Cannes : AdAstra Films, Xiaomi et l’attractivité de l’écosystème du cinéma

La société de production, installée dans la Cité des festivals depuis dix ans, a été choisie par la marque de téléphonie et d’électronique, challenger d’Apple, pour l’accompagner dans la réalisation du film qui servira le lancement de ses nouveaux produits fin septembre. Une reconnaissance à la fois pour la PME, qui poursuit la production de longs métrages, mais aussi pour toute une filière qui s’est fortement structurée sur le territoire.
(Crédits : DR)

C'est le genre de rencontre a priori improbable mais qui parce qu'elle est naturelle et simple fonctionne immédiatement. Et c'est exactement la nature de celle entre la société de production originaire de la Cité des Festivals et la marque de téléphonie qui monte et grignote des parts de marché à la firme à la Pomme. Si le décor était le Musée des Arts Asiatiques de Nice, c'est pourtant à Cannes que Xiaomi est venue tourner ces derniers jours un film qui fait partie de la campagne de lancement que la marque organise via ses différents réseaux sociaux (Youtube, Twitter, Facebook, Twich...) le 28 septembre prochain.

Des projets pour Sundance, Berlin et Locarno

Une reconnaissance pour AdAstra, la société de production que dirige Sébastien Aubert et qui après être passé du court au long métrage, avait aussi agrandi ses compétences en 2019 en ajoutant la production exécutive à ses compétences.

AdAstra, qui comme tout le monde du Septième Art, a dû faire preuve de patience et de résilience au cours des 20 derniers mois. Mais AdAstra qui a retrouvé le chemin des studios et celui des projets.

Notamment Heart Beast, tourné à Cannes, Grasse, Helsinki et Hambourg, financé - le budget s'élevant à 1,5 million d'euros - par la Région Sud et le Département des Alpes-Maritimes et par la Sofica, spécialiste des investissements dans le cinéma. Un film qui nécessité 35 jours de tournages et réunit Carmen Kassovitz, la chanteuse-actrice Camille et la rappeuse Chilla. La première mondiale devrait se tenir au Festival de Berlin ou à Sundance, pour une sortie prévue en salle l'année prochaine.

Pour Domingo, dont la première a pour décor le festival de Toronto 2021, « nous allons solliciter les distributeurs », précise Sébastien Aubert.

Dans les cartons aussi, un projet porté par un réalisateur d'origine géorgienne, installé à Nice, dont le tournage est programmé pour l'automne 2022 et qui a obtenu le soutien de la Région Sud, du CNCC et de Denis Lavant, l'acteur d'Holy Motors et doublure de Leos Carax.

Des projets qui satisfont Sébastien Aubert qui indique cependant que la crise sanitaire ayant ralenti les activités des salles de cinéma, on assiste aujourd'hui à une sorte d'embouteillages qui fait qu'il faut laisser le flux de films demeurés « confinés », sortir et exister.

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Filière renforcée

La crise, qui a été un challenge pour les métiers du cinéma n'a pas tant impacté AdAstra qui a signé deux projets mais qui sait reconnaître la nécessité des fonds attribués par l'Etat, PGE et fonds de solidarité.

AdAstra qui fait partie de l'écosystème d'une filière cinéma qui s'est fortement structuré ces deux dernières années, Cannes ayant fait le pari de véritablement mériter son titre de capitale du 7è Art. La concrétisation de son projet de studios de post-production est l'un des maillons structurants de la chaîne. La livraison de Cinéum, le multiplexe cinématographique signé de l'architecte Rudy Ricciotti constitue un autre maillon fort avec ses 12 salles et un son 100%. 33 millions d'euros y ont été investis.

On n'oubliera pas la Chaire internationale du storytelling créée avec Vivendi et Canal +. Ni, plus globalement, tout le projet Cannes On Air. De quoi jouer sur l'attractivité de ville en termes de décor de films, courts ou longs.

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De Cannes mais pas seulement. En 2020, d'après les données issues de la Commission du Film Côte d'Azur, 264 tournages français et étrangers ont opté pour la destination générant 879 jours de tournage. L'étranger qui représente une part estimée à 25% des tournages, ce qui fait du territoire régional le n°2 en la matière. Plus globalement, 32 millions d'euros de retombées économiques sont comptabilisées, pour 75 millions d'euros de retombées indirectes. Ad Astra, qui emploie 6 personnes, réalise pour sa part un chiffre d'affaires de 850.000 euros.

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