Comment Areco poursuit sa politique d’innovation

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(Crédits : DR)
Installée à Grasse, la PME s’est imposée sur le marché de la nébulisation qui permet de mieux conserver les produits frais. Si elle s’adresse surtout à la grande distribution, elle s’intéresse aussi à l’industrie qui exige une plus grande technicité. Mais l’innovation ne s’arrête pas aux produits, elle concerne aussi la manière de communiquer auprès des clients de ses clients : les consommateurs finaux.

10% de son chiffre d'affaire, six salariés dédiés à temps plein à la recherche et développement ; l'innovation est au cœur de la stratégie d'Areco qui y consacre une bonne partie de ses moyens.

L'innovation, c'est même la matière première de la PME née en 1998 pour mettre à profit de la filière agro-alimentaire la technologie de nébulisation développée par la société IMRA Europe (groupe Toyota). Celle-ci consiste répandre dans un environnement de fines gouttelettes d'eau. À ne pas confondre avec la brumisation qui émet des gouttes plus grossières au moyen de buses.

Lorsque Michel Gschwind crée l'entreprise, il vise dans un premier temps les secteurs de la fromagerie et du vin, des productions qui nécessitent un certain niveau d'humidité dans l'air. La nébulisation leur permet une conservation optimisée des produits en même temps qu'un contrôle plus aisé. Et c'est dans une fromagerie que Michel Gschwind fait la connaissance d'un fournisseur de Grand Frais, lui ouvrant les portes de ce nouveau client qui accélérera considérablement le développement d'Areco.

Après s'être focalisée sur la grande distribution, la PME vise l'industrie

La société grassoise choisit alors de se focaliser sur les grandes et moyennes surfaces. « Aujourd'hui, on est présent dans toutes les enseignes », assure Michel Gschwind. Via la nébulisation, très utile pour les légumes feuillus, mais pas seulement. « On utilise aussi la technique de froid contact où les produits sont posés sur une plaque refroidissante ». L'entreprise a ainsi développé une série de technologies lui permettant de se positionner à tous les niveaux de la chaîne de valeur des produits frais.

Et l'entrepreneur ne s'arrête pas aux produits frais. Avec son groupe Arfitec, englobant Areco et BRO, un concurrent qui a été racheté, il affiche depuis quelques années un grand intérêt pour l'industrie. « Ce secteur ne représente que 10 % de notre chiffre d'affaire mais nous y rencontrons une très forte croissance avec un chiffre d'affaire multiplié par deux l'an dernier ». Parmi les activités industrielles du groupe : la désinfection par nébulisation, un sujet qui présente un intérêt accru suite à l'épidémie de coronavirus ; mais aussi l'humidification de locaux contenant des explosifs. « L'industrie est un phare qui nous permet de mettre en avant notre technicité. Cela nous aide à avancer dans la grande distribution ». Une vitrine de sa capacité d'innovation en somme, innovation qui ne s'arrête pas aux produits.

Une communication qui s'adresse au consommateur final

Sur sa manière de communiquer également, Areco aime sortir des sentiers battus. Ainsi, si les fournisseurs de matériel de la grande distribution ont tendance à rester dans l'ombre, l'entreprise grassoise tâche de se faire connaître des consommateurs finaux. « Nous voulons que pour eux, notre technologie soit associée à une plus grande fraîcheur des produits et qu'ils deviennent nos prescripteurs ». Et déjà, les consommateurs semblent apprécier la nébulisation. D'après des études menées sur le marché, « 78 % des consommateurs aiment notre système et 36 % choisissent un magasin parce qu'ils y trouvent notre matériel ». Areco aimerait faire passer ce chiffre à 50 %, d'où une forte présence sur les réseaux sociaux. Elle s'apprête en outre à lancer un nouveau produit qui la rapprocherait de sa cible tout en rendant service aux magasins.

Le projet, développé en partenariat avec l'INRIA, s'appelle - temporairement - Vision. Le consommateur est appelé à toucher un produit pour obtenir des informations le concernant : variété du fruit ou légume, manière de le consommer, provenance, prix, etc. Dans le même temps, un logiciel détecte les comportements des clients et en tire une analyse permettant d'optimiser la gestion des rayons. Des tests sont en cours dans deux hypermarchés. La mise sur la marché est prévue pour 2021.

La réduction du plastique : une opportunité à l'échelle mondiale

Grâce à sa politique d'innovation, Areco est aussi parvenue à se faire une place à l'international où elle réalise 30 % de son chiffre d'affaire. Elle dispose d'une filiale aux États-Unis, en Australie et d'un bureau de représentation en Espagne. « Être sur place est plus facile pour recruter des locaux, pour faire de la maintenance en lien avec des laboratoires locaux et s'adapter à des normes d'hygiène différentes ». Elle s'apprête à ouvrir une troisième filiale en Allemagne où elle a signé un contrat avec le numéro un de la grande distribution, Edeka.

Elle tire ainsi profit d'une tendance de fond qui est mondiale : le recul du plastique. « En Australie, on a retiré le plastique des produits frais, même chose en Allemagne ou aux Pays-Bas ». De quoi offrir d'importantes marges de manœuvre à l'entreprise qui compte 132 salariés, pour un chiffre d'affaire de 16,5 millions d'euros.

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