L’INRIA Sophia-Antipolis et ExactCure feront-ils la preuve de concept du jumeau numérique ?

Embarqués ensemble dans un programme européen baptisé SimCardioTest, l’Institut national de recherche et la startup basée à Nice vont travailler de concert, durant 4 ans, afin de prouver l’efficacité des simulations de dispositifs cardiaques et de médicaments. Le but étant d’en démontrer l’efficacité et de passer rapidement à la phase industrielle. Le tout est financé à hauteur de 8 M€.

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(Crédits : © INRIA / ASCLEPIOS)

L'enjeu est multiple, les acteurs embarqués - 10, de 7 pays différents - aussi. C'est d'ailleurs cette taille internationale qui donne toute la saveur au projet. L'objectif à atteindre aussi. SimCardioTest, né du programme européen H2020, a en effet un but, permettre à la simulation informatique de devenir un outil du quotidien pour tout ce qui concerne le test de médicaments et de dispositifs médicaux.

Et pour atteindre ce but, c'est un organe particulier qui va en être le centre : le cœur.

Accélérer la recherche, réduire les coûts

Le fond du sujet c'est le gain de temps et d'argent avec un filigrane la capacité à permettre une recherche plus simple, plus rapide et donc moins coûteuse pour ce qui concerne les nouveaux médicaments et les dispositifs qui adressent les maladies cardiovasculaires. Sachant que ces maladies demeurent la première cause de décès dans le monde. En Europe, par exemple, 15 millions de personnes vivent avec une insuffisance cardiaque. Et que malgré les investissements consentis, le nombre de nouveaux médicaments demeure stable.

SimCardioTest va s'arrêter à trois études de cas dont la prévention des accidents cardiovasculaires et la modélisation de l'interaction entre les médicaments et les cellules de l'organe, dans des conditions à la fois normales et pathologiques.

C'est précisément sur ce cas qu'ExactCure intervient, armé de son expertise sur le jumeau numérique. Pour rappel, la startup basée à Nice, est spécialisée dans le double numérique. « Nous insérons notre technologie dans un programme où chaque partenaire est disruptif », s'enthousiasme Frédéric Astic, l'un de co-fondateurs et dirigeants de la jeune entreprise qui prévoit l'embauche de 3 personnes pour travailler sur ce programme.

Unis dans le projet, 10 partenaires, de la startup à l'industriel. Car l'enjeu n'est pas uniquement de démontrer que la simulation informatique fonctionne, mais qu'elle capable d'aller sur le marché commercial et donc de passer rapidement en phase d'industrialisation.

Et c'est là l'avantage de réunir des compétences diverses. Comme le souligne Maxime Sermesant, spécialiste en imagerie médicale au sein de l'INRIA Sophia-Antipolis et qui travaille sur la modélisation du cœur, l'apport de la startup italienne InsilicoTrial par exemple, va être de permettre le développement d'une plateforme sur le cloud afin que les outils qui seront développés suite à ce programme soient exploitables pour les entreprises.

Le choix de la part de l'Union Européenne de lancer un programme qui concerne le cœur n'est pas anodin. Il est aussi question de compétitivité. « L'Europe est en avance sur la simulation cardiaque car elle a déjà travaillé sur des thèmes similaires », explique encore Maxime Sermesant.

Quel calendrier ?

Quatre années, c'est long et court à la fois, surtout en termes de recherche. « Les deux premières années seront consacrées à la mise en place des modèles et la calibration », détaille Maxime Sermesant. « Ensuite viendront les essais cliniques », essais que l'on appelle ici in-silico puisqu'ils se font à base de données. Des données qui ont été précédemment collectées à des fins médicales et qui sont anonymisées et pseudonomysées.

La dernière année du programme sera dédiée au travail avec les divers organismes de certification, du marquage CE à la Food and Drug Administration. Le but étant là encore d'aider à la mise sur le marché.

En termes de commercialisation, sont visés autant les fabricants de pacemakers que les médecins. Car comme le souligne Fabien Astic, si le terme jumeau numérique a tendance à provoquer chez les non-initiés un effet wahou, les professionnels eux, ont besoin d'être certains que l'investissement réalisé leur permettra de dégager un ROI. SimCardioTest est financé à 100% par l'Europe, à hauteur de 8 M€. Reste désormais à faire d'un POC une réalité médicale et industrielle.

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