Roland Héguy : "Nos PME sont ébranlées"

À l'occasion du 61e congrès de l'Union des Métiers et des Industries de l'hôtellerie (UMIH), qui s'est tenu à Cannes du 26 au 28 novembre, Roland Héguy, le président de la confédération, a profité de la visite de la ministre de l'artisanat, du commerce et du tourisme Sylvia Pinel pour l?interpeller sur le taux de TVA, qui doit être relevé de 7 à 10 %.

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Vous êtes en colère et vous craignez ce que vous appelez "le plus grand plan social invisible".
Roland Héguy : Il y a un vrai mal-être dans notre secteur. Nos PME sont ébranlées : nous avons subi 30 taxes supplémentaires ces 3 dernières années. Les produits des matières premières ont augmenté de 20 %. Nous lançons un vrai cri d'alarme. Notre profession représente 7 % du PIB de l'Hexagone. Elle apporte plus à l'État que l'aéronautique. Le tourisme est un levier naturel en France. En Europe, les pays les plus en danger ont parié sur le tourisme et ils sont en train de relever la tête. 5 % de touristes supplémentaires sont attendus dans les prochaines années. La question est que faire pour donner envie aux touristes de venir ? Des dizaines de milliers d'entrepreneurs du secteur CHRD (Cafetiers, Hôteliers, Restaurateurs, Monde de la nuit) se demandent combien de temps ils vont encore tenir avant de mettre la clé sous la porte.

Vous avez demandé à Sylvia Pinel de ne pas faire basculer la TVA de 7 à 10 %. Elle a refusé.
R.H. :
Nous attendions d'autres réponses. Le gouvernement s'intéresse à l'emploi ! Plus de 220 000 postes annuels sont à pourvoir dans nos métiers. Le secteur réalise un chiffre d'affaires de 80 Md€. Nous allons consulter les différentes branches pour décider des actions à mener dans les prochains jours.

Vous dénoncez par ailleurs les pratiques des centrales de réservation, notamment le pourcentage des commissions reversées - jusqu'à 25 % du prix de la chambre - et le fait que les clauses des contrats empêchent l'hôtelier de fixer sa propre politique commerciale.
R.H.
: En effet, les centrales obligent dans leurs contrats à ce que l'hôtelier ne propose pas la chambre à un prix inférieur à celui affiché par ces sites de réservation. De même, il doit réserver à ces centrales les dernières chambres disponibles. Les petits hôtels sont dans la main de ces centrales. Demain, ils peuvent être coupés du système et seront alors incapables de se commercialiser tous seuls. Il faut bien lire les clauses. Avec les centrales de réservation, nous n'avons plus les clés du camion de nos entreprises.

Propos recueillis par L. BOTTERO


Photo : Roland Héguy, le président de l'UMIH

©amet

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