Spécialiste du data marketing, HighCo s'ancre davantage dans la RetailTech

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(Crédits : DR)
Le spécialiste du data marketing, installé à Aix-en-Provence et Paris, est plus que jamais au cœur des enjeux provoqués par les nouveaux usages de consommation en matière de commerce, dont une dématérialisation plus forte, accélérée, sans surprise par la crise. Le lancement d’HighCo Venturi il y a un an vise notamment à créer des startups capables d’apporter des solutions fines pour répondre au marché, en matière de couponning notamment.

Confinement, fermeture administrative, prise en compte du risque sanitaire dans l'organisation et la gestion au quotidien... le commerce, dans son ensemble, a été particulièrement bousculé durant l'année 2020, poussant à faire émerger encore plus fortement certains usages, notamment le recours au digital pour prendre commande, assurer les flux d'achats... Le click ou call and collect a été, quasi tous segments confondus, une solution de secours, qui devrait se transformer - si ce n'est pas déjà le cas - en solution intégrée tout court.

Spécialisée dans le data marketing et la communication, HighCo, créée en 1990 par Frédéric Chevalier, Richard Caillat et Didier Chabassieu s'est fondée sur une certitude, celle de l'ampleur que prendrait, dans ces secteurs particulièrement, le numérique. L'avenir et aujourd'hui le présent, avec l'effet crise que l'on connaît, leur donnent raison.


De fait, la crise n'a pas impacté significativement le groupe. Bien au contraire, HighCo présente des résultats positifs, « des performances financières supérieures à ce que l'on imaginait », note Didier Chabassieu. Avec un pourcentage de rentabilité qui s'établit à 16,4% et un niveau de cash - hors PGE, obtenu pour 30 millions d'euros et depuis remboursé - à 13,4 millions d'euros, le groupe conforte ses bases, ce lui permet de dérouler sa feuille de route où poursuite de la digitalisation et proposition de solutions innovantes doivent être les réponses aux besoins du marché.

Le drive piéton, la tendance à surveiller

Car le marché du retail s'est fortement modifié. S'il fallait retenir un pourcentage ce serait sans doute celui mesurant la croissance de l'e-commerce alimentaire, à +61 % en 2020 par rapport à l'année précédente.

Le commerce alimentaire, c'est le cœur de métier de HighCo. Et si HigoCo veut appuyer sur la digitalisation c'est que les habitudes, nouvelles il y a un an, sont en train de s'ancrer durablement. Autre pourcentage significatif, celui des parts de marché que représente le drive, à 8,1%, soit trois points gagnés en douze mois, l'équivalent en seulement une année de 5 ans de croissance.

Et si, quand on évoque le drive, on imagine plutôt celui réalisé en voiture, c'est pourtant bien le drive piéton qui est en train de s'installer vraiment dans les habitudes de consommation. Un segment particulier qui doit retenir l'attention, estime Didier Chabassieu. « Pour l'heure, c'est encore embryonnaire mais en permettant au consommateur d'accéder, via un portail unique, à un ensemble d'offre plus large que les offres des magasins de proximité, au même prix que les hypermarchés et avec les mêmes offres promotionnelles, le drive piéton rebat les cartes de la partie urbaine du drive ».

Les cartes sont rebattues aussi pour ce qui concerne le paiement, toujours plus mobile - là aussi la crise sanitaire a poussé à l'usage de moyens sûrs et « sains ». Et la part du paiement en espèces diminue, de fait. Surtout que la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire, en interdisant les tickets de caisse, de cartes bancaires et de bons de réduction imprimés, y pousse franchement. Et il ne faut pas oublier le rôle - et le poids - des réseaux sociaux. « Les marques communiquent de plus en plus via les réseaux sociaux. 54% de la population mondiale y est active. Cependant, chaque réseau social a ses codes, sa cible. Nous voyons arriver une vraie logique de transaction sur ces réseaux », explique Céline Dargent, membre du directoire et en charge de la communication.

Un startup studio pour innover encore

Le contexte global du commerce, au-delà de la période particulière, évolue déjà depuis plusieurs années. « Au cours des trois dernières années, le marché financier a beaucoup changé. Qui aurait parié sur la capitalisation boursière à 2.000 milliards de dollars d'Apple », fait remarquer Didier Chabassieu. « La force des GAFA va accélérer ce qui est en train de se passer. Le monde va aller vers plus de tech, d'intelligence artificielle, de digital. En Chine, l'e-commerce a dépassé le commerce physique, c'est un marqueur. Notre métier c'est d'aider les marques distributeur à aller chercher le consommateur. Avant, on allait le chercher dans sa boîte aux lettres, aujourd'hui c'est sur le mobile ».

C'est pour répondre à ces enjeux, en croissance, qu'HighCo s'est doté d'un startup studio, lancé il y a 18 mois. L'objectif posé : donner vie à 5 startups en 5 ans. Investir 10 millions d'euros sur 3 ans. « Pour présenter des solutions innovantes à nos clients », souligne encore Didier Chabassieu.

HichCo Nifty est l'une de ces premières briques, créant le coupon de réduction mobile universel. Facile en apparence. Plus complexe techniquement. « La caisse doit vérifier que le produit est bien acheté, la promotion bien valable, que la marque paye bien la promotion et faire du reporting en temps réel », explique Didier Chabassieu. La première partie de la plateforme est développée et elle fonctionne avec une quinzaine de pharmacies, le but étant d'en équiper 1.800 d'ici la fin de l'année, 18.000 à horizon 3 ans. « Nous voulons signer un grand acteur de la GSA d'ici la fin de l'année ».

De son côté, HighCo Smart Coupon, deuxième brique, est la plateforme d'émission de couponing mobile intelligent dédiée aux marques. Développée en mode SaaS, elle porte l'ambition de faire du groupe français le n°1 européen d'ici 3 ans.

Concernant la dématérialisation du prospectus c'est Highco Digital Data, plateforme SaaS également, qui l'adresse, s'intéressant plus particulièrement aux sites de drive. « Nous souhaitons cibler un distributeur d'ici la fin de l'année », ajoute Didier Chabassieu. « Et peut-être que nous n'irons pas que sur le drive ». C'est ce qui s'appelle s'ouvrir un champ des possibles.

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