Dans le Sud, la confiance des chefs d’entreprise titillée par les difficultés d’approvisionnement

Si la tendance demeure au dynamisme de l’activité – portée notamment par le plan de relance – il n’empêche que les problématiques de ressources de matières premières comme de ressources humaines, sont de nature à faire naître une certaine inquiétude chez les dirigeants de Provence Alpes Côte d’Azur. Des dirigeants dont le moral ne faiblit pas – avec des carnets de commande dont le niveau se stabilise – quand certains secteurs, dont l’industrie, performent.

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(Crédits : DR)

2022 sera-t-elle enfin l'année de la stabilisation, à tous points de vue ? Les dirigeants - et pas qu'eux d'ailleurs - le souhaitent ardemment tant, on le sait, l'économie a besoin de confiance et d'une certaine impression de stabilité pour avancer sans crainte dans l'avenir et développer investissement et projets.

Des commandes qui remplissent (encore) les carnets

C'est, ni plus, ni moins, ce que dit la note de conjoncture du troisième trimestre, publiée par la Chambre de commerce et d'industrie PACA, qui démontre clairement que si le moral des chefs d'entreprises se maintient, certains freins seraient néanmoins de nature à venir gripper la machine.

Comme au niveau national, l'activité en elle-même demeure positive, tous secteurs confondus, même si la construction connaît un certain fléchissement. Le plan de relance est là, les PME s'en sont plutôt globalement bien emparé - même s'il est toujours bon de répéter qu'il ne faut pas hésiter à profiter de cette capacité d'investissement et de modernisation offerte - bref, 2021 a été l'année de la confirmation : celle de la capacité des entreprises à être agiles, adaptables et prêtes au rebond. Et l'effet rattrapage d'activité a joué pour toutes les filières et les typologies d'entreprises, même les TPE.

Un effet rattrapage qui voit les carnets de commande continuer à être bien remplis, ce qui joue forcément un effet réassurance, même si, en même temps, les marges sont davantage rognées. 59,6 % des entreprises conservent un carnet de commande stable, quand pour 60,4% ce sont les marges qui gardent un certain équilibre.

Le dynamisme, stop ou encore ?

La donnée la plus intéressante car « parlante », est celle qui concerne les prévisions de trésorerie où 64,5% d'entreprises estiment que celle-ci demeure identique pour le quatrième trimestre. A mettre en parallèle avec d'autres prévisions, celles des investissements, qui demeurent inchangées pour une grande majorité d'entreprises, à 71%.

Autant d'éléments qui engendrent l'optimisme. L'activité est là, les commandes affluent, l'effet rattrapage n'ignore personne. Dans l'industrie comme dans le commerce de détail, l'activité haussière est de bon aloi. Le commerce de gros affiche des perspectives positives et un emploi en consolidation. Le seul bémol important provient des services touristiques, impactés par des problématiques d'effectifs.

Et au chapitre des freins, ce sont, sans surprise les difficultés d'approvisionnement, comme d'embauche de talents, qui apparaissent comme les plus préoccupantes. L'approvisionnement malmené par les pénuries qui est la raison d'inquiétude principale, à 47%. Un pourcentage qui progresse de 7 points, ce qui n'est tout de même pas neutre.

Le PGE, faux-vrai frein ?

Et puis, vient la question des PGE et du remboursement de leur amortissement. Des Prêts garantis par l'Etat souscrits pour 42% des entreprises régionales. Sans surprise ici non plus, ce sont celles de la filière ECHR qui y ont eu recours, pour 51%.

Mais, la bonne nouvelle réside dans la proportion de TPE PME ETI qui n'ont pas eu recours, in fine, à l'ensemble du prêt obtenu. 28% d'entre elles l'ont consommé à 75%, seulement 15,7%, à 50% voire 75%, alors que près de 30% l'ont laissé intact. Ce qui laisse entrevoir des remboursements majoritairement effectués dans les temps impartis, entre un an et cinq ans. Si 27% ont déjà, cependant, demandé un délai supplémentaire, ce remboursement n'est plus un sujet pour 12,5%, qui ont déjà effectué la démarche.

2022 pourrait donc être la (vraie) année de la relance. Celle qui dure, se stabilise, rassure les marchés, les clients, les dirigeants et tout le monde économique. 66% des dirigeants disent leur confiance en leur entreprise, 56% dans l'économie locale, 44% dans l'économie nationale. Ce qui démontre que la réassurance, mais surtout cette reprise tant attendue, espérée et guettée, se joue dans la proximité. Et que la bonne santé économique doit être territoriale avant d'être hexagonale...

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