SuperAlp, quand la production de la pomme s'industrialise grâce au collectif

La société installée à Sisteron, dans les Alpes-de-Haute-Provence, réunis des producteurs de pommes et de poires afin de mutualiser les savoirs faire et les technologies. Un esprit collectif indispensable pour un secteur où les marges sont faibles assure Laurent Gabet, le président de la PME.
(Crédits : Reuters)

Eviter les pépins. Voilà ce qui pousse 31 exploitations de pommes situées au nord de Sisteron, à cheval sur les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes, à travailler ensemble. "Se regrouper était obligatoire pour être fort", affirme Laurent Gabet, producteur et président depuis 2011 de SuperAlp. Une appellation bien connue sur le marché du fruit défendu, mais l'entreprise est en réalité le prolongement industriel d'une autre : SA GP 05.

Un nom de code pour une société qui souffle sa vingt-cinquième bougie est réuni une trentaine de producteurs. "Dans l'idée cela fonctionne comme une coopérative, mais comme nos membres sont des chefs d'entreprises éparpillés sur tout notre territoire, le statut est celui d'une société", détaille Laurent Gabet, à la tête également de cette entité. Ce sont ensuite des filiales, avec le nom SuperAlp, qui s'occupe de stocker ou conditionner les pommes afin de les commercialiser.

Voilà pour l'organisation administrative, sur le terrain le réseau est surtout connu sous le nom de SuperAlp qui joue donc le rôle de bras industriel des producteurs. "Il fallait passer un cap avec des outils plus important et plus moderne, SuperAlp nous amène de la technique à l'image de notre station de pré-calibrage et celle de conditionnement", explique le dirigeant. Une évolution qui permet de diminuer les coûts de production, qui dépendent beaucoup de la main d'œuvre, et donc d'être mieux armé face à la concurrence italienne et polonaise.

Pas de commerciaux

La mutualisation est le maître-mot du fonctionnement de la société pour éviter à chaque producteur d'amener lui-même les outils. Du côté organisationnel, "toutes les décisions sont prises ensembles et l'argent gagné est reversé aux adhérents. Nous ne gardons pas de bénéfice" assure Laurent Gabet. Pour bien fonctionner la PME bas-alpine s'appuie sur huit salariés, mais pas de commerciaux. La prospection de client se réalise via BlueWhale, un autre groupement de producteurs de pommes situé à Montauban en Occitanie et spécialiste dans l'exportation.

Si la France exporte environ la moitié de ses pommes, pour SuperAlp les clients sont à 90% nationaux. "Nous avons des produits d'altitude qui se vendent mieux ici", justifie Laurent Gabet. Les clients sont soit des grossistes, soit des sociétés qui transforment les pommes, soit des consommateurs directeurs.

Plusieurs variétés de pommes et... de poires

La pomme golden, le produit emblématique du territoire, occupe la moitié des 517 hectares des vergers des producteurs de SuperAlp. Un quart est lui dédié aux variétés dites "fermées", c'est-à-dire qu'il faut des contrats pour les cultiver mais quelles sont aussi plus rémunératrices. C'est notamment le cas des Pink Ladies. Au total, ce sont 14 500 tonnes de pommes qui sont produites.

A cela s'ajoute également des poires. Elles occupent le dernier quart des vergers et leur production atteint 3.500 tonnes. Une petite portion mais qui pèse 30% des 16 millions d'euros de chiffre d'affaires. "Cela rémunère beaucoup plus et c'est produit que la France importe beaucoup", expose Laurent Gabet. En plus de cet aspect financier, la commercialisation est plus simple car il existe beaucoup de moins de variétés que pour les pommes.

C'est donc en toute logique que SuperAlp développe la poire. "Nous avons débuté cette orientation, il y a quatre ou cinq ans. C'est le temps nécessaire entre l'arrachage et la première production", ajoute le dirigeant. L'objectif est d'atteindre au cours des prochaines années les 10 000 tonnes de poires. Ce qui devrait représenter la moitié du chiffre d'affaires. "Nous voulons continuer à multiplier les espèces pour assurer nos arrières", défend Laurent Gabet. Et s'éviter les pépins.

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