La Soleam répond aux recommandations de la Cour régionale des comptes et opère une stratégie de diversification

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(Crédits : DR)
Créée en 2010, cette société publique locale est en charge d’opérations d’aménagement et d’équipement pour ses collectivités locales actionnaires dont la très majoritaire Aix-Marseille Provence (80%). Suite à un rapport de la Cour régionale des comptes pointant d’importants dysfonctionnements, Lionel Royer-Perreaut, son nouveau président, assure qu’il suivra les recommandations faites. Il est aussi question de diversifier l’activité de la société, en élargissant le spectre de ses métiers et sa zone géographique.

Des opérations d'aménagement qui présentent « d'importants retards et ne correspondent pas aux projets initiaux », une opération Grand centre-ville bien en deçà des espérances pour réhabiliter le cœur de Marseille, avec seulement 31 logements construits sur les 1.500 annoncés malgré un budget de 230 millions d'euros, « des coûts de gestion élevés eu égard aux chantiers réellement achevés », une « question du devenir même de la Soleam qui se pose avec la création en 2020 d'une nouvelle société d'aménagement d'intérêt national » sur des territoires identiques... Le rapport de la Cour régionale des comptes publié le 16 avril à propos la gestion de la Soleam est accablant. Lionel Royer-Perreaut, qui la préside depuis cinq mois, a tenu à y répondre.

Corriger les failles pointées par la Cour des Comptes

Pas pour en remettre en cause la légitimité, insiste-t-il. « Je pense que les outils de contrôle sont une plus-value », « un moyen de nous challenger ». Il prend acte des principales recommandations émises. « Il y a des choses perfectibles à très court terme ». Parmi elles, la clôture des concessions à l'arrêt suggérée par le rapport, prévue dès cette année pour trois d'entre elles, en 2022 pour une quatrième.

Lionel Royer-Perreault assure que sera également mise en place une comptabilité analytique des coûts. Pour mieux les maîtriser.

Par ailleurs invité à clarifier le positionnement de la Soleam face à l'instauration de la SPLA-IN (la nouvelle société publique locale d'aménagement d'intérêt national créée en 2020, dont les principaux actionnaires sont l'État et la Métropole, et qui intervient tout comme la Soleam sur le centre-ville marseillais), il a assuré que les deux structures ne sont pas incompatibles et entendent même travailler ensemble, le Président de l'une étant administrateur de l'autre. Il ajoute que la Soleam dispose de concessions sur des territoires où le SLA-IN est absent.

Ainsi, même s'il reconnaît qu'il faudra « trouver un équilibre » dans cet empilement administratif, il assure que cela « ne remet pas en cause notre pérennité ».

Améliorer le pilotage des projets pour plus d'efficacité

Une pérennité qu'il veut affirmer en renforçant la société publique locale. En interne d'abord, via un développement des compétences liées à la ville de demain (smartcity, développement durable, énergies renouvelables...). Il est aussi question de mieux structurer la communication, tant en interne qu'en externe. Avec les collectivités actionnaires, Lionel Royer-Perreaut souhaite « une programmation et un pilotage pluriannuel ». Cela permettrait de répondre au manque de pilotage pointé par la Cour régionale des comptes et aux (trop) nombreuses modifications des projets par les collectivités, à l'origine d'importants retards.

Concernant l'opération Grand centre-ville, il assure que 200 logements sont à ce jour programmés sur les 1.100 espérés (l'objectif de 1.500 a été revu à la baisse). « Il y a encore de la marge », admet-il. « Il faut passer à la vitesse supérieure ». Et de promettre : « Après une phase d'identification des besoins, de démarches et d'études techniques préalables, nous entrons officiellement dans le temps des opérations ».

Stratégie de diversification

Mais la pérennité de la Soleam passe aussi selon son président par une diversification de ses activités. « Nous sommes une société avec des collaborateurs qui ont besoin de perspectives stables sur d'autres missions. Ils ont besoin de voir des commandes qui entrent ».

C'est pour cette raison que la société publique locale travaille sur la mise en place d'un « service d'interventions transversales du quotidien, en appui aux maires ». Un moyen d'éviter que chacun (ville, métropole, Soleam) se renvoie la balle en cas de dégradations sur une concession et que rien ne soit fait. « Je souhaite que nous devenions une délégation de service public ».

Une stratégie de diversification qui concerne également l'aire géographique de la Soleam. Est ainsi annoncée l'entrée au capital des communes de Roquefort-la-Bédoule et de Salon-de-Provence. « A Roquefort-la-Bédoule, nous allons travailler sur la création d'un groupe scolaire. A Salon, ce sera un projet de requalification d'une partie de la ville autour d'un centre de formation professionnelle. Nous avons aussi pris contact avec d'autres maires et institutions ».

Enfin, Lionel Royer-Perreaut a décidé de lancer un audit sur « les enjeux économiques et organisationnels, sur la commande publique et les enjeux de diversification ». Les conclusions sont attendues d'ici l'été. Croisées aux recommandations de la Cour des comptes, elles devront poser les bases d'un nouveau projet à l'échelle du mandat.

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