installer des studios post-prod ». L'idée étant de développer un équipement capable « de sortir 40 à 50 films par an », afin de compléter ceux installés sur le campus, d'une capacité moindre.

Guggenheim du cinéma

Quant au projet du Musée international du Cinéma et du Festival de Cannes, il se trouve au milieu du gué. Certes, la question du site d'implantation a été arrêtée. Cet objet culturel et touristique (400 000 visiteurs attendus en vitesse de croisière), qui se veut le pendant européen de l'Academy Museum of Motion Pictures de Los Angeles, prendra place sur un terrain de 2,2 hectares, propriété de la municipalité, basé dans le secteur Picaud pour former le trait d'union entre le centre-ville de Cannes et son palais des festivals, et le quartier de La Bocca, terre d'accueil de Novelty-Magnum-Dushow et du campus Georges Méliès. Et si Universcience, lauréat de l'AMO (assistance à maîtrise d'ouvrage) du musée lancée l'an passé, a rendu ses premières copies, axées sur le contenu, il reste encore à répondre à l'épineuse question du financement, jaugée à environ 200 millions d'euros. « Deux options s'offrent à nous, reprend le directeur de cabinet. La première est d'en faire un musée national, un équipement public d'état (donc porté financièrement à 85% par l'Etat, NDLR). Nous avons fait une demande en ce sens. A défaut, on peut imaginer d'en faire une fondation reconnue d'utilité publique (FRUP), ce qui ouvrirait la porte au mécénat privé et associatif ainsi qu'aux financements européens. » Et Thierry Migoule de conclure : « Notre objectif est d'avoir une grande et belle signature architecturale, à l'image d'un Guggenheim du cinéma. C'est notre ambition, une grande ambition que nous assumons, tout comme notre volonté d'aller vite car d'autres auront la même idée, avec d'autres moyens. » Le début des travaux est espéré à l'horizon 2025.

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