« Après le départ de Lafarge, nous voulons créer une zone d’activités d’excellence à Contes » (Cyril Piazza, Communauté de communes Pays des Paillons)

La fermeture de la cimenterie appartenant au groupe Holcim, près de Nice, entraîne une réflexion des élus locaux sur la reconversion des 160 hectares concernés. Une disponibilité foncière qui pourrait aider l’industrie, en mal de mètres carrés, et qui pourrait aussi redonner un dynamisme économique à la Vallée, soucieuse d’éviter l’exode de ses compétences.

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(Crédits : DR)

Un an après l'annonce de sa fermeture, le site Lafarge, implanté à Contes depuis plus de cent ans, n'a pas encore trouvé de quoi il sera désormais fait. Il faut dire que l'arrêt de l'activité de la cimenterie n'est effectif que depuis quelques mois. Mais, pour les élus et les entreprises soucieuses d'expansion et de croissance de leurs activités, toute la question et la réflexion sont dans l'après et surtout dans le comment ?

Production industrielle et innovation

Une réflexion menée en commun par le maire de Contes, Francis Tujague et celui de Peille, Cyril Piazza, également - et tout récent, depuis novembre dernier - président de la communauté de communes du Pays des Paillons qui regroupe onze communes dont Contes pour 21.000 habitants. Un président de communauté qui ne veut pas laisser une telle ressource pour le territoire ne pas être exploitée comme il se doit. C'est-à-dire en portant un projet qui s'appuierait sur l'existant et les compétences disponibles. « Nous voulons travailler sur un projet cohérent et mettre nos forces dans la même bataille ».

Contes, qui a fait réaliser une étude d'urbanisme pour précisément « crayonner » un projet en adéquation avec le site, étude dévolue au cabinet basé à Nice, Es-Pace, d'où il ressort la possibilité d'y installer « une activité industrielle, plutôt de production, mais aussi peut-être d'innovation », précise Cyril Piazza.

Le site s'organise autour de trois parties. L'une d'elle est la carrière, qui est encore exploitée pour des matériaux inertes. L'autre est la cimenterie, « partie la plus exploitable rapidement », selon Cyril Piazza. Elle pourrait ainsi accueillir une nouvelle zone d'activité et des entreprises. La partie basse, celle du silo, constitue la troisième partie : c'est là que s'organisait l'expédition de ciment. Un village d'entreprises pourrait y trouver sa place et son utilité.

Ce projet, dessiné donc par le cabinet d'urbanisme et d'architecture, pourrait s'inscrire dans le contrat de plan Etat-Région. Une partie des terrains seraient acquis en partenariat avec la commune de Contes. Concernant la partie basse, c'est un projet communal qui serait porté par l'intercommunalité. La chambre de commerce et d'industrie Nice Côte d'Azur a, par ailleurs, été sollicitée pour mener un diagnostic des activités susceptibles de s'y installer.

Mais, il faut avant tout que Lafarge organise la déconstruction de la cimenterie, ce que le groupe s'est engagé, oralement, à faire. Et c'est là le point névralgique. La déconstruction est, en effet, nécessaire pour que l'acquisition du foncier concerné puisse se faire mais le oui de Lafarge à la cession est aussi une condition sine qua non. Une modification ensuite du Plan local d'urbanisme (PLU) serait engagée pour permettre la réalisation effective du projet.

Un village et un champ des possibles

La possibilité d'installer au sein du Pays des Paillons un village d'entreprises revêt une plus large dimension que le simple fait de réemployer des mètres carrés. D'abord parce que le foncier est, comme ailleurs, chose rare dans les Alpes-Maritimes. Et parce que recréer une activité économique dans l'une des Vallées joue aussi sur l'équilibre des territoires. Alors tant qu'à créer un village d'entreprises autant y aller avec de l'ambition. « Nous ne nous interdisons rien », indique Cyril Piazza, dont le vœu est de permettre le maintien du même niveau d'emplois que celui qui est menacé par le départ de Lafarge. L'idée serait donc de créer 70 emplois sur site et 400 emplois induits. Ici, ce sont des entreprises tournées vers l'industrie et l'innovation qui pourraient trouver place. Ce serait aussi, dit Cyril Piazza, un lieu d'interaction grâce à des formations, et cela en s'appuyant sur des partenariats. Des partenariats qui pourraient être du même ordre que ce que fait le Village by CA à Sophia-Antipolis par exemple. « Nous désirons créer une zone d'activité d'excellence », appuie le président de la communauté de communes.

Si la technicité des salariés de Lafarge est telle que ceux-ci n'ont pas eu de difficulté à retrouver un emploi, d'autres secteurs, dont l'artisanat et l'industrie, seraient ravis de prendre possession de ces mètres carrés tant désirés et si complexes à trouver. Des entreprises locales, trop à l'étroit dans leurs locaux actuels, trouveraient ici une capacité d'expansion. Au-delà, c'est le maintien de l'emploi et du dynamisme économique dans l'une des Vallées maralpines qui en ont bien besoin, dont il est question.

Cyril Piazza qui voit loin, il le dit lui-même, bien au-delà de la Vallée du Paillon, insistant sur le fait que le cadre de vie, la proximité de la mer et de la montagne, dans une ère post-Covid, sont des leviers d'attractivité qui pourraient donner envie à nombre d'entreprises exogènes de venir s'installer sur la Côte d'Azur...

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