Dans le Sud, les surfaces agricoles résistent, l’emploi aussi

C’est le résultat du recensement qui montre qu’en dix ans le paysage agricole de Provence Alpes Côte d’Azur s’est redessiné autour de 18.000 exploitations, certes moins nombreuses, mais avec une surface agricole utilisée qui progresse de 3%, la viticulture et le maraîchage étant des segments forts, alors que l’emploi demeure quasiment stable. Ou quand le Sud fait, parfois, mieux que l’Hexagone.

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(Crédits : DR)

Ce sont des résultats qui donnent une image de Provence Alpes Côte d'Azur comme elle est souvent peu perçue : un territoire agricole dynamique, certes tiré par la viticulture - merci, notamment, le vin et surtout le rosé - et le maraîchage avec, une prime très forte à un autre segment, celui des plantes à parfums et aromatiques, qui place le Sud comme n°1 français.

Certes, comme ailleurs en France et comme le démontrent les données nationales, le nombre d'exploitations - elles sont 18.025 exactement - diminue, de l'ordre de 18%, mais toujours de manière moins forte que lors des deux précédents recensements, en 2000 et 2010 où la baisse enregistrée était respectivement de 30% et 24%. Ce qui est fondamentalement une bonne nouvelle, puisque cela prouve la capacité de Provence Alpes Côte d'Azur à conserver sa spécificité agricole. Assez logiquement, les département alpins - Hautes-Alpes et Alpes de Haute-Provence - sont plus résistants, le nombre d'exploitations chutant de 8% et 5% quand il est, a contrario, de -37% pour les Alpes-Maritimes.

Agri PACA

La viticulture, locomotive économique

A l'instar de la tendance nationale, ce sont les micro-exploitations qui disparaissent fortement - de 70% en dix ans - et principalement dans le domaine de l'arboriculture, alors que ces mêmes micro-exploitations ont progressé en nombre pour ce qui est du maraîchage.

Bien qu'en recul aussi, de 11% ce qui est mieux qu'au niveau national qui enregistre -21%, les petites et moyennes exploitations constituent cependant la majorité des exploitations régionales, avec une surface exploitée qui perd, néanmoins 5%. C'est presque le pourcentage, à un point près (-4%), qui résume le recul du nombre de grandes exploitations, c'est-à-dire celles atteignant 250.000 euros de production brute standard. Des grandes exploitations qui représentent 17% des exploitations totales régionales, 17% étant par ailleurs également la progression enregistrée en dix ans de leur surface agricole utilisée (SAU).

Tout comme le confirme la tendance nationale, le végétal perd de la vitesse, mais plus fortement en Provence Alpes Côte d'Azur, de l'ordre de 21% contre 9% dans l'Hexagone. En revanche, l'élevage fait mieux dans le Sud que la moyenne nationale à -31%. Avec -47% c'est l'arboriculture qui encaisse la plus forte chute. La locomotive économique de l'agriculture est à regarder du côté de la viticulture dont le poids s'est même renforcé en une décennie, ce secteur concernant 34% des exploitations quand elles n'étaient que de 29% en 2010. En progression aussi, de 21%, les exploitations spécialisées en maraîchage contribuent à tirer l'économie de l'agriculture, leur part représentant 8% contre 6% en 2010.

Circuits-courts et bio plébiscités

Tendance qui se renforce globalement et que la crise sanitaire a fait accélérer encore davantage, les circuits courts sont une pratique utilisée par 42% des exploitations, ce qui place le Sud dans une position bien plus engagée sur le sujet que ce qui est le cas au niveau tricolore qui cumule à 23%. Même motif, même comportement pour le bio, qui est la spécificité de 21% des exploitations régionales, soit une progression de 14 points en dix ans, quand la progression est moindre pour la France métropolitaine, de 8 points « seulement ».

Agri PACA

Et la bonne tenue de l'agriculture régionale se retranscrit forcément au niveau de l'emploi. Une agriculture qui emploie 86.000 personnes soit 38.000 emplois équivalents temps plein et 1% de baisse en dix ans, constituant une réelle performance quand ce même emploi agricole perd 11% en 10 ans au niveau hexagonal. Un emploi régional majoritairement permanent, 26% étant assuré par les saisonniers ou les salariés occasionnels. Assez logiquement, ce sont les exploitations de grande taille qui embauchent le plus. Cependant, et cela demeure une bonne nouvelle tant le statut d'entreprise familiale est un bon signe économique, 51% des dirigeants d'exploitation demeurent aussi à la manœuvre opérationnelle. Le Sud, terre agricole, aussi...

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