Ce que Natura’Lub peut apporter au Lubéron

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(Crédits : DR)
ENQUÊTE - Episode 2 - Lieu de synergie pour les entreprises de la naturalité, la zone d’activité nouvellement créée donne au territoire l’espoir d’un nouveau souffle après deux décennies de pénurie de foncier. Dans un bassin marqué par un fort taux de chômage, il doit permettre de créer plus d’un millier d’emplois.

« Depuis vingt ans, on n'a pas pu sortir un mètre carré de foncier économique. Ces 46 hectares sont un vrai appel d'air qui va servir à développer le territoire et ses entreprises », se réjouit Jean-Tritenne, en charge du développement économique de l'agglomération Lubéron Monts du Vaucluse. Le projet Natura'Lub est pour lui un soulagement, dans un département marqué par un chômage élevé (11,1 % en 2020 selon l'Insee, soit 3 points de plus que la moyenne nationale) et un taux de pauvreté de 20 %.

Sur le plan économique, l'agglomération a connu ces dernières décennies une perte d'attractivité liée à un contexte foncier difficile.

Libérer du foncier

Dans les années 2000, 120 hectares de terres agricoles sont en friche au sud de Cavaillon. Leur emplacement est particulièrement intéressant. Elles sont à deux minutes de l'autoroute A7. Les gares d'Avignon et d'Aix-en-Provence sont facilement accessibles, de même que l'aéroport de Marseille Provence. S'ajoute à cela la proximité à bon nombre de transporteurs et au MIN de Cavaillon.

Pour les collectivités locales, ces terres pourraient servir donc à répondre au besoin de foncier des entreprises locales qui peinent à s'agrandir faute de place. Sauf qu'elles font l'objet d'un Plan de prévention des risques d'inondation à cause du danger de crue que présente la Durance. Rien ne peut y être construit. « Ce manque de foncier économique nous a fait perdre beaucoup d'entreprises comme Biocoop qui est née ici et a dû partir pour pouvoir se développer », regrette Jean Tritenne.

Pour tenter de se défaire de cette contrainte, les pouvoirs publics décident de construire une digue sur la commune de Cheval Blanc, limitrophe à Cavaillon et bordée par la Durance. L'infrastructure est inaugurée en 2018. C'est un édifice assez imposant de 3 km de long qui met en sécurité les 7000 habitants de Cavaillon et Cheval Blanc. Et permet de revoir le PPRI, rendant constructibles les 120 hectares qui ne l'étaient pas.

L'espace est divisé en trois zones, dont 46 hectares sont aménagés dans le cadre du projet de zone d'activité dédiée à la naturalité, Natura'Lub. Le reste viendra plus tard.

Ajouter la pièce manquante au puzzle : les transformateurs

Si Natura'Lub est pensée comme un lieu de synergie pour les entreprises jouant la carte de la naturalité (voir article précédent), l'enjeu est aussi de compléter cette filière. Les agriculteurs et les transporteurs sont déjà très présents sur le territoire. « Ce qu'il nous manque, ce sont des transformateurs qui apportent une plus-value aux fruits et légumes en fabriquant des produits finis comme des jus ou des soupes », assure Jean Tritenne. Et ce, dans une logique de circuit court de plus en plus plébiscitée par les entreprises et leurs clients. « Tout pourrait être fait dans un rayon de 50 à 100 kilomètres ».

Les entreprises visées sont donc essentiellement des TPE et PME qui s'inscriraient dans cette transformation de produits, mais aussi des équipementiers qui fabriquent des unités de production et des machines agroalimentaires, ou encore de l'emballage. Il s'agit de favoriser le développement de sociétés déjà présentes sur le territoire, d'en attirer de nouvelles - « Des leaders européens se positionnent sur la zone »- mais aussi d'en créer.

« Natura'Lub doit être un lieu qui permet à des entreprises de se tester et de se développer avant de se lancer. Nous voulons créer un parcours résidentiel de l'entreprise ». Avec un accompagnement proposé par l'agglomération.

1.600 emplois prévus sur le site

Derrière ces enjeux de développement économique, l'ambition est d'offrir de l'emploi à la population locale. A terme, Natura'Lub devrait en accueillir 1.600 dont 70 % seraient des créations (les 30 % restant étant des déplacements). L'agglomération assure veiller à ce que les entreprises qui s'installent offrent suffisamment de garanties quant à la qualité de ces emplois, qui doivent par ailleurs répondre à tous les besoins et niveaux de qualification. « Il y a aura des postes allant de préparateur de commandes à cadre. Nous travaillerons avec Pôle Emploi et la Mission locale pour aider les salariés à monter en compétence ». Des organismes de formation privés spécialisés dans l'agroalimentaire devraient aussi être impliqués.

« On aimerait aussi jouer la complémentarité avec tout ce qui se passe à Avignon en matière de formations autour de l'agroalimentaire avec l'école Isara ou le campus 3A [pour agroscience, agroalimentaire et alimentation, ndlr]. Là-bas, il y a une vraie structuration qui se met en place. On aimerait en bénéficier ».

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