Le producteur d’hydrogène vert Hy2Gen entre en phase de concrétisation

Grâce à la levée de fonds de 200 millions d’euros conclue en début d’année, le groupe allemand spécialisé dans le développement et l’exploitation de sites de production d’hydrogène vert et de biocarburants sécurise le financement de ses premiers projets, dont deux sont basés en France, à Signes dans le Var et à Gardanne dans les Bouches-du-Rhône. Les premières molécules d’hydrogène bas carbone made in Sud sont attendues pour 2023.

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(Crédits : iStock)

Les premières molécules d'hydrogène vert produites par Hy2Gen seront varoises. C'est en effet sur le Plateau de Signes, dans le Var, que le producteur d'hydrogène bas carbone par électrolyse, né en 2017 en Allemagne, devrait concrétiser son premier projet. Baptisé Sunrhyse, et partie prenante de l'écosystème HynoVar, lauréat de l'appel à projets "Ecosystèmes territoriaux hydrogène" de l'Ademe, celui-ci vise à produire dans un premier temps entre 800 kilos et 2 tonnes d'hydrogène vert par jour afin d'alimenter différents types d'usages locaux tels que la mobilité, la production d'électricité verte dédiée à l'électrification des quais ou encore le remplacement des groupes électrogènes carbonés utilisés sur les chantiers ou dans l'événementiel.

Douze gigawatts en développement

"Le permis de construire a été déposé et les premiers équipements commandés. Nous devrions passer en phase construction au cours du deuxième semestre 2022 pour une mise en production programmée en 2023. Après, il s'agira de faire monter en puissance nos installations aux alentours de 30 MW pour répondre aux besoins liés au transport routier et maritime", détaille Cyril Dufau-Sansot. Cofondateur de Hy2Gen, il dirige la filiale française du groupe basée à Aix-en-Provence. Laquelle porte deux des sept projets les plus avancés de Hy2Gen qui, pour les mettre en musique, a levé en début d'année 200 millions d'euros auprès des fonds Hy24 et Mirova, la Caisse de dépôt et placement du Québec et Technip Energies. Au total, ils représentent une capacité de 12 GW en développement (soit la puissance moyenne électrique consommée de la Norvège en 1998).

Servir les besoins de l'aérien et du maritime

Si le site de Signes va mobiliser une enveloppe globale de 70 millions d'euros, dont 15 millions d'euros pour la première phase, celui de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, s'avère bien plus conséquent : environ 460 millions d'euros. Il faut dire que le projet varois, qui vise à alimenter les besoins locaux, fait exception au modèle du groupe allemand. Celui-ci consiste à produire de l'hydrogène vert à grande échelle pour le convertir en commodités, comprendre biocarburants, afin de profiter de débouchés plus larges. En particulier ceux liés au transport aérien et maritime portés par l'évolution de la réglementation qui prévoit, par exemple, la substitution du kérosène fossile par des biocarburants de 2% en 2025, de 5% en 2030. "Dans le cadre de Gardanne, nous allons produire du biokérosène et/ou du biodiésel à hauteur de 60 000 litres par jour, ce qui correspond à quasiment 10% de la consommation de l'aéroport Marseille Provence", précise le dirigeant. Baptisé Hynovera, ce projet s'intègre dans le Pacte pour la transition écologique et industrielle du territoire de Gardanne-Meyreuil, et devrait être opérationnel début 2027. Les études préliminaires sont aujourd'hui lancées.

Course à l'échalote

"Nous travaillons à répliquer ces projets sur d'autres sites en France", reprend Cyril Dufau-Sansot. Qui constate, en ce moment, une sorte de "course à l'échalote" face "aux besoins énergétiques de plus en plus importants" que la prise de conscience climatique d'une part, la guerre en Ukraine et son corollaire sur la nécessaire réduction de la dépendance au gaz et pétrole russe de l'autre, ont accéléré. "L'explosion des coûts énergétiques rendent des modèles d'affaires fossiles obsolètes et caduques comme celui des fertilisants par exemple où l'hydrogène vert devient plus rentable que l'hydrogène produit à partir de sources fossiles. De nouvelles opportunités de marché se concrétisent". Ajoutez à cela les feuilles de routes environnementales des Etats, avec des grosses enveloppes à la clé, et l'on comprend l'engouement suscité par le marché de l'hydrogène bas carbone. Toutefois, prévient le dirigeant, "s'il y a de la place pour la compétition, il y a des barrières à l'entrée, ne serait-ce qu'en termes d'équipements. Les fabricants d'électrolyseurs par exemple ne sont pas forcément capables de fournir la demande. Ils doivent d'abord faire monter en puissance leur capacité de production. En attendant, ce sont les plus avancés qui sont les mieux servis". Hy2Gen veut être de ceux-là.

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