“Le Scale-Up Club vise à faire grandir les jeunes startups qui performent déjà » César Camy – French Tech Côte d’Azur)

Si les jeunes pousses ont démontré leur capacité à être apporteuses de solutions pendant la crise – et on ne parle pas que de celles œuvrant sur l’innovation technologique – elles souffrent pour certaines de leur taille, parfois trop développée pour bénéficier de certains programmes et parfois trop modeste pour prétendre à d’autres. Un sujet – outre le soutien concret à l’entreprenariat féminin – qui est l’une des priorités de la French Tech Côte d’Azur, comme l’explique son co-président.

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(Crédits : DR)

En décembre dernier, le cocorico du coq tricolore, emblème de la French Tech a clairement résonné sur la Côte d'Azur. A l'issue de French Tech Rise, compétition qui peut être considérée comme la Coupe de France des startups, deux jeunes pousses azuréennes ont remporté leur catégorie, faisant du territoire le territoire le plus distingué de France, avec donc deux prix nationaux sur les 4 possiblement à remporter. Si, certes, cette Coupe de France exclut l'Ile-de-France, c'est justement pour démontrer la valeur de l'innovation en région.

Mais sur le sujet de l'innovation et des startups, les chantiers sont aussi multiples que constants. C'est pour jouer l'effet entraînement, pour booster la croissance des jolies pépites que la French Tech Côte d'Azur (FTCA) ouvre le programme French Tech Central.

La licorne, objectif de croissance

Un programme appliqué aux 13 capitales French Tech régionales avec, comme but, celui de faciliter le recours à la juste information, celle qu'il est indispensable de connaître pour affiner une stratégie et un plan de développement. « C'est une sorte de guichet unique - même si on n'aime pas trop le terme - qui permet aux entrepreneurs de parler très facilement à la Banque de France, à l'Urssaf, aux Douanes... dans une relation privilégiée, avec des interlocuteurs qui connaissent vraiment les problématiques et peuvent aider à faire exploser les pépites du territoire. Ce qui correspond à ce qu'est la mission de la French Tech, c'est-à-dire transformer des pépites en licornes ».

La question de la taille critique demeure d'ailleurs un sujet sur le territoire.

Si beaucoup d'outils sont dédiés aux startups en amorçage, d'autres le sont aux aussi pour des startups déjà bien développées, celles qui connaissent une croissance de +50% sur trois ans, qui lèvent plus de 20 millions d'euros, ce qui leur permet d'accéder à des programmes tels le French Tech 120 ou le French Tech 40.

« Or, nous avons très peu de startups sur le territoire qui ont levé plus de 20 millions d'euros. En revanche on a une multitude de petites startups, qui commencent, mais qui génèrent déjà un chiffre d'affaires de 3 millions d'euros, 4 millions d'euros, 5 millions d'euros, qui ont levé 4 millions d'euros, 5 millions d'euros, 10 millions d'euros, donc trop petites pour rentrer dans le French 120 ou le French Tech 40. Et nous French Tech Côte d'Azur, on a voulu les accompagner pour réduire le gap entre les petites et les très grosses ».

L'autre sujet prégnant de l'innovation, c'est le financement. Longtemps boudée, la Côte d'Azur a réveillé l'intérêt des investisseurs, comme des fonds. « Davantage d'investisseurs et de fonds regardent et s'installent ici, plus facilement qu'avant. Il se passe des choses en région. Des fonds tels Smalt Capital ou Turenne disposent désormais de représentations à Nice, c'est un bon marqueur ».

Aider à percer le plafond de verre

Autre sujet le financement des femmes à la tête de startups, elles lèvent moins que les hommes et c'est vrai tout type d'entreprises confondus. Mais plus particulièrement sur le segment de startups. Un sujet qui « dure », dans le mauvais sens du terme et que la French Tech Côte d'Azur veut résoudre en lançant notamment un appel à candidatures envers les femmes chefs d'entreprise. Un programme sur-mesure va être établi et sera mené par Rise Partners, cabinet de conseil et d'accompagnement basé à Sophia-Antipolis. Un accompagnement prévu pour durer 4 mois, avec le soutien et les conseils des 23 rôles modèles de la tech, élues par la French Tech. Le but étant de « percer le plafond de verre » et de faire grandir la proportion de femmes dirigeantes. « Au sein de Nice Startup(s), 33% de nos membres sont des femmes. On se dit que c'est bien mais que ce n'est pas assez. Il y a notamment, pointe César Camy, des femmes qui ont été dirigeantes, qui ont connu le succès et qui aujourd'hui dirigent des fonds d'investissements. Il n'est pas question d'exclure les hommes bien sûr mais de permettre l'entraide ».

Et parce qu'il est depuis 20 ans présent dans le secteur de la tech, César Camy en a une vision assez fine. Rappelant qu'il a fondé sa toute première entreprise au moment de la bulle internet, il souligne à quel point le secteur a évolué, rappelle que beaucoup d'entreprises se créent dans le numérique, certes pas assez sur la Côte d'Azur, mais elles ont été résilientes, preuve de leur capacité à croître encore davantage. Et de devenir les licornes tant espérées.

Un décideur économique, invité chaque semaine

Pour rappel, depuis ce début novembre, La Tribune et BFM Nice s'unissent pour proposer chaque semaine une chronique éco, baptisée Marseille Business, qui décrypte l'économie du territoire, ses enjeux, ses défis, les réussites et les problématiques. Tous les mardis, un invité vient apporter son éclairage sur une thématique précise.

BFM Nice Côte d'Azur est à retrouver sur le canal 31 de TNT régionale et sur les box au canal 285/518 (SFR), 374 (Orange) et 360 (Bouygues).

La chronique est animée par Celine Moncel pour BFM Nice et Laurence Bottero, rédactrice en chef du bureau Provence Alpes Côte d'Azur du quotidien économique La Tribune.

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