Les ambitions hors vélo des kits d'électrification d'Ozo

Pionnier de la fabrication de kits pour électrifier les vélos en France, la PME installée près de Marseille, s'étend désormais à plusieurs types de véhicules notamment dans l'agriculture et l'industrie. Son projet grand défi est de se lancer dans le secteur du nautisme et de rapatrier la production des moteurs nécessaires à ses batteries.

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(Crédits : Ozo)

Dire que le vélo électrique s'est démocratisé est un euphémisme. En 2020, le nombre de ces modèles vendus a atteint les 514 000 exemplaires, soit une hausse de 28% selon les chiffres de l'Union sport & cycle. Preuve en est que le système d'assistance séduit. Jean-Pascal Plumier en est tombé sous le charme dès la fin des années 2000, soit bien avant cet engouement "Je faisais du VTT, c'est donc génial de pouvoir prendre les montées sans forcer", raconte-t-il. Alors ingénieur dans l'aéronautique, il réfléchit avec son ancienne camarade de promotion Elodie Lauruol à créer son entreprise dans le secteur.

Finalement, c'est en 2010 que naît officiellement Ozo. Mais elle propose non pas des bicyclettes complètes, mais des kits pour électrifier ceux ne disposant de cette assistance. "Nous étions limités financièrement", reconnaît Jean-Pascal Plumier. Le choix de fabriquer des moteurs à installer sur des vélos non-électrifiés permet donc passer cet obstacle. "Nous nous sommes alors dit que réutiliser du matériel pour le transformer était une bonne idée", ajoute le dirigeant. Un peu plus d'une décennie plus tard, le concept a fait ses preuves. "Nous sommes le leader français du secteur et dans le top trois européen", revendique Jean-Pascal Plumier.

Une position de "pionnier" qui permet de se différencier de ses concurrents. Mais pas seulement. "Notre offre est la plus aboutie car nous pouvons équiper 99% des vélos contre environ un tiers pour les autres entreprises", assure-t-il. Depuis Eguilles, Ozo conçoit donc une trentaine de moteurs différents pour les vélos. Les modèles permettent d'équiper tous les types de deux roues. Les clients sont eux des particuliers grâce à l'achat direct sur le site ou par un réseau de distribution de 150 revendeurs. Une filiale existe aussi en Belgique pour les ventes dans le Plat pays.

Côté fabrication, le choix se porte sur de la batterie au lithium car elle est plus légère et possède une durée de vie plus longue que celle au plomb. A l'heure de l'hydrogène à tout va, Jean-Pascal Plumier ne voit pas dans cette énergie une menace. "C'est une super solution mais pour les transports lourds", juge-t-il pointant la nécessité de réservoirs.

Le vélo représente la moitié du chiffre d'affaires

La PME de 15 salariés assure ensuite la conception dans ses locaux. "Pour la batterie nous avions un réel intérêt à réaliser cela ici car la valeur ajoutée est importante donc nos produits sont plus fiables", note le dirigeant. L'augmentation des prix du fret et des salaires en Chine confortent encore davantage cette approche.

Aujourd'hui, la production de batterie atteint les 35 unités journalières. Avec l'automatisation plus complète de la ligne prévu pour cette année, elle doit permettre d'atteindre à terme les 300 pièces quotidiennes. Les fabrications des moteurs, qui proviennent eux de Chine, va aussi être rapatriée. "Nous cherchons un terrain", glisse Jean-Pascal Plumier.

Cette activité industrielle n'est pas exclusivement dédiée aux vélos. Ce marché historique représente la moitié des 3 millions d'euros de chiffre d'affaires d'Ozo. L'entreprise génère l'autre moitié via sa branche "énergie". Cette dernière comprend un bureau d'étude mais aussi la vente de pièces, d'accessoires et la réparation des batteries. Surtout, elle explore d'autres secteurs que celui des bicyclettes et VTT. "Dès le départ électrifier plusieurs types véhicules faisait partie de notre stratégie de développement, mais nous avons attendu d'avoir les financements et de nouveaux locaux pour nous lancer. Car s'attaquer à un nouveau marché signifie que tous les services doivent suivre", explique Jean-Pascal Plumier.

Vers le nautisme

Les premiers pas hors des pistes cyclables s'effectuent en 2018 sur... une brouette. "Nous sommes arrivés au maximum en termes de technologie sur le vélo électrique, maintenant il faut se développer", expose Jean-Pascal Plumier. Ozo intervient donc les motos, les fauteuils roulants ou encore les kayaks. Selon les usages, la conception varie également bien que la technologie reste identique. C'est là tout le travail des six personnes de la recherche et développement.

Toujours dans l'idée de réutiliser du matériel existant, les batteries peuvent s'utiliser sur plusieurs types d'appareils, comme une tondeuse ou une scie, car elles sont génériques. Jean-Pascal Plumier défend ses produits comme une solution globale face aux différents enjeux écologiques. "Dans un conteneur, un importateur de vélos électrique en mettra une quarantaine. Moi j'y mets plus de 4000 moteurs", souligne-t-il.

Dans sa branche énergie, l'entreprise travaille aussi bien avec des starts-up qu'avec des grands groupes. Elle touche notamment les secteurs de l'industrie et de l'agriculture. Pour le premier, il s'agit de réduire la pénibilité au travail avec l'électrification d'outils. C'est le cas avec une base roulante pour Renault Truck par exemple. Pour le second, l'objectif est d'abord de supprimer les émanations polluantes des outils de travail.

Le prochain grand défi est désormais de se lancer dans le secteur du nautisme. "Nous nous limitons à une équivalence de 15 chevaux, donc cela ne concerne que les petits bateaux ou voiliers de moins de 15 mètres", prévient Jean-Pascal Plumier. Après avoir pris la roue du développement du vélo électrique, Ozo veut désormais avoir le vent en poupe.

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