Féminisation de la tech, emploi, scalabilité : la French Tech Côte d’Azur passe (enfin) à l’offensive

Désormais structurée comme il se doit, FTCA entre dans une phase plus opérationnelle, celle qui doit concrétiser la feuille de route présentée il y a quelques mois et où les axes majeurs sont ceux de la diversité, du soutien au développement économique des territoires, des startups aussi, sans oublier le sujet du financement. L’organisation de hackatons autour des thématiques de l’organisation des espaces dans la ville et de celui du travail vise également à réellement impliquer les grands groupes implantés sur le territoire et pas forcément très actifs dans le soutien aux jeunes pousses.

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(Crédits : DR)

On pourrait presque estimer que c'est la phase II. Après plusieurs mois de structuration, de recherche d'équilibre dans la représentativité des quatre territoires qui la composent - Nice, Sophia-Antipolis, Cannes, Grasse - voici la French Tech Côte d'Azur en mode offensive. Il y a trois mois, la présentation des axes piliers a dessiné une feuille de route ambitieuse parce qu'abordant des sujets complexes mais aussi parce que beaucoup reste à faire sur le territoire azuréen.

« Nous entrons dans une phase plus concrète », confirme le co-président, Cédric Messina,

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Muscler l'écosystème

Et quoi de plus concret que d'accompagner les startups au stade supérieur de développement ? Un enjeu majeur pour toute startup qu'elle soit du Sud ou d'ailleurs. Mais les problématiques azuréennes sont particulières au territoire. L'attractivité des acteurs du financement - comprendre les fonds d'investissements et business angels - est primordial car c'est un manque indéniable. Même si les fonds installés en Provence Alpes Côte d'Azur se structurent eux-mêmes pour ne plus considérer un seul périmètre départemental mais bien toute la région. C'est notamment les cas de Smalt Capital ou de Connect Pro.

Mais il y a aussi les outils que la Mission French Tech promeut. Donc le French Tech Tremplin ce programme qui porte bien son nom et vise à faire émerger des projets qui sont aussi divers que varié - comprendre divers aussi dans le sens de diversité puisque la philosophie initiale du programme c'est de faire en sorte que la French Tech soit aussi plurielle que la société. On sait bien qu'il y a encore du progrès à faire globalement. Sur la Côte d'Azur, les 13 startups qui y ont embarqué vont être réunies pour une meilleure synergie, de différentes façons. Un appel à manifestation d'intérêt a par ailleurs été lancé pour une saison 2.

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L'autre outil qui sert de levier pour muscler l'écosystème tech, c'est celui de French Tech Central, axé sur l'accès facilité aux expertises publiques et aux services de l'Etat notamment avec un esprit de priorité pour ces jeunes pousses qui ont besoin que les obstacles administratifs ne soient pas des freins de nature à mettre en danger la pérennité de la jeune entreprise.

La question de l'emploi, et peut-être encore plus l'emploi dans la tech, est primordiale car intrinsèquement liée au développement des startups. Pour grandir, grossir et passer au stade de PME voire plus, les jeunes pousses ont besoin de compétences, d'expertises et c'est tout le sens du Job Tour qui est prévu pour se tenir au second semestre.

 

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Impliquer davantage ETI et grands groupes, trop absents

Mais la French Tech Côte d'Azur a plein d'idées pour tenter de faire bouger les lignes sur le territoire même. Et le choix de s'emparer de la féminisation des métiers de la tech ne se cantonne pas au déclaratif mais prend la forme d'un programme pensé exprès pour accompagner les femmes entrepreneuses, programme concocté avec Rise Partners, cabinet spécialisée dans le conseil aux entreprises en hyper-croissance. Un programme qui sera testé sur le territoire azuréen avant peut-être, s'il réussit sa preuve de concept, d'être déployé au niveau national par la Mission French Tech.


Dans le même esprit, un AMI sera publié le 15 juillet, visant à mieux identifier les startups du territoire. « On est partis d'un constat, c'est d'identifier les startups à potentiel et même les startups tout court car nombreuses sont celles qui n'appartiennent à aucun réseau. L'idée c'est de les identifier et de leur faire profiter du réseau, car nous savons tous que s'appuyer sur un réseau permet d'aller plus vite », détaille Michel Gschwind, le président du Club des entrepreneurs de Grasse et vice-président FTCA.

« Il n'y a pas d'entreprises endogènes qui fassent partie du FT120. Notre but est d'identifier les raisons qui font que l'on n'y arrive pas et de pouvoir amener ces entreprises jusqu'au FT 120 », explique Cédric Messina. « Cela passe aussi par l'implication des ETI et des grandes entreprises, car cela est aussi une lacune que nous rencontrons sur le territoire », ajoute Michel Gschwind.

French Tech Côte d'Azur

Cédric Messina, co-président entouré de Nathalie Orvoën, vice-présidente FTCA, Farouk Raïs, DG FTCA, Grégory Biondo et Olivier Béchu, membres du conseil d'administration

Être créatif, aller vite, être visible

Montrer ce que vaut la French Tech Côte d'Azur et surtout créer cette émulation commune, territoriale, c'est le sens du French Tech Startups Summit, un événement organisé du 30 août au 3 septembre qui prévoit rencontres avec investisseurs, lancement officiel du programme dédié aux femmes, hackatons sur des thématiques tels que « transformer la ville » ou « les nouveaux usages et enjeux du télétravail » et un Tech Talk consacré au MICE et nouvelles technologies. De tout cela, ce qu'il faut retenir c'est la volonté de monter en puissance. Encore une fois, de rendre visible la Côte d'Azur sur l'échiquier national. De montrer que les compétences sont ici. « Pour séduire un grand groupe, il faut être sûr de soi, être créatif, aller vite et ne pas être naïf", analyse Cédric Messina. "Pour être visible, il faut des réussites, on ne doit pas être à la traîne en termes de réussites, surtout si on veut attirer des investisseurs. La French Tech ne doit pas être un entre-soi. Il faut une dynamique hyper réaliste ».

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