« La collection été 2022 sera 100% en tissus recyclés » (Norah Luttway, Noliju)

Noliju, c’est cette marque de vêtements de sport chics, suffisamment chics pour être détournés pour un usage quotidien, née il y a six ans à Sophia-Antipolis et qui déploie une stratégie assez fine autant en termes de sourcing, de financement que de développement à l’international. Ce qui n’est pas sans défis ou freins à lever, comme l’explique sa fondatrice et dirigeante.

6 mn

(Crédits : DR)

DNVB - c'est-à-dire née sur Internet - conçue en 2014, Noliju, basée à Sophia-Antipolis a assez rapidement compris que le digital ne pouvait pas être son unique canal de visibilité. Car qui dit vêtements et tissus techniques qui plus est, dit aussi désir d'en connaître la texture, les couleurs « en vrai ». Ce qui a rapidement poussé Norah Luttway, sa fondatrice et dirigeante à ajouter une présence physique à sa présence sur le Net, via notamment des pop-up stores. Le premier a d'abord pris position au sein de l'aéroport Nice Côte d'Azur avant de s'installer au sein de Capsule, le concept DNVB de Cap 3000.

« Noliju est née sur le digital c'est vrai, mais je me suis rendue compte assez vite qu'une présence physique était indispensable, les clientes exprimant leurs envies de voir, d'essayer. Rapidement, nous avons développé des partenariats. Et des pop-up stores donc. Nous en avons installé un récemment à Paris, au sein du quartier du Marais, à Nantes, à Rennes... Il est très important de travailler sur une stratégie omnicanale, c'est-à-dire la complémentarité entre le physique et le digital ».

Le Made in France, demandé mais pas toujours aisé à réaliser

Volontairement positionnée sur une stratégie uniquement européenne en termes de sourcing, Noliju se heurte pourtant encore à son souhait de s'appuyer totalement sur du Made in France. Car les freins existent. « Nous fabriquons en France et au Portugal. Depuis le début de Noliju, nous avons une stratégie 100% Europe, ce qui est un choix important pour moi - j'ai été directrice marketing dans le prêt-à-porter pour des marques comme Naf Naf ou Petit Bateau et nous avions souvent du sourcing lointain. En créant ma marque, j'ai voulu connaître mes fournisseurs. Nous avons donc travaillé sur des tissus et une fabrication 100% Europe. Petit à petit, j'ai testé des ateliers en France et au Portugal. Et j'ai constaté des petites différences. Par exemple, je ne peux pas fabriquer toutes les pièces en France, cela dépend du type ou de la complexité de la confection. Lors de mon premier salon Made in France, l'un des ateliers de confection m'a conseillé un positionnement luxe, or Noliju est une marque qui demeure abordable. D'autant qu'en France, nous avons aussi un prix psychologique sur le vêtement de sport qui est assez défini. Donc l'un des freins peut être le prix de confection ».

Esprit circulaire

Surtout, Noliju se différencie fortement sur des tissus dits techniques. C'est-à-dire « respirants, avec des fonctionnalités spécifiques en fonction du sport - stretch, compressif, sans coutures - sourcés auprès de fournisseurs français ou italiens ». Avec une attention particulière portée au toucher du produit. Des tissus qui se font aussi à partir de fibres recyclées. L'an dernier, la marque française a, par exemple, créé un maillot de bain une pièce à partir de plastiques et de filets de pêche récupérés en Méditerranée. Un « esprit circulaire » qui irrigue toute la nouvelle collection 2022, qui est donc « 100% en tissus recyclés », annonce Norah Luttway.

La prévente, levier de financement et de lutte contre la pollution textile

Comme toute entreprise innovante et au business-modèle qui va avec, financer son développement demande aussi... de l'innovation. Chez Noliju, on a fait le choix de la prévente. Initiée il y a quelques année et déployé lors du confinement, cet appel à sa communauté est devenu un axe spécifique de la stratégie. « C'est une démarche que nous avons initié il y a trois ans, lors du lancement du pantalon Ultime, l'un des produits phares de la marque. Lors du confinement, nous avons lancé le maillot de bain une pièce et nous en avons profité pour interviewer nos clientes, lesquelles nous ont avoué aimer beaucoup ce mode de commercialisation. Elles ont ainsi véritablement l'impression de soutenir la marque, de la soutenir dans son projet », détaille Norah Luttway. Au point de refondre le site de Noliju l'an dernier afin d'intégrer ce système sans avoir recours aux plateformes spécialisées pour le faire.

Ce qui est, par exemple, le cas du nouvel ensemble running d'été Idéal, lancé cette fin avril. Un moyen qui présente un autre avantage : celui de ne produire que ce qui est commandé. « C'est vertueux. Car lorsqu'on travaille avec des usines, il existe un minimum de quantités à commander. Sauf que l'on ne vend pas forcément ce que l'on avait prévu. Et ce sont ces sur-stocks qui génèrent la pollution textile ».

Quand on est une DNVB, c'est forcément le monde entier qui devient un client potentiel. Mais ce qui ne signifie pas ne pas déployer de stratégie dédiée. L'international, « on y travaille ». Ce qui signifie s'appuyer sur des agents à l'étranger. Parmi les pays ciblés et signés, l'Allemagne, l'Irlande et l'Espagne.

Evidemment, au milieu et surtout en support de toute la stratégie, les réseaux sociaux se font le moyen incontournable pour rendre Noliju visible et même interactive. « C'est notre moyen de communication privilégié. Nous sommes présents sur l'ensemble des réseaux sociaux, mais les réseaux privilégiés sont Instagram, Facebook et LinkedIn, LinkedIn notamment parce que notre cible sont les femmes actives, dynamiques, entrepreneuses... Les réseaux sociaux sont importants car c'est vraiment la communauté Noliju qui s'est créée au fur et à mesure du temps et c'est là où nous avons une interaction avec elle ».

Un décideur économique, invité chaque semaine

Pour rappel, depuis ce début novembre, La Tribune et BFM Nice s'unissent pour proposer chaque semaine une chronique éco, baptisée Marseille Business, qui décrypte l'économie du territoire, ses enjeux, ses défis, les réussites et les problématiques. Tous les mardis, un invité vient apporter son éclairage sur une thématique précise.

BFM Nice Côte d'Azur est à retrouver sur le canal 31 de TNT régionale et sur les box au canal 285/518 (SFR), 374 (Orange) et 360 (Bouygues).

La chronique est animée par Celine Moncel pour BFM Nice et Laurence Bottero, rédactrice en chef du bureau Provence Alpes Côte d'Azur du quotidien économique La Tribune.

6 mn

Replay | Forum Europe Afrique

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.