Alexandre Contencin : « La raison d’être devrait être considéré comme un actif de l’entreprise »

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(Crédits : DR)
Il se rêvait commissaire-priseur. Il s’est finalement tourné vers la communication. Il aura fallu que sa petite entreprise connaisse une crise de croissance pour que la rentabilité et le volume laissent la place au pourquoi. Se poser les bonnes questions, c’est aussi dessiner un cap à conserver. A la tête du Digital Art Club, créé à Marseille, il promeut l’art numérique. Et les deux sujets ont absolument à voir l’un avec l’autre.

Armé d'un doctorat de droit, Alexandre Contencin se voyait bien commissaire-priseur. Pourtant, à la fac c'est l'entreprenariat qui le rattrape. Il crée une première entreprise - « on ne disait pas encore startup » souligne-t-il - qui se fait suffisamment remarquer pour connaître son heure de gloire sur BFM et susciter l'envie concrète des investisseurs. Et se faire racheter... Voilà commence la vie professionnelle d'Alexandre Contencin.

Etudes terminées, ce n'est toujours pas vers les salles de vente qu'il se tourne mais vers l'immobilier. Nous sommes en 2003 et il crée une agence de marketing consacrée aux programmes neufs. Puis l'agence pivote et devient conseil en stratégie en 2010. Marsatwork grandit, est reconnue par ses pairs...

Crise de foi

Jusqu'à l'année 2015, où la PME marseillaise connaît ce que connaissent beaucoup d'entreprises pour qui tout va bien : la crise de croissance. « Nous avons enchaîné les erreurs », raconte Alexandre Contencin. L'effectif se réduit. Et le tout emmène forcément à réfléchir. Et à se demander « pourquoi on faisait ce que l'on faisait ». Le constat qui est dressé est clair : « nous avions grandi de façon opportuniste ». Mais la réflexion est salvatrice à plus d'un point. « Mettre l'entreprise au pli à permis de dénouer la dialogue social », dit par exemple Alexandre Contencin.

S'interroger, acte salvateur

2016 signe la mutation de Marsatwork. « Nous avons reformaté nos offres, pour donner un nom et des livrables qui découlent de la raison d'être ». Et Alexandre Contencin de rajouter ce qui devrait être le leitmotiv de toute société : « la personne morale est l'agrégat des personnalités des personnes qui composent l'entreprise ». Plus globalement, « la raison d'être devrait être considérée comme un actif ».

C'est aussi dit-il le point de départ d'une politique RSE, où « le financier et le RH sont impliqués ». Et le point commun avec les arts numériques c'est que c'est une autre façon de donner du sens à ce mot - « numérique » - mis à toutes les sauces et dont on aurait tendance à oublier l'impact au quotidien. « Une entreprise ne peut plus faire de business sans numérique. On réalise tardivement, de manière insidieuse la façon dont il influence nos usages. On a abdiqué avec notre liberté pour du confort ».

Pas le énième club business

L'art est pour cela un excellent moyen de mesurer tout cela. Ainsi naît le Digital Art Club en 2019, pas « le énième club business ou le énième club mécène, mais un club qui a une personnalité ». C'est un club qui doit permettre la construction d'une culture commune à tous. C'est permettre « aux entreprises d'interagir avec des artistes, de soutenir la marque, de faire du business... » Seize entreprises du territoire ont embarqué dans l'aventure. Pour Alexandre Contencin, le Digital Art Club « est un outil d'attractivité territorial. Je fais du bien à mon territoire donc je fais du bien à mon business ». Sa volonté est de sortir les arts numériques du registre de l'art confidentiel. « L'art numérique est très large, il peut s'adresser à des profanes et leur « parler » immédiatement. Un travail d'évangélisation reste à mener ». D'ici 5 ans, il aimerait bien avoir réussi à réunir « 50 membres, des personnes avec des convictions. L'art numérique est un art exportable, c'est un art urbain ». Sujet à réflexions.

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