La stratégie « optimiste » du CRT Côte d’Azur : l’exemple à suivre ?

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(Crédits : iStock)
Avec une feuille de route à tiroirs, des objectifs de faire encore mieux sur certains segments et d’innover sur d’autres, le Comité régional du tourisme azuréen, basé à Nice veut surtout donner un horizon et des points d’ancrage aux professionnels. Car l’enjeu demeure toujours l’attractivité…

Il est un peu un phare dans la tempête... Le Plan d'Actions Commerciales, autrement appelé PAC - comprendre la feuille de route pour les mois à venir - est toujours le plan qui donne le ton. Pour 2021, le ton est donc à l'optimisme. Pas celui, « béat » qui frôle la naïveté, mais un « optimisme de combat » et c'est David Lisnard, son président, qui le dit.

Un optimiste donc pour combattre l'adversité qui n'est pas tant les autres destinations concurrentes que les conséquences de la crise sanitaire et des confinements, pas bons pour l'événementiel, le tourisme d'affaires et tout ce qui va avec.

Plutôt que de rester attentiste, le CRT Côte d'Azur a donc mis en point une stratégie la plus agile possible, qui prévoit des scénarios à tiroir en quelque sorte, l'un se concentrant sur le marché domestique, l'autre sur le marché européen et le troisième, s'ouvrant à l'international.

Trois façons d'orienter une stratégie offensive, « de garder le cap », comme le dit Claire Béhar, la directrice générale du CRT Côte d'Azur.

Garder le cap, ça veut dire tirer des enseignements de l'été un peu alambiqué que le monde du tourisme à vécu. Où il en est ressorti des tendances, des marchés en proximité à continuer de séduire. Comme la Belgique ou la Suisse. « On s'en sortira mieux grâce à notre capacité à anticiper », pointe David Lisnard. L'enjeu, c'est « gagner des points de stabilité ».

L'opération menée avec Amadeus Sherpa a permis, en termes de randonnées, de générer du flux pour les professionnels de cette spécialité. Une satisfaction d'autant plus que la Côte d'Azur était territoire d'expérimentation.

Le marketing direct et l'aide apportée notamment aux hôteliers sur ce point précis est l'un des points centraux pour ce qui est de bien anticiper 2021.

Autre expérimentation qui va être approfondie, celle menée avec Le Bon Coin, une « plateforme française », comme le souligne Claire Béhar.

L'Europe oui, l'international aussi

« Nous avons les idées claires sur le marché français. Nous maintenons les activités digitales à l'international, avec l'appui d'Atout France », poursuit la directrice générale du CRT azuréen. Certes, c'est donc le marché européen de proximité, capable de rejoindre cette partie du Sud en voiture qui est prioritaire L'Allemagne, la Pologne, le Bénélux ou l'Italie donc. L'Angleterre, deuxième marché après l'Italie n'est pas à négliger. Et l'idée de créer des safe corridors entre les aéroports des destinations stratégiques - comme l'a évoqué David Lisnard - est tout à fait en capacité de rassurer. « Cela est à travailler avec Aéroports de la Côte d'Azur », mais aussi avec les exploitants d'autoroute.

Si la perspective d'une réouverture vers l'international est intégrée dans le Plan d'Actions, c'est parce que la clientèle nord-américaine se doit d'être chouchoutée, c'est elle qui fréquente plutôt la Côte d'Azur sur les ailes de saisons. Et quand on se souvient du + 16% de fréquentation américaine enregistrée entre septembre 2019 et décembre 2019 et quand on sait que des liaisons directes par avion relient Nice aux Etats-Unis, on comprend que le pays de l'Oncle Sam demeure dans les axes favoris. La Chine n'est pas davantage oubliée, pour l'heure l'opération séduction passant par les réseaux sociaux et les influenceurs.

« Le digital nous offre de la souplesse. Nous avons également appris à gérer les stop and go. Nous avons acquis de l'expérjence et des relations de confiance. Si nous restons un territoire tourné vers l'international, notre marché socle c'est le marché français ».

La marque, la marque, la marque... et le hashtag

Mais au-delà des marchés intéressés et intéressants, il y a ce qui distingue. En termes de stratégie de marque, la création de Côte d'Azur France et le hashtag qui l'accompagne ont engendré un réel mouvement d'appropriation. Et sans tenir compte de la communication que cela permet sur les réseaux sociaux, il y a tout l'appui qui est généré aux entreprises implantées sur le territoire. Une approche BtoB qui va aussi se peaufiner, notamment en capitalisant sur les entreprises ayant obtenu un licensing - elles sont 18 aujourd'hui à s'en prévaloir, de nouveaux entrants sont attendus pour 2021 - et en ciblant plus spécifiquement, commercialement, le marché UK alors que des corners vont être implantés un peu partout dans l'Hexagone. Pour les produits d'épicerie fine, ce sont les gestionnaires d'autoroutes et les délégataires de stations service qui seront sollicités.

Autre cible qui n'est pas à négliger, bien au contraire et le CRT azuréen l'a parfaitement identifiée, c'est celle des millenials et autres nouvelles générations, consommateurs d'éco-tourisme. « La fibre éco-tourisme est à travailler. A nous de proposer des hébergements insolites, de creuser les fils conducteurs ». L'accueil cet été de l'influenceur Bruno Maltor - qui a mis en avant une Côte d'Azur différente, loin des clichés - s'inscrit exactement dans cette vision. « Il est important de nous appuyer sur des influenceurs qui sont cautions. Même si c'est facile sur le marché français, plus difficile à l'étranger », note Claire Béhar.

Doté de 2,3 M€, voilà un PAC... d'attaque.

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