« L'industrie, en pleine reprise économique, est le deuxième secteur le plus touché par les cyber-attaques » (Thomas Kerjean – MailinBlack)

Alors que la crise a fortement poussé le numérique et le recours aux solutions dématérialisés, le risque de cyber-attaques est loin d’être neutre et touche non plus seulement les grands groupes mais aussi et surtout, désormais les PME. Et l’industrie, avec ses différentes composantes, représente précisément l’un des secteurs les plus appétants. Ce qui demande (aussi) d’évangeliser les dirigeants eux-mêmes, comme l’explique le directeur général de l’entreprise basée à Marseille.

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(Crédits : DR)

L'e-commerce, le télé-travail, les solutions click-and-collect ont largement poussé les consommateurs comme les entreprises vers l'usage numérique. Une tendance déjà belle et bien là mais que l'obligation de e-consommer a carrément fait entrer dans les usages quotidiens. Mais le pendant est le risque accru de cyber-attaques. Les randsomewares et autres phishing n'ignorent plus les petites et moyennes entreprises quand, auparavant, elles étaient surtout un épisode touchant les grands groupes.

« Les cyber attaques ont connu une hausse de 400%, en 2020 et 2021, c'est dire la magnitude, l'amplification du sujet. Le télétravail est une cause. 5 millions de télé travailleurs arrivant avec un niveau de formation très inégal ont été la cible d'attaques de type phishing, randsomeware et autres. L'e-commerce est aussi une cause majeure de la propagation du risque. Et enfin, les hackers, les pirates ciblent moins les grands groupes internationaux que le tissu socio-économique. Ce qui, en pleine reprise, n'est pas idéal », raconte Thomas Kerjean.

L'industrie, second secteur touché par les cyber-attaques

Le directeur général de MailinBlack, PME spécialisée en cyber-sécurité a été pionnière sur le sujet, protégeant les PME, hôpitaux, collectivités, industrie contre les attaques qui parviennent via un biais qui fait bel et bien partie du quotidien : l'email.

Et ce que dit Thomas Kerjean c'est que les cyber-attaques, en ne faisant plus de distinguo de tailles d'entreprises, ont cependant des secteurs de prédilection, en quelque sorte, dont fait partie l'industrie.

« L'industrie, en pleine reprise économique, est le deuxième secteur le plus touché aujourd'hui par les cyber-attaques. On parle de compromissions de messagerie de directions générales, des fonctions clé de l'entreprise, comme les directions financières. Des compromissions de messagerie entraînant des usurpations, jusqu'à la paralysie opérationnelle d'une entreprise. Cela peut coûter plusieurs centaines de milliers d'euros ».

Et pour contrer, outre l'aspect purement technique, il y a aussi le besoin d'évangéliser les dirigeants et les salariés eux-mêmes aux bonnes pratiques. Un axe encore très peu considéré, qu'il faut percevoir donc comme un axe d'amélioration.

Savoir faire la différence

Dans ce contexte, le numérique crée-t-il davantage d'appétence, attire-t-il les talents ?

Oui, dit Thomas Kerjean, pointant le manque d'environ 200.000, 300.000 emplois dans le secteur des technologies, « c'est-à-dire le développement informatique mais aussi toutes les fonctions liées à ces emplois, de type ingénieur en intelligence artificielle, responsable sécurité. Il y a effectivement une carence en France. Tous les pays du monde recrutent dans ce secteur-là ».

Pour attirer, il faut faire la différence. Et faire la différence c'est proposer un cadre de travail en adéquation avec les attentes des salariés. C'est ce que défend Thomas Kerjean, rappelant que MailinBlack est la première société de cyber-sécurité labellisée « Great Place to Work », que le droit à la déconnexion est un droit absolu, autant pour les salariés que les dirigeants eux-mêmes. « Nous garantissons un certain niveau d'équilibre, de bien-être, un sentiment de sécurité, une possibilité de se développer dans le cadre de l'entreprise. Autre élément d'attractivité que les entreprises du Sud peuvent utiliser, c'est le cadre, l'environnement. On garantit un réel droit à la déconnexion. Moi-même, j'amène mes filles à l'école le matin et je vais les chercher le soir. C'est quelque chose qu'on doit pouvoir faire en étant dirigeant. Nous sommes également une entreprise paritaire. Nous sommes un lieu où tout le corps managérial est composé à 50% de femmes. Et donc, à ce titre, nous sommes en mesure de dire que nous sommes un lieu qui donne un sentiment de sécurité et une possibilité de développement autre pour les profils féminins en France dans la technologie ».

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Kerjean BFM

Un acteur économique chaque semaine

Pour rappel, depuis ce début novembre, La Tribune et BFM Marseille s'unissent pour proposer chaque semaine une chronique éco, baptisée Marseille Business, qui décrypte l'économie du territoire, ses enjeux, ses défis, les réussites et les problématiques. Tous les mardis, un invité vient apporter son éclairage sur une thématique précise.

La chronique est animée par Sophie Hebrard pour BFM Marseille et Laurence Bottero, rédactrice en chef du bureau Provence Alpes Côte d'Azur du quotidien économique La Tribune.

BFM Marseille Provence : canal 30 de TNT Régionale, les box canal 284/516 (SFR), 375 (Orange), 362 (Bouygues), 916 (Free) , sur bfmmarseille.com, en replay sur la plateforme gratuite VOD "RMC BFM PLAY" et l'application dédiée à télécharger.

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