Marseille en grand : comment les grandes entreprises vont y contribuer

C’est le plan qui semble mettre d’accord tous les acteurs économiques du territoire d’Aix-Marseille. Désormais avec un préfet dédié, Laurent Carrié, Marseille en Grand passe dans une phase opérationnelle qui doit rapidement se concrétiser. Le sujet mobilise déjà du côté du Top 20, le club qui réunit les grandes entreprises du territoire réalisant plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, lequel a choisi d’apporter expertise et aide envers l’entreprenariat et l’emploi des jeunes, un sujet extrêmement prégnant sur le territoire.

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(Crédits : Reuters)

Le Plan d'Emmanuel Macron semble fonctionner. S'il est plus poussif côté politique, il est déjà dans les starting-blocks du côté de la sphère socio-économique. Il faut dire que la désignation d'un préfet dédié - également en charge de l'Egalité des chances - est bien le signe de la volonté présidentielle de ne pas en rester aux annonces faites en septembre dernier. Une autre venue, celle de Thibaut Guilluy, le Haut-Commissaire à l'emploi et à l'engagement des entreprises dans la Cité phocéenne la semaine dernière, concoure de la même volonté.

Donner la chance au talent qui sommeille

Le diagnostic sur les besoins et les enjeux de la deuxième métropole de France est évidemment partagé. Les besoins c'est créer de la valeur, de la croissance, des emplois. Les enjeux sont ceux de l'attractivité, dans toutes ses composantes, autant des talents hexagonaux que des investissements étrangers.

A Marseille, Thibaut Guilluy est venu pour faire avancer le Plan sur le volet jeunes, précisément sur Capital Jeune Créateur annoncé en septembre par Emmanuel Macron. L'ambition c'est de créer de l'emploi pérenne et de révéler aussi les pépites, les talents qui sommeillent sur le territoire, qui s'ignorent et qu'un accompagnement adéquat peut faire émerger.

Tout cela est aussi un sujet que regarde le Club Top 20, le club qui réunit les grandes entreprises du territoire réalisant plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires, cette cinquantaine d'ETI ou grands groupes souvent locomotives et qui n'en sont pas moins confrontées aux problématiques qui touchent toute entreprise.

Un Top 20 qui s'est donc engagé auprès du Haut-commissaire et qui a choisi de s'impliquer de différentes façons, en s'appuyant notamment sur un concept qui fonctionne plutôt bien, celui de « Vis ma vie », format idéal pour découvrir le monde de l'entreprise dans sa vérité, en mettant également à disposition du mentorat et du mécénat de compétences, en offrant aussi la possibilité aux porteurs de projets de pouvoir soumettre et présenter leur idée, concept, produit aux entreprises du club.

Jouer de l'effet locomotive

« L'idée n'est pas de créer l'énième startup ou Google, mais de favoriser l'insertion des jeunes des quartiers sensibles à créer des entreprises. Or ces jeunes sont tellement éloignés du monde économique, que l'immersion qui nous proposons est la meilleure façon de parler chiffre d'affaires, clients, charges, marges... tous ces éléments basiques mais essentiels », explique Serge Magdeleine, directeur général du Crédit Agricole Alpes Provence, membre du Top 20 dont il est également trésorier et qui a été en avance de phase en animant des ateliers de travail à la demande de Thibaut Guilly, ce qui lui a permis de flécher des actions précises. Serge Magdeleine qui n'est pas moins lucide sur le fait que la proposition ne va pas forcément engendrer un enthousiasme unanime mais que tout jeune qui se sentira ainsi encouragé, poussé et accompagné représente une pierre de plus posé à l'édifice. C'est là d'ailleurs qu'intervient le mentorat, pour pousser plus avant le projet, pour le faire mûrir et « aller dans le détail opérationnel ».

Mais à tout projet son besoin de financement. Capital Jeune Créateur est là aussi pour apporter l'aide financière nécessaire, via une subvention d'un montant de 3.000 euros. De son côté, le Crédit Agricole Provence Alpes a déjà annoncé créer au sein de son fonds de dotation, CAAP Innov'Eco, un dispositif pensé exprès qui se traduit par une enveloppe de 3.000 euros, complémentaire, sous la forme d'un prêt d'honneur, à taux zéro, remboursable si possible. Au-delà de l'initiative financière, il y a aussi l'envie de créer cet effet de traction, de décider d'autres entreprises à emboîter le pas à l'initiative. « L'idée est de dire que nous, grandes entreprises, nous voulons être exemplaires », ajoute Serge Magdeleine. Les objectifs chiffrés, eux, sont posés : 30.000 jeunes sensibilisés, 3.000 jeunes accompagnés, 1.000 entreprises créées par an.

Energie durable contre misérabilisme facile

« Depuis que le président de la République est venu, l'émulation est forte », remarque de son côté Bruno Cagnol, le président du club Top 20 qui rappelle justement la capacité du club à mobiliser ses membres. Qui rappelle aussi à quel point les entreprises ont besoin que les lignes bougent en termes de mobilité, d'écoles, d'emploi.

Bruno Cagnol qui voudrait que La Plateforme, l'école du numérique créée par Cyril Zimmermann à Marseille, et dont le Top 20 est l'un des fondateurs, puisse s'engager de son côté sur le volet accès à l'entreprenariat. « Nous voulons aussi flécher des dépenses et des projets vers les entreprises qui seront alors créées ». Avec l'objectif de tester les solutions et de mettre le pied à l'étrier en devenant client de ces nouvelles structures. « Nous sommes dans la cohérence d'un schéma industriel pour que cela fonctionne et soit durable. Nous sentons une énergie positive, il faut que cette énergie se déploie et en arrêter avec le misérabilisme ».

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