Cédric Messina : de la co-présidence de la French Tech à la CCI, d’un challenge à l’autre

Co-président depuis 2018, le patron de MyCoach s’est engagé dans un nouveau challenge et pas des moindres : il est désormais le porte-parole de la liste conduite par le candidat officiel de l’Upe06 pour les élections à la chambre de commerce et d’industrie Nice Côte d’Azur. Un changement de casquette qui intervient dans une campagne agitée, où l’enjeu est bien plus large que celui du choix de l’un ou l’autre des candidats.

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(Crédits : DR)

Cédric Messina et la French Tech c'est une histoire qui commence bien avant 2018, date à laquelle il rejoint celui qui était encore le CEO de Qwant, Eric Léandri à la co-présidence de l'association. Il faut dire qu'alors, la French Tech est un mouvement émergeant, très jeune, très prometteur aussi. Tout ce qui plaît au fondateur de MyCoach, à qui le challenge est loin de déplaire. A l'époque aussi, le territoire de la Côte d'Azur, constitué de quatre bassins économiques - Nice, Sophia-Antipolis, Grasse et Cannes - ayant chacun ses spécificités, n'arrive pas à faire le consensus et à se structurer équitablement au sein de l'association. Ce sera l'une des batailles les plus âpres à mener. Mais chose enfin faite, désormais, depuis plusieurs mois.

L'annonce de la démission de la co-présidence de la French Tech Côte d'Azur est une surprise, tout comme à la fois, elle n'en est pas une. Cédric Messina avait déjà fait part de sa volonté de passer la main, de laisser une nouvelle génération s'emparer de l'outil formidable que peut être le mouvement. Mais sans vraiment fixer ce départ dans un temps, une date précise. Indéniablement, l'annonce officielle a pris plus d'une startup de court.

C'est que désormais, le challenge est ailleurs.

Et pas n'importe où. Du côté de la Chambre de commerce et d'industrie Nice Côte d'Azur, et du porte-parolat de la liste menée par le président sortant, Jean-Pierre Savarino. Une CCI qui comme toutes les CCI de France et de Navarre est entrée en phase électorale avec un scrutin qui se tient du 27 octobre au 9 novembre. Une CCI et un siège de président pour deux candidats, l'actuel président sortant donc, Jean-Pierre Savarino et le président actuel de l'UIMM, Daniel Sfecci. Le tout dans un contexte particulièrement tendu, notamment après un rapport de l'agence française anti-corruption qui pointe la non application stricte de la loi Sapin II ces dernières années.

Voix de la raison et de l'enteprenariat

Ce nouveau challenge, Cédric Messina ne l'accueille pas différemment de celui de la French Tech.

Sollicité par l'Upe06 pour devenir le porte-parole de la liste consuite par Jean-Pierre Savarino, il dit le « devoir d'exemplarité », qu'il faut « donner du sens » et que « le bon sens doit primer ». Le choix de démissionner de la French Tech ? Pas une décision si lourde puisqu'intellectuellement et dans le discours à son entourage, elle était déjà actée. « J'ai simplement devancé l'annonce effective de deux mois », tempère-t-il. De toute façon, impossible pour lui de cumuler les deux casquettes. Et cette démission est une façon de faire simple et clair, elle « donne de la force à l'engagement ».

Un nouveau pari dans la forme, pas dans le fond. « Cela me rappelle la création de Nice Start Up(s)(l'association qui réunit les startups originaires du territoire métropolitain et qui est l'un des piliers de la French Tech NDLR), puis de Cannes is Up (également pilier de la French Tech NDLR) que nous avons aidé à créer. Et comment ensuite nous avons réussi à fédérer tous les acteurs ». Et de dresser une sorte de photographie instantanée de ce qu'est la French Tech Côte d'Azur aujourd'hui : « 300 startups membres, un équilibre de 4 territoires, une vocation à rapprocher les grands groupes des jeunes pépites, un bâtiment Totem... Nous avons un chez-nous, nous sommes solides financièrement, nous avons un directeur général, une image pacifiée... Ce que je souhaite c'est être la voix de la raison et de l'entreprenariat ».

Dessiner les contours de la CCI de demain

« On doit remettre la loyauté au cœur de l'enjeu », insiste Cédric Messina qui n'oublie pas que la CCI Nice Côte d'Azur a soutenu la French Tech, apportant sa contribution financière, ni que sa présence au sein du Comex40 du Medef national, il le doit à la volonté de Philippe Renaudi, le président de l'Upe06 (qui réunit le Medef et la CPME NDLR). Et de dire ce qui doit changer, ce qui est perfectible. « Il faut une CCI visible, ouverte qui a une vision. Savoir ce qu'est la CCI de demain, c'est-à-dire engagée sur la transition écologique, la transition numérique. Il faut redonner une image positive ».

Et d'aller plus loin, rappelant que le succès ne sera pas dans le choix de tel ou tel candidat mais dans la mentalité nouvelle qui doit devenir la colonne vertébrale. « Il faut en finir avec la politique de la terre brûlée. C'est l'institution qu'il faut sauver ».

Certes, facile à dire, moins aisé à faire. Mais pas impossible pour autant. « C'est un peu comme lorsqu'on décide de faire changer de route brusquement à un poids lourd. Il faut freiner et pas accélérer n'importe comment. On ne peut plus reculer face au changement ». La chambre de commerce et d'industrie nouvelle version doit être « un lieu de croissance, d'ambition, de création de valeur. Il faut s'améliorer, remettre de l'union, travailler. Les enjeux de demain c'est l'e-commerce, le well working, le télé-travail, les transitions écologiques et énergétiques. La CCI doit être le lieu où l'entrepreneur vient trouver les réponses et les solutions à ses questions ». Tout un programme.

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