La place portuaire alerte sur le nécessaire réaménagement des bassins Est de Marseille-Fos

L’Union maritime et fluviale de Marseille Fos demande depuis plusieurs années de réorganiser les espaces dédiés à l’accueil des rouliers dans la rade de Marseille qu’elle juge aujourd’hui plus adaptés au marché. Une UMF volontariste qui présente une étude et les options qu’elle attend.

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(Crédits : DR)

L'enjeu peut paraître abstrait, pourtant il pourrait bien décider de l'avenir industriel des bassins Est, c'est-à-dire ceux à Marseille. C'est en tout cas ce qu'assure Alain Mistre, le président de l'union maritime et fluviale de Marseille-Fos (UMF) l'association qui réunit les acteurs de la place portuaire. « Le risque c'est d'avoir de la casse sociale », prévient-il en rappelant au passage que cela concerne 17 000 emplois.

En cause, la disposition de ces fameux bassins. Plusieurs sujets se mélangeant, d'abord sur la navigation entre les bassins. Pour résumer, il existe une entrée par le sud et une part le nord, mais il est impossible tous les traverser en une fois ce qui limite la taille des bateaux car ils ne peuvent pas faire demi-tour. Or, les navires deviennent de plus en plus grands.

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Ensuite la disposition des quais, notamment sur la partie du môle de l'abattoir et du môle A où « il n'y a pas de tirant d'eau et les quais sont trop petit donc on ne peut pas y faire grand-chose » détaille Jean-Philippe Salducci, président du syndicat des pilotes de Marseille-Fos. De l'espace de perdu donc. Depuis des années maintenant, l'UMF réclame au grand port maritime (GPMM) des réaménagements « inscrits dans le projet stratégique 2014-2018 » rappelle l'association.

Bassin Est aménagement

Traverser les bassins

Pour appuyer son propos, l'UMF présente cette fois une étude menée par l'Institut supérieur d'économie maritime (Isemar) sur « les besoins de développement roulier ». Ce dernier, qui se caractérisent par un chargement et déchargement par des rampes d'accès en roulant, représentent près de la moitié de l'activité de ces bassins. Le document de près de 50 pages, transmis aux différentes collectivités et acteurs économiques du territoire, note la progression attendue de certains trafics notamment du Maghreb ou en Turquie.

Surtout, l'étude schématise et chiffre les attentes de l'UMF. D'abord, la possibilité de traverser les bassins du Sud vers le Nord ou l'inverse. Cela passe par la suppression du pont d'Arenc et du tenon situé au niveau de la digue. « Cela permettra en plus d'accueillir des navires de 200 mètres sur le quai du Maroc car aujourd'hui la limite à 180 mètres car c'est le maximum pour qu'il puisse faire de demi-tour », détaille Jean-Philippe Salducci. L'opération signifierait donc que la digue ne serait accessible que depuis le pont Pinède. Un chantier chiffrait à 30 millions d'euros.

Quai du Maroc

Aménagement et offre ferroviaire

L'UMF présente ensuite trois options pour un réaménagement du bassin d'Arenc. « Cela peut être phasé », précise Marc Reverchon, président de la Méridionale. La première solution, la moins onéreuse, est chiffrée à 30 millions d'euros et permet d'accueillir quatre navires de 200 mètres dans des conditions météorologiques idéals. Sinon, il n'y a de la place que pour trois. Les deux autres propositions n'ont pas de tarifs.

Bassins Arenc options

« L'élargissement de la passe Nord pour les croisiéristes avait coûté 37 millions d'euros », rappelle Marc Reverchon. Ce dernier n'exclut pas que les armateurs participent au financement comme cela avait été le cas pour la passe Nord via un droit de port plus élevé pendant plusieurs années.

A cela s'ajoute une réorganisation des terminaux et surtout une modernisation de l'accès des trains. Un point sur lequel tous les acteurs portuaires sont d'accord, sans des infrastructures ferroviaires de qualité le report modal et le développement du trafic, en particulier roulier, est quasi-impossible. « Sans train, ce n'est même pas la peine d'aménagée les bassins », tranche Alain Mistre.  Si le constat est unanime, le chantier est lui difficile en mettre en œuvre et il mêle l'Etat, la SNCF et le GPMM. « On ne nous propose que deux trains par jour jusqu'en 2027 et une autoroute ferroviaire (ndlr : pour le trafic de remorque) qu'en 2031 », s'agace Marc Reverchon. L'UMF a sollicité le préfet pour réduire ces délais. L'avenir industriel des bassins Est se joue bien dès aujourd'hui.

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