Edukare, l’appli qui conseille sur le financement des études supérieures

Installée près de Marseille, la startup a conçu une application permettant aux familles d’obtenir en quelques clics un plan de financement pour les études supérieures de leurs enfants. Le mois prochain, une première version à destination des écoles doit voir le jour. Premier pas avant une seconde qui ciblera directement le grand public.

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(Crédits : DR)

S'il est un choix crucial dans une vie, c'est bien celui des études supérieures. Lycée public ou privé ? Université ? École de commerce ? Si le public garde l'avantage, les établissements privés sont de plus en plus plébiscités. On estime ainsi qu'ils représentent 21 % des parts de marché. Un marché chiffré à 2,8 millions d'étudiants en France.

Mais le privé a un coût, qui tend à augmenter depuis plusieurs années, se situant en moyenne dans une fourchette allant de 4.000 à 9.5000 euros par an. Des frais d'inscription auxquels il faut ajouter le logement et les diverses charges qu'exige la vie quotidienne de l'étudiant.

Pour les familles qui ne sont pas en mesure de débourser ces sommes, le prêt étudiant apparaît comme une solution de moins en moins taboue. 13 % des étudiants en auraient souscrit un. Et cette part augmente au fil des années. L'épidémie de covid-19, du fait de la difficulté à trouver un emploi étudiant, a amplifié ce phénomène.

Un besoin de financement difficile à évaluer pour les familles

Alors qu'il dirige l'école d'informatique Epitech, située à Marseille, Fabien Reynaud, est fréquemment au contact de familles qui se posent des questions sur le financement des études. « Pour elles, il est difficile de mesurer le coût réel d'un projet d'étude. Et elles ont besoin d'être rassurer quant à l'intérêt de s'endetter ». Des familles souvent mal outillées, d'autant qu'il n'existe, de l'avis de Fabien Reynaud, « aucun comparateur de prêt étudiant ». Quant aux diverses aides que les écoles proposent aux étudiants en fonction de leur situation sociale, difficile d'en avoir un aperçu global. Il décide alors de créer une application offrant un service d'aide au financement, pour aiguiller ces familles. Sa cible, ce sont en premier lieu les écoles.

Celles-ci commencent par y configurer des parcours, précisant quelles sont les perspectives d'insertion et de salaire en fonction du type de formation et du niveau de diplôme. Elles renseignent également les différents dispositifs et aides qu'elles proposent. « Ensuite, la famille peut réaliser une simulation et obtenir un plan de financement qu'elle peut soumettre à une banque ». Une manière de « fluidifier l'environnement financier », résume l'entrepreneur.

Des écoles soucieuses d'attirer de nouveaux profils

Une première version de l'outil, à destination des écoles, devrait être lancée officiellement le 1er octobre prochain. « Nous avons déjà deux écoles partenaires ». Pour ces écoles qui s'abonnent à l'outil, l'enjeu est de montrer leur engagement en faveur de l'inclusion, mais aussi d'attirer dans des secteurs en tension comme l'hôtellerie-restauration, l'informatique ou le bâtiment, en élargissant le spectre de talents recrutables.

Une fois ce premier lancement effectué, un second est prévu en janvier, cette fois à destination du grand public. Les familles pourront alors bénéficier de l'application sans passer par les écoles. « En fonction de la formation visée et du profil académique du jeune, on pourra réaliser un plan de financement. Si on ne dispose pas des données d'employabilité d'une école, on pourra alors les lui demander ». Cette version tout public constitue en fait une manière de taper plus largement aux portes des établissements pour qu'elles soient incitées à s'abonner.

Un outil pour des banques soucieuses de recruter et fidéliser les jeunes

Autre acteur essentiel du dispositif : les banques, deuxième pilier du modèle économique de l'application (avec les écoles). Edukare leur permet, grâce au panel d'informations qu'il regroupe, de réduire la prise de risque lorsqu'elles doivent accepter ou non un prêt étudiant. « En partenariat avec elles, on peut mettre en place des prêts talents, c'est-à-dire qu'un jeune sans caution peut obtenir un prêt une fois qu'il a réussi sa première année d'étude ».

« Sur les banques, on est en train d'avancer. Nous sommes en contact avec deux établissements ». Pour étoffer son réseau, Fabien Reynaud envisage d'intégrer à l'entreprise un associé issu du domaine des fintech, qui disposerait d'un réseau auprès des banques. D'autant que le potentiel est là : les banques cherchent à capter les jeunes, et le prêt étudiant est un levier. « Les jeunes représentent 40 % des ouvertures de comptes. Et un prêt permet de les fidéliser pendant 10 ans ».

Quid du risque de voir, comme aux États-Unis, l'endettement monter en flèche et former une inquiétante bulle spéculative ? « Il faut veiller à ce que l'endettement porte sur un projet d'étude solide. Dans ce cas, l'endettement est une bonne chose ». Et la startup assure mettre la pédagogie au cœur de son offre. « Avec les familles, on travaille beaucoup sur la soutenabilité du prêt. On les conseille et on peut retravailler le dossier si besoin ».

Parmi ses axes de travail à moyen terme : l'international, pour calculer le coût d'une année de césure à l'étranger ou pour des étudiants étrangers qui intégreraient une école française. Elle cherche également des systèmes d'assurance pour les prêts sans garant, ce qui pourrait passer par le mécénat.

En 2022, la startup vise un chiffre d'affaires de 50.000 euros, puis 300.000 euros l'année suivante.

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