« La science, ce n’est pas un truc compliqué » (Sciences pour tous 06)

Vulgariser ou tout au moins contribuer à créer l’appétence envers une discipline souvent perçue comme complexe est le fondement de l’association basée à Sophia-Antipolis et créée par Patrick Navard, chercheur au CNRS. Si la forme prend celle de conférences grand public, l’idée est de démystifier, pousser à la réflexion et pourquoi pas, de susciter des vocations, notamment chez les jeunes et les filles, alors que le déficit de profils féminins dans la filière demeure intact.

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(Crédits : DR)

« Il n'y a pas que l'énergie, les dinosaures et les volcans », dit Patrick Navard, résumant en une phrase les images d'Epinal qui collent encore (trop) aux conférences scientifiques. C'est pourtant le biais qu'il a choisi, voici 3 ans, lorsqu'il fonde Science pour tous 06. L'idée : diffuser la culture scientifique, entre médiation et vulgarisation, le but étant d'éclairer sur des sujets aussi divers et variés que l'économie, l'histoire, les arts et les lettres, la sociologie ou la psychologie. Le champ des possibles est vaste. C'est bien ce qui fait tout son intérêt.



Rejoint par 75 autres chercheurs et enseignants chercheurs, ce directeur de recherche émérite au CNRS, par ailleurs spécialiste des polymères, veut surtout instruire, expliquer. Remarque - et le contexte Covid l'a clairement mis en évidence - une certaine défiance vis-à-vis de la science, « souvent vue comme un grand mal, comme une organisation qui serait contre les gens, et cette défiance est parfois aidée par certains scientifiques eux-mêmes. Le covid a mis en évidence que lorsqu'un nouveau problème surgit, il existe autant d'avis que de médecins. Il est tout à fait normal que les chercheurs ne soient pas d'accord ».

Une façon de remettre l'église au centre du village.

Lycées, milieu carcéral et l'ouverture d'esprit

Et il faut croire que le choix de « simples » conférences est le bon car l'appétence est là, 180 conférences ont ainsi été menées, itinérantes via 33 lieux. Environ 200 sont prévues pour se tenir en 2022.

Une montée en charge qui s'explique finalement par une approche du sujet simple mais large. Car Science pour tous 06 intervient aussi dans le milieu carcéral et a opté pour une diffusion de la connaissance qui n'ignore par l'arrière-pays. « Nous essayons d'irriguer l'ensemble du département ». « Nous amenons notre expérience de chercheurs, nous sommes capables de l'expliquer. Nous venons discuter de ce que nous connaissons. Cela reste accessible à des personnes ouvertes d'esprit ».

Si le milieu carcéral s'est rapproché de Science pour tous, c'est pour cela aussi pour des raisons d'insertion, mais aussi pour que les détenus puissent « avoir accès à autre chose, qui peut les mener sur une voie lorsqu'ils sortent de prison ». La science comme facteur d'intégration, d'acculturation et d'attractivité...

Conforter le regard sur la science

Car on le sait, la filière veut se féminiser, mais les plafonds de verre et autres limites sont encore bel et bien là.

C'est aussi le sens de l'intervention prévue dans les prochaines semaines au sein des lycées. Et Patrick Navard le souligne, « la demande est là ».

C'est ce « regard sur la science » que l'association promeut. La science, qui pour beaucoup, « est un truc compliqué ». Avant de briser les plafonds de verre, il faut peut-être revenir aux fondamentaux.

« Il faut être lucide et considérer qui vient nous voir. C'est peu les jeunes avant 35 ans, la majorité sont les plus de 50 ans ». L'agrément obtenu du rectorat pour intervenir dans les collèges et lycées répond bien à l'effort que l'on sent pousser d'un côté et de l'autre. Mais, regrette Philippe Navard, « nous ne touchons pas certaines populations ».

Quid de l'utilisation et de la force des réseaux sociaux ? Une bonne idée sur le papier. Mais Patrick Navard est sensé, cela est bien plus facile à dire qu'à faire... bien. « Le faire, mais le faire mal, cela ne sert à rien. Le faire bien exige du temps ». Et des compétences que l'association ne possède pas en interne, pour le moment. Reste le fondement philosophique... « Ma motivation est de montrer qu'il n'existe pas la science d'un côté et le reste de l'autre ».

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