Les ambitions de Natura’lub, le parc dédié à l’économie de la naturalité

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(Crédits : DR)
ENQUÊTE - Episode 1 - A quelques battements d’aile du centre-ville de Cavaillon, 46 hectares de terres agricoles en friche verront prochainement naître une zone d’activité dédiée aux entreprises de la naturalité, Natura’lub. Destinée à favoriser les synergies entre elles, elle a aussi vocation à s’intégrer au mieux dans le paysage en se montrant exemplaire en matière environnementale.

Les spécialistes du bio Biocoop, Relais vert et Pronatura y sont nés. AromaZone y réalise une part considérable de sa production et de sa recherche. Sans parler des entreprises plus jeunes mais non moins prometteuses telles que Kookabarra qui officie dans le secteur des jus de fruits.

Le Vaucluse est une terre fertile pour les producteurs et pour les sociétés ayant à cœur de valoriser les produits maraîchers. « Ce qui a fait la réussite de Cavaillon, c'est son agriculture de qualité et sa capacité à en faire profiter d'autres bassins de vie via les transporteurs », assure Jean Tritenne, chargé de développement économique de l'agglomération Lubéron Monts de Vaucluse.

D'une économie marginale où l'offre suscitait la demande, le marché de la naturalité est passé, selon lui, à une « économie de la demande », portée par la volonté des consommateurs de s'approvisionner d'une manière plus respectueuse de la santé et de l'environnement, privilégiant autant que possible le bio et le local. Et ce, qu'il s'agisse d'alimentation, de cosmétiques ou bien encore de compléments alimentaires.

Créer des synergies entre les entreprises

Consciente de ce potentiel, l'agglomération a souhaité soutenir les entreprises de ce secteur et gagner en attractivité en se dotant d'une zone d'activité dédiée. Dénommé Natura'Lub, le projet concerne 46 hectares de terres au sud de Cavaillon.

Au terme d'un appel d'offre, l'aménagement est confié à Faubourg Promotion, promoteur spécialisé dans l'immobilier économique, intégré au groupe Idec.

Sa mission : « offrir au territoire un lieu capable de revitaliser son économie et de donner plus de sens à l'entrée de ville », synthétise Gaëlle Nicaise, responsable d'aménagement chez Faubourg Promotion.

Pour offrir ce dynamisme au territoire, Faubourg Promotion veille à concevoir sur le parc des espaces propices aux synergies entre acteurs économiques. « Nous avons mis en place un pôle de vie qui regroupe des services mutualisés comme une salle de travail partagée, une salle de conférence, des terrains de tennis et autres lieux de rencontres. Avec l'agglomération, nous avions à cœur de ne pas nous focaliser uniquement sur l'aménagement, mais aussi sur le cadre de vie après ».

Innovation verte

Mais au-delà de cette synergie, l'agglomération souhaite que le projet soit exemplaire en matière d'environnement. Car le Lubéron est aussi une terre de tourisme, il n'est donc pas question d'enlaidir le paysage. Par ailleurs, les entreprises, par éthique ou pour être en phase avec les attentes du marché, sont de plus en plus sensibles à ces questions. Il faut s'inscrire dans ces tendances pour les attirer.

Ainsi, sur le plan de l'énergie, le projet envisage un mix énergétique qui concilierait géothermie, panneaux photovoltaïque et éolienne. « On couplerait et combinerait ces trois énergies », explique Gaëlle Nicaise. En matière de transport, « toutes les voiries seront accompagnées de pistes cyclables connectées à ce qui pourra l'être à l'extérieur du parc. Nous aurons aussi une desserte pour les transports en commun qui irrigueront la zone ». Est également dans les tuyaux une station d'épuration intégrée à la ZAC. Celle-ci fonctionnerait avec un process de phytorémédiation. S'ajoute à cela une volonté de végétaliser pour une continuité paysagère et la préservation de la biodiversité.

Ce travail en faveur du respect de l'environnement a valu au projet l'obtention d'un label Ecoparc destiné à encourager et accompagner les collectivités et les aménageurs (publics ou privés) dans la réalisation de programmes plus vertueux avec une intégration environnementale poussée.

2021, année de la préparation des chantiers et de la commercialisation

Mais innover en matière écologique peut s'avérer chronophage, d'autant que les réglementations se font au fil des évolutions sociétales et ont parfois un peu de retard par rapport à ce type de projets « Pour ce qui est du mix énergétique, il a fallu bousculer un peu la réglementation de l'Ademe et de la Région ce qui a pris du temps ».

En 2019, l'agglomération avait communiqué sur un petit nombre d'entreprises désireuses de s'installer dans le parc. Certaines expliquent aujourd'hui avoir renoncé en raison de la longueur des démarches. Les premiers chantiers étaient annoncés à l'automne 2019, ils n'ont finalement pas encore commencé.

Mais les choses semblent désormais se concrétiser. « La procédure publique de zone d'aménagement concertée a été menée par l'agglomération qui a approuvé le dossier fin 2020 », assure Gaëlle Nicaise. « Cette année, on devrait préparer la mise en chantier et les travaux tout en commercialisant la zone en parallèle ». Une quinzaine de lots est prévue, chacun comprenant un ou deux bâtiments qui hébergerait une ou plusieurs entreprises. Soit 145 000 mètres carrés constructibles.

Les dépôts de permis devraient être possibles dès cette année ou en 2022. Puis « l'aménagement et la construction devraient s'étaler au moins sur cinq ans ».

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