Avec un Grand Arénas très « nature », Nice Eco-Vallée veut confirmer son modèle durable 1/2

En insérant davantage de végétalisation et en sanctuarisant 1.100 hectares de surfaces agricoles supplémentaires, en repensant l’envergure de son futur parc des expositions et des congrès – très attendu – et en confiant le pilotage de ce nouveau quartier d’affaires à l’architecte François Leclercq qui évoque un territoire « capable », c’est toute la philosophie du projet urbain de l’ouest de Nice qui se revendique encore plus durable. Celle-là même qui joue sur le levier attractivité.

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(Crédits : DR)

Il y a près de 14 ans, l'Eco-Vallée était un concept sur le papier. Durable, vert, tourné vers les éco-technologies et ambitieux au point de devenir une Opération d'Intérêt National. Prometteur donc dans sa capacité à différencier la cinquième ville de France en matière d'aménagement urbain. Plus d'une décennie plus tard, l'approche sur le papier s'est concrétisée. Des immeubles livrés, d'autres programmes encore au stade de chantiers, le tout au sein de quartiers tous neufs, pensés chacun, avec une identité. Mais entre-temps aussi, une pandémie et des nouveaux usages sont venus bousculer les certitudes. Confirmant, cependant, que l'économie associée à l'écologie était la nouvelle façon de construire, comme de produire.

Cette nouvelle façon de « consommer » irrigue forcément les réflexions et les plans stratégiques, et même si elle se voulait déjà exemplaire, Nice Eco-Vallée peaufine encore son modèle originel, quand, en même temps, la Métropole Nice Côte d'Azur dit vouloir accélérer les transitions sur son territoire.

L'un des points centraux c'est la volonté affichée de poursuivre un plan de végétalisation assez fort pour continuer à faire la différence, d'un point de vue de l'attractivité globale. Car aujourd'hui, investisseurs, promoteurs, architectes, utilisateurs finaux sont alignés sur les besoins et les réponses à apporter à ses besoins.

Hybridation et connexion

Si Nice Méridia est en phase largement opérationnelle, le focus désormais de l'EPA est porté sur Grand Arénas. C'est là, au sein de ce quartier d'affaires qui veut être le modèle du quartier business de demain, que s'érigera le Parc des Expositions et des Congrès et que prendra place le pôle d'échanges multimodal. Deux infrastructures comme piliers majeurs d'un nouveau quartier réinventé.

A la manœuvre architecturale, c'est désormais François Leclercq qui déroule son plan guide.

C'est donc lui qui va donner forme(s) au très attendu parc des expositions et des congrès, appelé plus facilement PEC, qui va investir les lieux actuels du Marché d'Intérêt National, en prenant place dans la halle aux fleurs. Un PEC ambitieux dans l'esprit puisqu'il vise à attirer une clientèle BtoB de tourisme d'affaires qui ne regarde pas encore Nice. Mais un PEC qui a aussi revu sa copie au regard de l'évolution, non pas seulement d'un contexte économique, mais plus largement des usages, ceux que, fondamentalement, la crise a accéléré. L'idée d'un parc des expositions et des congrès qui prendrait place dans la halle aux fleurs c'est même l'idée que défendait François Leclercq depuis toujours. « Avant la crise sanitaire, les ambitions pour ce Parc étaient d'un dimensionnement un peu plus grand. Forcément, la crise a réinterrogé les besoins et les usages sur ce type d'équipement. Nous revenons à une jauge un peu plus petite, mais c'est en fait une jauge différente, modulaire », précise Sarah Bellier, la directrice générale de l'EPA. Un PEC hybride - à la fois, lieu de congrès, de sport, d'agriculture urbaine ou incubateur - connecté parce qu'équipé de la 5G, d'un studio d'enregistrement et de captation ou encore de solutions s'appuyant sur la réalité augmentée ; connecté aussi avec celui qui constitue l'autre pilier et atout majeur du Grand Arénas, le pôle d'échanges multi-modal de Saint-Augustin, trait d'union avec l'aéroport Nice Côte d'Azur et les lignes de tramway.

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Eco-Vallée

Un urbanisme économe et « désirable »

Mais c'est bien la perspective de renforcer la dimension agricole et plus largement nature du territoire qui constitue le point d'orgue. Le Plan local d'urbanisme métropolitain (PLUm) a même été revu pour inscrire noir sur blanc un aménagement du territoire qui accentue tout ce qui relève du vert et du durable. Comme limiter l'urbanisation des collines et vallons alors que la perméabilisation des sols doit permettre d'atteindre l'objectif de zéro artificialisation nette sur le terrain de la Métropole. Évidemment, Nice Eco-Vallée y a sa part. Et l'identité du Grand Arénas, même si c'est un quartier d'affaires et que cela peut paraître contre-intuitif, c'est la nature. C'est cette vision que déploie François Leclercq, avec notamment la notion de sol capable. Comprendre agile. Adaptable. Plus léger, si l'on considère la densité, réduite, passée de 750.000 m2 de surface de plancher dans le projet initial, à 460.000 m2. De quoi donner naissance à un quartier d'affaires où on respire. Econome dans le bon sens du terme. On en revient d'ailleurs au PLUm qui accorde 1.100 hectares de zones agricoles supplémentaires. En parallèle, les opérations de désartificialisation des sols s'accompagnent d'une stratégie de réemploi des déchets, sur le schéma d'une d'économie circulaire affinée. Un point essentiel que souligne également Sarah Bellier. « La question est comment on arrive à réemployer toutes les terres, à réutiliser et à ne pas créer de nouveaux déchets ». Une vision qui semble produire ses effets en termes d'attractivité exogène et éveiller l'intérêt d'investisseurs nouveaux.

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